‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 3)Chapitre 28 sur 50 · ARTICLE XVI · texte numérisé non relu

ARTICLE XVI

KUACTUHES DKS OS lU' BASSIN.

Les OS du bassin sont assez rarement fracturés, ce que l'on conipreod aisément li)rsqije Ton considère la solidité dont ils jouissent et la pio> lection que leur offrent les parties molles qui les entourent.

Causes. — Ces fractures sont ordinairement le résultat de i'acliot d'une cause directe ; quelquefois cependant elles sont déterminées pir un véritable contre-coup, ainsi qu'on l'observe dans certains cas ci le bassin est soumis à une forte pression latérale, ou bien encore à b suite de chute sur les pieds, les membres abdominaux étant dam l'extension. CVst ainsi que furent produites une fracture du sacrum €l de la portion pubienne; de l'os iliaque chez ce tailleur, dont Richeraiii rapporte Thistoire^ qui sauUi par la fenêtre d'un second étage potf échappiT h ses créanciers. C'est encore par le même mécanisme qae furent fracturi'es les deux cavités cotvloïdes chez un malade observé par Sanson, et (]u'une double fracture verticale du bassin fut produis (lie/ une épile|)tique qui, pour se tuer, sauta dernièrement par lafe-

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iidtred'un Iruisîème élageetfLit conduite à l'hùpilal LariboisiërJ le !fr>ie« de M. Péao. I

l'ne force très-puîssanle est toujours niîcfissaire pourproduîl frselupes; aussi sont-elles ordinairement accompagnées d'une conti Iféi-forle, de plaies extérieures, souvent de déchirures des parties I tenues dans la cavité pelvienne, d'épanchements sanguins, de v ihcès, etc., ce qui explique comment presque tous les sujets affi ilf fractures multiples ont succombé.

['ne fracture du bassin doit être considérée comme une affei

I grave, car, outre les dangers qui rtisultcnt de la lésion des organes tiens, il faut encore ici, de m^me que dans les fractures de la col

II Wrtebrale, signaler comme principale cause de mort la paralysie,

f ipK les eschares, la dénudation des os, etc., suite presque inévi ti'anr prt'S*ion prolongée.

Wm't* ■'■ff de ■'<>" Iliaque. — Parmi les os du bassin, l'os iliaqi seluî qui est le plus souvent fracturé. La solution de continuité intéresser ses portions iliaque, pubienne ou ischiatique; elle fTecter toutes les directions imaginables ; enSn, elle peut être co

qitée de plaie. Elle est habituellement compIMp; Irès-rarcmeDtellta incomplète, comme on le voit sur la figure ri-dessus {flg. 84) et surM

autre pièce également déposée au musée Dupuytren par M. I Elle peut fitre simple, double, multiple ou comminutive. Les fradm

simples sont rares. Le plus souvent elles se montrent a l'épine ou de la créle iliaque. Parfois elles occupent l'iscbio

yPACTCBES BES OS Dt BASSIN. 26")

Percy. Papavoine, Marer, Jobept et M. H: Devalz en ont rapport** des exemples. Dans ces cas. la lubérosïlé iscliialique esl délachtl'e à l;i

87. — Fractures verlicaka îles deu torapagniet de fracliireg de l'une ilci I branches lioriiontnles ilu pubia.

Os frielurwionl KcompjiEafai ibi b diijani du pubii. |M<uée 1

branches aicendantes de l'iichioi

m dci ikui ijrniFliiiM Hcro-iUaquf t cl de <

ance de la branche ascendante en bas, et près de la grande échan- ' en haut. D'autres fois, enfin, elles portent sur la cavité colylnïde,

- Fractura verticale d<'s deuK branche* lioriionlaiei du pulii et ilea deox braiichps asceiidinles de l'iichioii, accomnagnée de Traclure lerlkale du ucrum. (Musée Dupiiytren. Voiltemier.)

ainsi que Sanson et A. Coopèrent pu le constater. Dans tiois cas semblables, Bératid. MM. Tyer {de Glascow) et Richet ont trouvé, à l'au-

266 AFFBCTIOWS DES OS.

topsie, le rebord sup<§riour détaché du reste de la cavité. M. Houpli observé un exemple semblable, en 1865, pendant qu'il éUil cba^ par intérim de mon service à l'hApital des Cliniques. Parmi les fractures doubles, il en est unn qui se distingue des autres par sa régnlaritc : c'est une combinaison de deux fractures verticales, entre lesquelles se découpe, suv le cûté du bassin, un fragment moyea, qui comprend l'ai-ticulation co.'so-fémorale ; la fracture antérieure occupe ordinairement la branche horizontale du pubis et la branche ascendante de l'ischion ; la fracture postérieure est située en arrière de li cavité cotyloïde sur l'os iliaque ; elle peut même, ainsi que i'a obsem Uicherand, avoir pour siège le sacrum (flp. 85). Au lieu de cette frar

ture posiérieuru. ('■(■rdy a vu une diduction de la symphyse sacroiliaque (lig. 81)), irt A. Cooper a trouvé cette diaslase compliquée deTatrachemont (l'une iiartie du sacrum. Nous avons observé quelque exemples dn lésions do ce genre. Chez quelques blessés, des désorilKs semblables ont étO produits en mCme temps sur les deux os iliaquw et sur 1.1 symphyse du pubis (li(j. 80 et 8îj. Enfin, M. Voillemier i déposé au musi'i? nupnytrcn plusieurs pièces dans lesquelles la frarlure verlicale porte à la fois sur le sacrum et sur les deux branches pubienne et ischiatique (Voillemicr, Clin, chtrurg., 1862).

FnAITTCllBS DES (IS BH BASSIN. 267

I,c iJiiplacemeiit n'est pas ordinairement Iràs-considérable : il est le is souvent déterminé par la cause fracturante qui continue k agir sur ftagnients; on conçoit cependant qu'il puisse être produit dans queles eus par la conliaclion des mui-cles qui s'insèrent au bassin. Dans iremier cas, un fragment peut i5tre repoussé dans l'épaisseur des rois del'abdnmcn jusqu'auprès de la base de la poitrine, ainsi que l'a Sanson dans une fracture de la cr^te iliaque; d'autres fois une portion 16 diilachée du fond de la caviltï cotyloïde peut élre repoussce dans le ssin {fig. 90), ainsi que nresrhol, MM. T. Holmes er Patridfïe l'ont

:. ou. — Fraclure rerlicalc des brnnclies liiirUaiilBlc ilu pubii el nuceiiilanle de l'jichion, Bccompaenéc ia dinstaee de rarticulatlo» lacrn-iliaque el d'uDO Tricture du Btcnun.

lervé chez trois malades dont ils eurent l'occasion de pratiquer itopsie. Chez la malade de M. Patridge, l'enfoncement était tellement inoncé, qu'il en résulta un rélrécisscmeul du bassin, dont le sicge rrespondait au niveau de la cavité cotyloïde et qu'il fallut teiminer travail au moyen du forceps {Medifal Times, 1861). Dans un assez ind nombre de cas on a eu l'occasion d'observer la suppuration au reau de la fracture, ainsi que la lésion des organes pelviens par les gments déprimés; des déchirures de la vessie, de l'uréllire, du vagin. )Ci résultaient une pyohémie, une tnliltration urincuse dans le tissu lulaii-e du bassin, une hématurie, une mélrorrhagie, quelquefois la nprcsston de l'urèthrc el une rétention d'urine. Le déplacement lu s constant dans la double fracture verticale du bassin consiste dans eensioD du fragment, moyen qui entraîne avec lui lu membre infé-

rieur (fig. 90). Les autres déplacements sont généralemeDt moins prononcés, et consistent dans une simple inclinaison ou dans un enfoncement latéral de ce fragment, qui peut aller jusqu'à produire un rétrécissement du détroit supérieur ou une lésion grave des organes internes. Ces fractures s'accompagnent toujours d'un épanchement sanguin considérable.

Symptômes. — Dans certains cas^ il est absolument impossible de diagnostiquer la fracture: c'est ce qui arrive lorsque celle-ci ne sépare pas complètement un fragment du reste de Tos. Je citerai pour exemple une fracture unique de la branche horizontale du pubis, de sa branche descendante ou de la base de l'ischion ; pour que le fragment fût mobile et pût se déplacer, il faudrait que Tos fût rompu dans deux des points que je viens de citer. Le diagnostic est encore très-obscur lorsque la solution de continuité siège dans un point profondément caché sous les masses musculaires ; on peut alors soupçonner la lésion d'après la douleur que ressent le blessé lorsqu'il exécute certaine mouvements, lorsque l'on exerce une pression dans certains points. Mais lorsque la fracture occupe la portion iliaque, il est souvent facile de trouver l'ecchymose, de constater la mobilité anormale et la crépitation, en saisissant l'épine antérieure ou la crête de cet os, et en lui imprimant quelques mouvements de latéralité, ce que l'on fait aisément lorsque Ton a eu soin de mettre les parois abdominales dans le relâchement. Dupuytren signale comme un phénomène constant de la fracture de la portion iliaque du côté gauche une constipation opiniâtre, dépendant de la compression de TS iliaque par les tissus indurés qui avoisinent la solution de continuité.

Pour reconnaître les fractures de la portion pubienne, on peut à l'exploration extérieure joindre, chez les femmes, l'exploration par rintérieur du vagin, et constater si quelque fragment ne vient point blesser les organes urinaires ou génitaux. Si Tischion, fracturé à sa base, était entraîné en bas par la contraction des muscles puissants qui s'y insèrent, cette disposition serait facilement reconnue à l'aide de l'exploration, soit par le vagin, soit par le rectum.

Les signes qui caractérisent le mieux la fracture de Tiscbion sont: une douleur plus forte dans l'ischion que partout ailleurs, exaspérée par la pression sur cet os ; la mobilité anormale, une crépitation trèsfacile à entendre ou à reproduire, l'immobilité du membre inférieur du côté malade, quelquefois des fourmillements sur le trajet du nerf sciatique; enfin, M. Devalz insiste sur l'impossibilité où se trouve le malade de s'asseoir ou de se tenir assis, et il considère ce symptôme comme pathognomoniquc (Union médicale de la Gironde^ 1866}.

La double fracture verticale du bassin a été souvent méconnue à c^use de sa rareté. — Pour la reconnaître, la recherche des lésions locales,

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