‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 81 sur 135 · SOO AFFECTIONS DE LA PEAU · texte numérisé non relu

SOO AFFECTIONS DE LA PEAU

iiouse et (le forme presque hémisphérique. Ces deux variétés ont éU décrites sous des noms différents : la première constitue le f^nmet proprement dit; la seconde a pris le nom d'miihrax iimple^ bénin om furonculeux, par opposition aux affections charbonneuses qu'on désigi^ quelquefois sous la dénomination A'mithrax malin; mais Tanthn^ bénin et Tanthrax malin ne présentent entre eux aucune analogie Pour éviter toute confusion à Tavonir, et rendre au langage la sévérài qu'il doit avoir^ nous conserverons à la seconde variété de ralTertics furonculeuse le nom d'anthrax, et aux tumeurs charbonneuses celui ^ charbon, sous lequel elles sont plus généralement connues.

A son débuts le furoncle dépasse à peine le niveau de la peau ; n^^ le deuxième et le troisième jour, il s'accroît rapidement, et revêt T^ pect acuminé qui lui est propre. Il se présente alors sous la forme d'unn tumeur de petite dimension, circulaire à sa base, pointue à son soroiEfed dure et chaude au toucher, présentant une rougeur foncée, ùf^ tumeur est le siège d'une douleur vive, continue, à la fois brûlante a lancinante.

Du troisième au sixième jour, on la voit pâlir à sa pointe, qui bienCM blanchit ; Tépiderme soulevé et tendu ne tarde pas à se rompre, et sv la face externe du derme mise à nu, on observe un pertuis de 2 à k millimètres de diamètre. Ce pertuis, si régulier qu'il seniHp taillé avec un emporte-pièce, forme Torifice externe d'un canal qui 9t dirifçe du sommet vers la base de la tumeur en s'élargissant, et en »• vaut la direction de son axe. Par celte perforation des téguments s'écook un peu de pus sanieux mêlé à des grumeaux formés par une mitièn grisAtre et pulpeuse, («es grumeaux sont les débris du bourbilloo, qa est souvent éliminé par fragments, mais qui peut aussi Otre expobêM masse, lorsque l'ouverture placée nu sommet de la tumeur est «m grande pour lui livrer passage.

Quelle est la nature du bourbillon? Faut-il le considérer comme W

eschare celluleuse, ou comme un simple produit de sécrétion? Lis-

tlammation ayant été localisée à bon droit dans les paquets celluleuKki

aréoles du derme, les auteurs se sont complu à décrire dans ces paquHi

et ces aréoles des parties contenues et des parties contenantes : ks

premières susceptibles, lorsqu'elles sont irritées, d'acquérir un vota»*

plus considérable; les secondes, denses et résistantes : d'où ilsoBtéiê

conduits à penser qu'il y avait étranglement et gangrène du tissa cd-

lulains et que ce tissu, isolé plus tard par la suppuration à la miDi^

de toutes les eschares, constituait le bourbillon. Disons tout de suite (p^

cette théorie renferme une double erreur; qu'il n'y a pas d'étrangk^

ment ; que le bourbillon n'est pas du tissu cellulaire gangrené, miisoD

simple produit de sécrétion, une véritable pseudo-membrane.

i« // ny a pas d'étranglement. — En effet, les aréoles du derme, les os^

niftoifCLK. soi

coaH|iies, les autres hémisphériques, sont ttiules tellemunt dispusée^, qu'elles correspondent, par une base largement épanouie, au tissu cellulaire sous-cutané. Par conséquent, lorsque rinflammation vient s'emparer du tissu cellulo-graisseux logé dans ces aréoles, ce tissu, en refoulant légèrement la couclie celluleuse sous-adjacente, pourra se développer librement et parvenir à la plus grande augmentation de volume, sans rencontrer autour de lui aucun obstacle. Peut-être nous objectera-t-on igueles paquets graisseux intra-dermiques sont fixés dans l'intérieur lies aréoles par les vaisseaux et les nerl's qui les traversent pour aller Kiiauile s'épanouir dans les papilles ; qu'ainsi suspendus à un pédicule inextensible, ils ne peuvent abandonner l'enceinte trop étroite qu'ils <ic4;upent, et qu'ils présentent dés lors les conditions les plus favorables à l'étranglement et à la gangrène. Mais remarquons que la partie la plus large de ces corps répond à la couche adipeuse sous-culanée;que f'ette partie dans tous les cas pourra se développer librement. Par conséquent, en admettant que les vaisseaux et les nerfs retiennent dans l'aréole le tissu cellulaire qui y est logé, l'étranglement ne sera possible lue pour les parties de ce tissu qui correspondent au sommetde l'aréole ; ees parties seules seront frappées de mort, et l'cschare sera infintment petite. Or, le bourbillon dépasse en volume celui d'une centaine de paquets cellulo-graisseux réunis en une seule masse; il est donc beaucoup plus considérable qu'il ne devrait l'être s'il était le résultat de la mortification du tissu cellulaire inlra-aréolaire. Ajoutons que les parties gangrenées, au moment de leur élimination, présentent une odeur infecte caractéristique, et que le bourbillon est sans odeur; que dans une eschare on retrouve la plupart des éléments de l'organe qui a été privé de vie, les vaisseaux principalement, et que dans le bourbillon on n'observe aucune trace d'organisation; que le tissu cellulaire qui se gangrène ii la suite d'une inflammation violente est frappé de mort au moment seulement où cette inflammation acquiert son plus haut degré <nntensité, et que lu bourbillon existe bien avant celte époque, car on le trouve tout formé dans la tumeur dès son apparition, et, alors comme plus tard, il n'offre aucune apparence de vaisseaux. Nous pouvons donc conclure que la forme des aréoles repousse toute idée d'étranglement; dt Qiéme que le volume do bourbillon, l'absence d'odeur caracléris- 'itlue, son état inorganique, son existence au début de l'inflammation, «poussent toute idée de gangrène.

1* Le bourbillon est un pivduit de sécrétion psendo-tnembiitrieMC. — Umque les membranes séreuses s'enflamment, elles se recouvrent quelquefois de fausses membranes; le tissu cellulaire, qui offre avec le 'yslcme séreux une grande analogie dans sa structure, ses fonctions et ■^s maladies, sécrète aussi dans quelques circonstances une matière ^^N^t^n peu jaune, albumino-gélatineuse, qui est dt^poséc dans les

5ÔÎ AFF£CT10!tS bÉ LÀ PEÀD.

mailles où elle èe concrète. Ce produit pdeudo-ttiembrâtieuX est prll tivenient très adhérent au tissu cellulaire dense et H>ug6 qtli l'èiitoil mais un fluide d'abord albuininéux, puii tiii féritablë pus ëdt é|MifM autour de lui ; il devient moins âHhéi'ent^ se déttithe. S'isole tout i l et flotte comme un corps étranger danâ la petite colltHi^tibn t)Uirelë< qui s'est fotmée, jusqu'à ce que celle-ci s'buvfè uifié issilè éti debM Tentralnè avec elle. Après cette élimination^ l'inflammation difliil rapidement^ ainsi que le volume de la tumeur; la cicatrisation s'aeed plit en deux ou trois jouré ; la cicatrice est circulaire, de petite diim sion et à peine apparente.

La présence dans une éruption furonculeUse d'un corps psêud^mè braneux sécrété dèê le début de l'inflammation, et constituant plus II lin corps étranger, dotlne à cette affection un caractère s|M^ial. Èè caractère, en effet, il résulte que le furoncle doit le plus souvent se k miner par suppuration, et que h cicatrisation ne pourra coitiméh que lorsque l'expulsion du corps étranger aunk eu lieu. La tumeur |i sente ainsi trois périodes constantes et bien distinctes : la preml caractérisée par la tuméfaction inflamftiatoil*e et la sécrétion pMa membraneuse ; la seconde par la suppuration et l'élimination du proti sécrété ; la troisième par la cicatrisatiori. Dans aucUne de ces (lértoi on n'obsf r\'e de jphénomènes généraux : lé Aironcle est le plus soM une maladie essentiellement locale.

Lés parties de l'appareil tégumeritaire qui sont les plus épaisses i les plus denses sont le siège lé ^lus ordinaire de lees tumeurs. M I observe en général h la nuque, sut* le dos, sur les épaules, sur les IHÉ sur la face externe des mcnjbres. Celles, au contraire, qui sont mîiiéêl telles qtie les oreilles, la verge, etc., ou qui sont protégées par io il|l derme très épais, comme la paume des mains, la plante dHpièi^l paraissent pas se prêter à leur développement ; peut-être irten WMIM Jamais été atteintes I^ furoncle des paupières est assez fréqo^t, sa I désigne sous le nom d'orgeiet, (voy. Àfftction deêpampièreiij.

Le furoncle est plus fréquent chez l'homme que chez la se montre plus souvent aussi sur les adultes que sur les enfants^ Il vieillards. Chez ces derniers, la couche cellulo-graisseuse soi est atrophiée ; les paquets adipeux ihtra-aréolaires ont presque Hl rement disparu. L'organe qui doit être le siège du furoncle eiWV à peine, on conçoit la rareté de cette affection dans un âge W avancé.

ÉT10L0GTE. — Ses causes sont peu connues. Quelquefois il a ptni^ le résultat d'une irritation mécanique; mais c'est le plus souteolli l'influence d'une disposition générale de Téconomie qu'il sembtoi développer. Tantôt alors le furoncle se montre dans le cours de maladie, dont il est un épiphénoniène, et tantôt à l'époque de sa M<

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