DES ABCÈS PAR CONGESTION
des années^ et qu!elle parvient rarement à faire disparaître la colléeliou purulente. Mais si, malgré cette médication, l'ouverture spontanée parait inévitable^ il est indiqué de donner issue au pus dans le but de prévenir la destruction des parois de l'abcès dans Hine grande étendue, et l'établissement d'une fistule qui livrera un libre passage à l'air dans le foyer. La ponction sera faite, non pas dans le point où les téguments amincis et enflammés menacent de s'ouvrir^ mais bien dans un lieu où la peau, intacte^ permettra plus facilement une réunion immédiate. Il n'est pas nécessaire que cette ouverture occupe le point le plus déclive, puisque ce n'est point par son propre poids, mais bien par une pression uniforme sur les parois du foyer, ou par une aspiration exercée par un instrument approprié que le liquide doit être évacué. Le précepte que nous venons de donner est trèsrationnel sans doute, et Ton fera bien de s'y conformer; mais il ne faudrait pas croire que cette ponction retarde toujours l'ouverture spontanée : bien souvent, en effets le travail ulcératif se poursuit après l'évacuation du pus, la peau se perfore et l'ouverture reste fistuleuse.
Il est encore une circonstance dans laquelle l'ouverture de l'abcès nous parait indiquée; nous voulons parler des cas où^ la source de l'abcès s'étant peu à peu tarie, l'abcès par congestion se trouve isolé de 8on point d'origine^ et ramené aux conditions d'un abcès froid idiopathique. Je dois dire cependant que Dupuytren proscrivak même dans ce cas l'ouverture artificielle, dans la crainte qu'elle ne provoquât une récidive de l'altération osseuse. Cette crainte ne nous parait point fondée ; mais peut-être objecterait-on avec plus de raison que nous n'avons point de signe qui, pendant la vie des malades^ nous permette de reconnaître d'une manière certaine cet isolement du foyer de son point d'origine.
D'après le jugement que nous venons de porter sur l'ouverture artificielle des abcès par congestion, nous pourrions à la rigueur nous dispenser de décrire chacune des méthodes qui ont été proposées pour pratiquer cette opération; cependant, comme quelques-unes d'entreelles ont joui d'une certaine faveur, et comptent encore des partisans, et que, d'ailleurs, il peut se présenter quelque circonstance exceptionnelle qui engage à y recourir, nous croyons devoir en parler brièvement.
Nous avons dit, à l'occasion du traitement des abcès froids idiopathiques (t. f, p. 125) que la ponction directe permet Taccès de l'air dans le foyer et empêche la petite plaie de se cicatriser. Nous avons ajouté que cette circonstance fâcheuse avait engagé presque en même temps Boyer, en France, et Abernelhy, en Angleterre, à abandonner ce procédé pour la ponction oblique ou sous-cutanée, aujourd'hui généralement admise. Le procédé du chii'urgien français est simple dans son exécution et aussi sûr dans ses résultats que les piocédés plus compli-