DES ABGK8 PAR CONGESTION
Lorsque l'on étudie la structure de ces k^stog» on voit qu'ils sont un tissu cellulaire trèsrfijni^ formant une couche membra-
neuse, mince et comme feutrée, dans laquelle on aperçoit à peine quelques vaisseaux extrêmement fins. A reztérieur^ elle est doublée par les aponévroses et les muscles de la région, qui sont ordinairement étalés en forme de membranes et adhèrent à la poche, dont on parvient cependant à les détacher par la dissection. A rinténeur^ elle offre une surface molle, pulpeuse, d'un blanc jaunâtre^ à laquelle sont attachés des grumeaux de pus concret ou de matière tuberculeuse : tel est du moins Taspect que présentent ces foyers lorsqu'ils n'ont joint ét^^ouverts pendant la vie des malades. Mais lorsque l'abcès est depuis longtemps en communication avec Tair extérieur par une ou plusieurs fistules^ sa surface interne semble avoir atteint un degré d'organisation plus complète; elle est d'un rouge foncé, extrêmement vasculanre ; le tissu cellulaire qui la double est blanc grisâtre^ induré, comme cela s'observe ordinairement dans le voisinage des trajets flstuleux qui suppurent depuis longtemps.
^ matièr e que l'on Ë^uxfi Jlaaflj:fi&<Abfiè^ est tantôt du pus séreux, Riant, contenant en suspension des grumeaux blancs fibrineux; d'autres fois, une sorte de bouillie épaisse^ blanche, caséeuse, tuberculeuse, en un mot; enfln^ mais cela est rare, on y rencontre quelquefois du pus bien lié^ semblable i celui que l'on trouve dans les abcès phlegnioneux;à ces divers liquides se trouvent quelquefois mélangées des parcelles osseuses qui forment des séquestres plus ou moins volumineux, ou se rencontrent sous la forme pulvérulente^ de sorte que l'on n'en reconnaît la présence qu'en les faisant rouler sous le doigt.
QodtessonUsipaitiesqui fournissent ce liquidfi? Tout porte à croire qu'il vient de deux points : i^ de,l[ps.aliéré« et c'est même cette partie qui le produit presque exclusivement dans les premiers temps; 2* du, kygte lui-même. Celui-ci jouit, en effet, de la faculté d'exhalation et d^absorption, ainsi que le prouvent, d'une part, la réplétion rapide de la poche purulente après l'évacuation de la matière qu'elle contenait, et la disparition graduelle du pus accumulé dans son intérieur; d'autre part, l^absence de rapport qui existe assez fréquemment entre la suppuration et la destruction du tissu osseux. Il n'est pas rare, en effet, de voir un vaste abcès accompagner une altération superficielle et Irèsciroonscrite de l'os. Ggjijstejeui, comme toutes les membranes qui sont douées de la vie, s^nflammer, jii^m'er^yulcé^^ un nouvel organe dont les altérations patBoTogiques réagissent sur tout l'organisme.
L orsqu'un abcès par cong estion est formé, deux cho ses peuvent arrive^ ^ oulaLlQ!i£oe^d'où vient ce pus çontmjie à en produire, ce qui est malheureusement le plus ordinaire, ou elle se tant peu à peu. Dans le
[)rglllifir ca§, le volume de r abcès aug mente, d'une manière graduelle: puis^ lorsqu'il est parvenu à un certain point, il tend à s'ouvrir au dehors^ Dans le second, le Toyer reste d'abord stationnaiire, puis on le voit peu à peu diminuer de volume, et l'on observe alors quelquefois un tra\^ pathologiq ue des plus curiei^: le canal qiîi Taisait communiquer la partie renflée du foyer avec son point d'origine ne donnant plus passage au pus qui a cessé d'être sécrété^ se rétrécit peu a peu^ et finit par s'oblitérer; de sorte qu'une portion de l'excavation purulente se trouve ainsi isolée, séparée de sa source, et l'abcès par congestion ossifluent se trouve transformé en un abcès qui présente tous les caractères de$ abcès froids idiopathiques. Quelquefois môme la poche revient peu à peu sur elle-même^ et se transforme en un cordon cellulo-fibreux.
Les abcèsj)ar congestion peuvent se mojitrcr dans presque toutes les i-égions du corps, à l'exception toutefois de la tête et des extrémités des membres. Les régions où ils apparaissent le plus fréquemm eol sont : la partie postérieure du tronc, les parties inférieures de l'abdomen, le périnée et surtout la racilie des membres pelviens.
Symptomatologie. — Les phénoinènes qui précèdent la formati on d»^ abcès par cox^gestioD doivent être étudiés avec le plus, grsuid soin, car c'est le plus souvent l'étude de ces {^^énomènes qui nous permet de déterminer la nature de l'abcès. Une douleur souvent assez vive se f^it ordinairement sentir dans un point plus ou moins éloigné de celui où Tabcès vient se montrer; cette douleur est continue; elle est augmentée par la pression, par certains mouvements. Les choses restent dans cet état pendant plusieurs mois, puis les douleurs cessent, tantôt complé* tement^ d'autres fois elles ne sqnt que diminuées. En même temps il n'est pas rare de voir une déformation, une saillie osseuse se montrer dans le point même où Ja douleur a existé. Tels sont les. phénomènes précurseurs des abcès qui nous occupent ; mais je dois dire que ces phénomènes ne sont pas constants, de sorte que dans certains cas l'abcès se montre sans avoir été annoncé par aucun symptôme.
Les abcès par congestion appartiennent à la classe des abcès froids, et l'on peut dire qu'il n'en est aucun qui présente plus nettement exprimés les caractères propres à ces abcès ; aucun n'est, en effet, aussi complètement exempt d'inflammation. Ils forment ordinairement une tumeur sur laquelle la peau a conservé son aspect et sa tenipératore normales. Cette tumeur est molle dans toute son étendue ; la fluctuation y est toujours très-évidente» et se montre d'emblée^ c'est^-dire aussitôt que la tumeur apparaît ; une pression lente exercée surs» surface la fait quelquefois disparaître : c^î ce qui arrive lorsqu'une portion de l'abcès est contenue dans une des cavités splanch niques, k thorax ou riil)dn!iien. Dans ('orlaiiii^scirronstances, la tunieur augmep.to.