‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 2)Chapitre 29 sur 50 · FRACTURES D£S OS DU DASSIN · texte numérisé non relu

FRACTURES D£S OS DU DASSIN

soit à l'extérieur^ soit par le vagin et ie rectum^ est indispensable. Souvent la mobilité anormale et la crépitation se perçoivent par la pression sur ie grand trochanter ou par une traction forte exercée sur la cuisse. On a pu quelquefois confondre cette fracture avec celle du col du fémur^ à cause du renversement du pied en dehors et du raccourebsement du membre ; mais une mensuration méthodique pourra lever tous les doutes, en permettant de déterminer si le raccourcissement porte ou non sur la cuisse. Plus rarement, dans le cas de double fracture, on a cru avoir affaire à une luxation sacro-iliaque.

Dans les fractures du fond de la cavité cotyloïde, si le fémur ne suit point les fragments enfoncés^ le membre conserve sa longueur normale ; si au contraire la tête du fémur s'enfonce dans le bassin, le membre est raccourci. Un peu d'attention suffira toujours pour empêcher de confondre cette lésion avec une luxation, mais il ne sera pas toujours facile de la distinguer d'avec une fracture comminutive de l'extrémité supérieure du fémur.

Sur les quatre cas de fracture du rebord de la cavité cotyloïde, rapportés par M. Tyer^ trois des malades seulement ont été observés après Taccident. Ils présentaient tous les trois, à des degrés différents, un raccourcissement du membre avec légère rotation en dedans et demilexion; lorsque l'on imprimait quelques mouvements au fémur^ on fModuisait la crépitation : les deux premiers cas furent pris pour des Indurés du col du fémur, et le troisième pour une luxation, à cause de la difficulté que l'on éprouvait pour redonner au membre sa longueur normale par la traction. Suivant le docteur Tyer, on reconnaîtra la fracture du rebord cotyloïdien à la réunion des symptômes suivants :

(( Le membre prend la position qu'il affecte dans les luxations sur l'ilium^ ou dans l'échancrure sciatique ; on sent la crépitation avant de faire l'extension. Il est aisé de ramener le membre à sa position naturelle, mais difficile de l'y maintenir. Si l'on exerce une forte pression sur la fesse quand Textension est faite, on n*observe plus de crépitation ; la fesse esf moins aplatie que dans la luxation. Après l'extension, le membre a plus de mobilité qu'auparavant ^ et^ si l'on opère des mouvements de rotation après la réduction, ils causent moins de douleur qu'auparavant. »

Je laisse au jugement du lecteur le soin de discuter la valeur de cha* cun des symptômes que je viens de reproduire ; plusieurs d'entre eux me paraissent plutôt déduits de vues théoriques que de l'observation directe. Pour conclure, je répéterai ici ce que j'ai dit précédemment^ que les luxations iliaques ne seront jamais confondues avec une fracture par un chirurgien exercé ; mais que nous ne possédons aucun moyen infaillible de distinguer une fracture du rebord cotyloï-

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dicn il'avcc une fritclure du col du fémur, ou niêine un onfonoeom du fond <lo lu cavité cotyloîde. L'nrreur d'nillours est de peu de coBit qui>nce, car le traitement est le infinie.

Traitene.nt. — Dans la plupart de ces fractures, il n'y a aucune bhnœuvro de réduction à exécurei-. A quoi serviniïl, en effet, ^'optttt péniblement une réduction que Vnn n'aurait aucun moyen de inainlC' nir? On se borne h coucher le blessé commodément, à lui entoorulf bassin avec un bandante de corps, afin d'assurer autant que posibk l'imniobilitti des rnigmenls ; s'il nrrivait que ceux-ci fussent dèpUcéiv ils se ronsolideraicnt, il est vriii, diins cet ùtat de di^placonienl, mtii cela n'aurait aucun inconvénient. Pour éviter de leur imprimer iiiaii mouvement, on pourrait, dans le cas de fractures multiples, seserni avec avantage des appareils de M. Unnnet (voyez Fractures duealh fémur). On pratique une ou deux saignées abondantes pour prévenir (r développenicnl des accidents inflammatoires; on prescrit pendul quelques jours un régime sévère. Lorsque la douleur produite jiirlf déculiitus dorsal devient Irds-vivc et s'accompagne d« fièvre on d'eschare au sacrum, on retire de grands avantages de l'emplui At matelas hydrostatique, vanté ajuste titre par M. Désormcaux depoi plusieurs années.

Si l'un lies fragments enfoncé vers l'excavation pelvienne pounlIilR senti à l'aide d'un doigt introduit dans le vagin uu le rectum, il tedralt, avec ce doigl, chercher A le replacer en le repoussant en il.ell(** Cette manœuvre serait surtout ulite s'il s'agissait d'une femme qiù pU devenir enceinte, et chez laquelle une déformation du bassin pouniB apporter obstacle li l'accouchement. On Ut, dans les MtmMret A findemie de Dijon, que Maret Ht avec succès Texlraction lie toute laper tion droite du pubis, ainsi que de I» branche descendante de ceIo*> qui comprimait l'urithre et le vagin, et faisait saillie fi travers la lèn* droite de la vulve. Sa conduite serait h imiter dans un ciis analogat- J* rappellerai, ii ce si^ut, que Uesaull tit /'gaiement l'extraction d'SK esquille qui, Itxée depuis quatre ans dans l'uréthre, avait dunnéfitM une foule d'accidents dont la cauise était ignorée; il guérit son toM^ en peu de temps.

Lorsque j'étais chirurgien ii l'hûpilid Saint-Louis, j'ai moi-inW extrait par le vagin un fragment qui avait perfon^ le canal eii aiSf temps que la ve§5ie. Quelques années plus tard, l^noir, ayant tStnH un udcul [>ar l'urïtthrc de cette femme, trouva uu centre un tngm^ osseux qui lui avait servi de noyau.

Si l'on soupçonnait un enfoncement de la cavité cutyluldc. «1*^ n'y avait pas de déplacement, on se bornerait ii faire coucher l« blf^ sur le dus, et on lui recommanderait très-inslamment de u'exéctifi aucun mouvement. S'il y avait un raccourcissement du uieniliffi <"

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