‹ Éléments de pathologie chirurgicaleChapitre 63 sur 102 · AFFECTIONS 1)E LA PEAU · texte numérisé non relu

AFFECTIONS 1)E LA PEAU

quelquefois une gi-ande intensité ; il n'est pas très rare de voir pendant la deuxième période des malades affectés d'un anthrax volumineux tomber dans un état de prostration extrême ; dans la troisième période, la cicatrisation se fait avec facilité.

Le siège de l'anthrax est le même que celui du furoncle, on l'observe souvent au dos, à la partie inférieure et postérieure du cou ; son volume ordinaire varie entre celui d'un œuf de pigeon et un œuf de poule; il n'est pas extrêmement rare de le voir atteindre et même dépasser les dimensions du poing.

Le pronostic de l'anthrax est souvent très grave. Marjolin a vu succomber à cette affection deux sujets dans la force de l'âge, l'un qui portait un large- anthrax au dos, et l'autre chez lequel la tumeur occupait la plus grande partie du flanc droit; ces exemples ne sont pas rares, nous avons eu souvent à constater des cas de ce genre. Aussi devra-t-on toujours être très réservé lorsque l'on se trouvera en face d'un malade portant un anthrax volumineux et provoquant des accidents d^adynamie qui semblent plus souvent liés à un état général qu'à la douleur causée par l'inflammation. Quelquefois l'anthrax devient grave et même alarmant par sa situation : au cou, il peut déterminer l'impossibilité de la déglutition, ou mettre obstacle à la respiration; à la face, il produit une tuméfaction considérable, qui paralyse les fonctions de plusieurs organes, des narines, des paupières, des joues, etc., mais ces parties en sont rarement le siège.

Le traitement de l'anthrax est tout à fait semblable à celui du furoncle ; des applications émollientes seront conseillées au début, puis, aussitôt que la tumeur se couvrira de saillies acuminées blanchâtres, on se hâtera de la diviser profondément avec l'instrument tranchant: en général il suffit d'une incision cruciale qui divisera la tumeur dans toute son épaisseur ; si cependant elle offrait un volume trop considérable, c'est-à-dire si les incisions ne suffisaient pas pour faire divsparaître la tension de toute la tumeur, il ne faudrait pas hésiter à porter de nouveau le bistouiù; les incisions seront faites de la base de la tumeur vers son sommet et viendront toutes se joindre vers le centre de l'anthrax, il n'est pas très rare, à la suite de cette opération qui est fort douloureuse, de voir les accidents d'adynamie cesser tout à coup, la douleur est beaucoup moins vive, la suppuration s'établit d'une manière régulière. A chaque pansement on exercera sur la base de la tumeur une pression modérée, afin de faciliter l'évacuation du pus et de toute la matière pulpeuse qui compose les bourbillons; des applications émollientes. le repos le plus complet, un régime doux, et un purgatif léger, si l'anfhrax se lie à un état général, compléteront le traitement.

S'il existait des symptômes d'adynamie, il serait utile de prescrire au malade un régime tonique, du vin de Bordeaux, de quinquina; une

nourriture substantielle relève rapidement les forces : ce régime est principalement applicable aux malades qui se présentent dans les hôpitaux, épuisés par la misère et les privations.

ARTICLE III

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