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CANCER DES MUSCLES

deux cuisses un très grand nombre de tumeurs globuleuses pelites, blanches,, qui étaient autant de petits cancers (1). M. Cruveilhicr a observé une forme excessivement rare, c'est une transformation qui avait suivi exactement la môme marche que la transformation graisseuse. La dégénérescence occupait tous les muscles du bras; la matière encéphaloïde était disposée en faisceaux, qui représentaient exactement la forme des faisceaux musculaires; les fibres musculaires étaient dégénérées une àune^ la matière cancéreuse avait été déposée le long de ces fibres^ les gaines aponévrotiques et les tendons qui avaient résisté à raltération permettaient parfaitement d'isoler les uns des autres les muscles dont le volume était triplé, mais dont la forme normale était conservée ; le périoste commençait à être envahi, et Thumérus était comme érodé à sa surface. Enfin, signalons encore le cancer mélanique qui aurait été observé par Warren dans l'épaisseur du muscle droit antérieur de la cuisse et dans l'épaisseur des muscles trapèze et rhomboïde ; dans ces deux derniers cas, les détails anatomo-pathologiques ne sont pas assez explicites pour qu'il ne reste pas de doute sur le siège de ces tumeurs.

La symptomatologie des cancers des muscles ne présente aucune particularité digne d'être signalée, les troubles fonctionnels sont les mêmes que ceux de toutes les autres tumeurs développées dans les muscles, la marche est la même que celles de toutes les affections cancéreuses; nous n'avons donc pas à nous arrêter sur ce point.

Le cancer des muscles est une affection fort grave comme tous les cancers, aussi est-il important de le reconnaître le plus tôt possible, et nous devons avouer qu'au début ces tumeurs sont difficiles à diagnostiquer. Étant donnée une tumeur, il s'agit de déterminer si elle se trouve dans un muscle, si elle est dans la profondeur du tissu musculaire ou à sa surface, enfin on doit spécifier sa nature. Les tumeurs des muscles ne jouissent que d'une mobihtc fort restreinte ; si elles peuvent se déplacer dans un sens perpendiculaire, aux fibres charnues, on ne peut leur faire exécuter de mouvements dans la direction parallèle; si l'on fait contracter le muscle, on voit que la tumeur se déplace au fur et à mesure que le muscle se raccourcit ; enfin, lorsque la contraction est complète, la mobilité même perpendiculaire a disparu complètement, ou du moins en grande partie. A ces caractères, il est en général facile de reconnaître une tumeur musculaire; une observation attentive et répétée de plusieurs manières laissera rarement du doute dans l'esprit du chirurgien, car si une tumeur située dans le voisinage d'un muscle perd de sa mobilité pendant la contraction, il reste à la base une certaine mobilité qui manque dans la tumeur du nmscle. Il est encore

(1) Uullelins de la iSociclé analomiquc, 1850, p. 131.

8U/i AFFECTIONS DES MUSCLES ET DES TENDONS.

assez facile de déterminer si la tumeur occupe le centre d'un nmscle. La tumeur est-elle superficielle, pendant la contraction elle semble repoussée en avant où elle est fixée entre la peau et les fibres charnues ; est-elle profonde au contraire, les fibres charnues qui passent au-devant de la tumeur s'appliquent sur les couches plus profondes ; aussi semble-t-elle s'enfoncer dans les tissus, et se dérober aux doigts de l'observateur.

Quant à déterminer la nature exacte de la tumeur, les difficultés sont beaucoup plus grandes; si dans quelques circonstances on peut, à l'aide des antécédents, soupçonner une tumeur syphilitique, si l'existence d'un cancer actuellement existant ou extirpé par l'instrument tranchant permet d'admettre l'existence d'un cancer, il est des cas où le diagnostic est presque impossible : tel est le cas dans lequel A. Bérard crut voir une turiieur du muscle biceps et trouva un abcès froid. Une tumeur hydatique, ainsi que cela est arrivé à Blandin, donna lieu à une erreur du même genre. Dans ces circonstances, il n'y a que la ponction exploratrice qui puisse mettre sur la voie.

Le traitement des tumeurs cancéreuses des muscles est le même que celui de toute tumeur cancéreuse ; il faut extirper la tumeur, à moins qu'il y ait contre-indication dans l'état général du malade, dans la multiplicité des tumeurs cancéreuses ou dans l'étendue des muscles envahis.

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