‹ Éléments de pathologie généraleChapitre 6 sur 92 · NOTICE. XIII · texte numérisé non relu

NOTICE. XIII

WDileur mesure. Que reste-t-il de Dupuytren, qui a exercé sur ||lchirur&;îp de son temps une si grande influence, et que Tadmiration de la jeunesse entourait d*un culte presque fanatique ? Qiieli|ues mémoires, dont plusieurs sont controversés, ne représenteront jamais, pour ceux qui ne Font pas connu, celte grande Sgure et cette puissante intelligence. Sa grande œuvre, comme |cdle de M. Chomel, a été cette impulsion énergique et sage à la Uns imprimée à la science, cette éducation médicale donnée à des pinérations entières qui la transmettront à d^autres à leur tour, comme un dépôt sacré. Pendant 25 ans sont sortis de Técole de M. Chomel, pour se disperser dans le monde entier, des praticiens éclairés et consciencieux , fiers de pouvoir se dire ses élèves, animés de Tamour du devoir, emportant, avec Tinstruction puii'ée dans ses leçons, le souvenir de ce noble caractère dont lexemple avait relevé en eux le sentiment de leur dignité profi?s>ionnelle, et les fortifiait contre les entraînements et les épreuves qu'ils allaient rencontrer sur leur route. Voilà ()ar où surtout lia bien mérité de la science et de Thumanité. De 1827 à 1852, M. Chomel occupa avec éclat et avec un zèle infatigable une des i^baires de clinique médicale de la faculté de Paris; déjà en 1823, quand Tagrégation fut créée, il avait été un des premiers désignés pi^ur prendre place dans cette institution nouvelle. La mort de Laënnec lui avait ouvert Tentrée du professorat, et ce fut à la Charité qu'il inaugura 5on enseignement. En 1830, quand Récamier crut devoir abandonner sa chaire de THôtel-Dieu, par une de ces délicatesses de sentiment que les cœurs d'élite seuls éprouvent, cùmnie le dit si bien M. Grisolle, mais que tous admirent, )1. flhomel qui devait plus tard Timiter fut appelé à le remplacer. Criait une redoutable épreuve pour lui de succéder à Laënnfc, le plus grand génie médical de Tépoque, et de venir à rHotel-Di«*u se placer en face de ce graiid clupurgien, qui joignait à une science très-étendue, à une ex[)érience presque sans èjfale, le prestige d'une parole majestueuî-e et d'une admirable nii-e t'U scène, ne négligeant aucun élément de succès. A côté de tant (le moyens de séduction, M. Chomel apportait une dignité miMle>te, une éloculion claire et simple: aucun effet prémédité, aurun trait, mais je ne sais quel goût d'bonnéteté et de sincérité qui commandait à la fois le respect et la confiance. On ne pouvait voir Dupuytren sans l'admirer, on ne pouvait suivre les leçons de M. Chomel, hans l'estimer et sans Vanner.

V« NOTICB.

\\ iutern>geait les malades avec un soin extrême et avec ctUm \>i\te sympathique qui, en gagnant d emblée leur oonfianoé^ u^iut le nMe de Tobservateur plus facile et plus fructueux, en ui^me temps qu'elle ajoute n refficacité des remèdes. Le résulta sl«« iVt examen faisait l'objet de sa leçon, et donnait lien aux ré* tWxions les plus judicieuses, qu'il contenait toujours dans lei Uiiùtes de renseignement clinique, en évitant toute inutile di-i »:ivssion sur le terrain de la pathologie interne. HabituellemenU net et précis dans ses opinions, il savait exprimer franchemenl seH dimtes. Il signalait ses insuccès, et les rares erreurs qu'il avait pu commettre, avec autant d'empressement que d'autres eu mettent à les dissimuler. Si la conscience et l'intérêt de la su'ience en font un devoir rigoureux, rien, disait-il, n'est plus utile à l'instruction des jeunes gens, en leur montrant les écueils qu'ils {Peuvent rencontrer. En toute circonstance, il agissait et )iensait tout haut devant eux ; il se donnait tout entier : son culte |M>ur la vérité n'admettait aucune restriction, ni même aucun de ces artiiices oratoires qui auraient pu faire valoir le mérite de s(*s diagnostics ou le succès de ses traitements. Uniquement pré(K'cui»é de Tintérét des maladies et de celui des élèves, il s*effaçait pour tout sacrifier à cette double mission. La mantiNre dont il la comprenait est bien exprimée par ces toui'hautes paroles qu'on a trouvées dans ses papiers après sa mort, t*t (|u'il avait écrites en 1846, alors que sa fortune était à son a|H»gée.

M Faites, fi mon Dieu, que mes avis soient partout et toujours^ pliysi(|nement et moralement salutaires à ceux à qui ils s'adres- MMit. Faites que la jeunesse qui m'entoure ne trouve, dans mes piinilt's et tians mes actions, que de sages conseils et d'utiles lAeniph^s; faites qu'elle comprenne avec moi l'importance et la Miiinletè d«w devoirs qui lui sont imposés, et qu'elle se prépare à \vs ivmplir di^rnement, pour son propre bonheur autant que |Hiiir lt« bien des hommes qui lui confieront un jour le soin de liMir siuité. v»

l.tvs hU(vès de M. Chomel, comme praticien, égalèrent ceux de Niii («uM'ignenieiil ; sa réputation avait retenti dans le monde l'iitin ; h*s malades de toutes les nations se disputaient ses con- >riU ; \U n'étaient pas moins recherchés par les médecins qui en a|ip«'lai('nt h son expérience dans les cas difficiles, assurés d'ob- Www tir lui, avoc les avis les plus éclairés el les plus sa^es, cet

NOTICK. XV

ippui délirai qui sauvei^rde la dignité professionnelle, sans lui icrifier rintérèt des malades.

Ses qualités personnelles ne contribuaient pas moins que sa «périorité médicale à cette immea^^e vogue. Ses manières étaient ileioes de grâce et de cette distinction simple» qui est la vérita- )le; elles exprimaient une bienveillance sincère qui ouvrait les tBurs à la confiance en relevant les courages. Il était aimable ians effort. Porté à aimer ceux qui souffrent, il dépensait largeuent son cœur avec eux; aussi a-t-il recueilli sur sa route une ifflple moisson de ces gratitudes et de ces dévouements qui sont i plus douce récompense du médecin.

Il possédait à un haut degré cet art de savoir écouter, auquel ;s malades attachent tant de prix. Son attention était infatigable, iissi présente au dernier lit de son service d*hôpitalqu*elle Tétait a premier. Il disait que, dans ses consultations, il s'imposait Dur loi d'examiner chaque malade comme s'il eût été seul, éloioant la pensée de tous ceux qui attendaient pour lui succéder.

Sa bonté et sa générosité étaient inépuisables; mais il prenait itant de soins pour cacher ses bienfaits, que d'autres mettent ostentation à faire valoir les leurs (1). Dès son entrée dans la irrière médicale, il avait commencé cette mission de bienGaiince qu'il regardait comme un des devoirs et un des privilèges i ^ profession. Je me rappelle avoir rencontré dans les Pyréèes un homme qui occupait un poste important dans la magisature de province, et qui, au nom seul de M. Chomel, prononcé F^vant lui, ne put contenir une vive émotion; il raconta alors, une voix attendrie, qu^étant à Paris pour y faire son droit, et ans une situation plus qu*élroite, il tomba malade; il alla con-

(i/ Peut-ud coiiipieiidre que ce liait si saillant, si connu de son caractère, ait è contesté en pleine Académie, dans un discours rempli (railleurs des appréitiorii les plus erronées. D'éloquentes et chaleureuses réclamations, dictées tr la reconnaissance, sont veimes protester contre ces insinuations et sallsfain; coni^cience publique, révoltée par ces injustes critiques. On ne saurait s'ima ner par quel caprice M. Dubois d'Amiens s'est étudié h dénigier et à amoinii une des illustrations les pins pures et les moins contestées de notre prois\tiu. Kn se laissant entraîner à cette fantaisie paradoxid , il oubliait sans doute rp<- quelle bienveillance celui. quM avait apjielé son maître pendant sa vie, avait uie de lui dans le dernier chapitre île sa Pathologie, J'appliquerai à ce discours, ins lequel Torateur loue tout le monde excepte celui dont d était chargé de faire 'Ui^, ce passage de Tacite qu'il a cité, mais dont je ne me permettrai pas •onne lui de « hanger la latinité. II a en vain cherché à rabaisser le mérite su- Tieur de M ■ Chomel, les services éclatants qu'il a rendus à la science et ses 'ftus au-des.'^uh de toutes attaques : Pro'fvhjebani rv ipso quod effiyiei eoniin .»» vi^eàanfur.

. irM't'in alors. G>]ui-â raocunilit

riii liabituelle, et, sans vouloir

/«AS conseils qui lui procuivKnl

|\ré:>enta chez le pharmadeo

fi%i».^itait le ftoids fiour ses mioces

... H.\t, NI excessivement légère, qu'il ne

......iî>4ti siMi êtonnement. Le pharmacien

. .V •• .-• wn Avait pris à son compte la plus

O..I .i»N^*ril avait ]»^e^c^its. Toute savift

, ...'k4».»i,iv Kiitre mille. jVn choisirai quri*

>4î^ M. Chomel dérobait trois ou

..^ ., **» i V» riche clientèle de Paris, pour aller

. ...w. Mii-i^ du village où était sa maison de

. V....U »t' M^vissait avec une extrême violence.

^ ,.v, ju il avait installes chez lui, Tassistaienl

..•(•i'.ivùrnt pendant son absence. Sa digne

. . ,vvv mmi a|)|>robation, s'êtiblir au foyer de

^w, v^ iv. Il est presque inutile d ajouter que 1«

«*xuic U's aliments nécessaires aux malades

^ ..XHKX^K\>* dans cette mémo campagne, il prenai i i"!^ loisirs, qu*il s'accordait avec tant d( iwwar les |>auvres du |>ays ; il leur donnai . . .kî* siiH)urs ; et si, malgré ses résistances, i . ^ ..vi%i" \|ueli|ucs riches malad&<( des environs, lei u; L'Uikout offerts, étaient versés dans la caisse

, ,v»u.x Uv* plus distingués de notre époque, le doc

:^*%»H'*, a raconté la générosité toute [)aternelle d(

H'ii o^A^tli dans une lettre touchante, tout em-

^^^« twN'iuiaissance délicate et chaleureuse qui fai

^. xMi -^ ^''*'"* *!"* l'éprouve qu'à celui qui l'inspire

.>s»*\ IS**' •) J^ ^^ P"^^ résister au désir de raconte

.Hxv Jo o«*tte noble vie, qui fera pendant à Thistoin

.«.. M r>lH)mel apprend qu'un jeune médecin dis

^v %if famille, luttait sans succès contre les difii

te^iU si souvent les débuts de notre carrière. 11 h

^. »^ prendre une position <levenue vacante au3

>%, .>^ et dans laqu»'lle sa protection pourrait le servii

■ TiOTlCE. XVII

KiKcacemeut. Il devine, avec ce tact qu*il savut appliquer aux

^maladies de Tâme comme à celles du corps, que sous ses bésita-

V fions se cache la i^ensée d*uii arriéré non soldé; il lui prête, pour

sVn afifranchir, une somme importante, et va acheter lui-même

no cheval et un cahriolet, dont ce jeune médecin avait hesoin

^ |iour satisfaire aux exigences de sa nouvelle position, et qu*il

H trouva en arrivant dans sa résidence.

A Suivant les respectahles traditions de plusieurs médecins illus- L^trps, M. Chomel n'acceptait d'honoraires, ni des ecclésiastiques, I ni des artistes, ni de* jeunes militaires ; les parente de m^ecins, I même à des d^rés éloignés, trouvaient toujours en lui le dé- ' vouement le plus actif et le plus délicatement désintéressé. Je Tai Ml, dans un âge déjà mùr, se lever la nuit pour aller consoler un t*tudiant en médecine qu'il savait atteint d'une phthisie incurable. Peu d'années avant sa mort, alors que, par le privilège de Fàge et de sa position, il ne faisait plus guère que de la consultation, souffrant déjà, il allait aux Batignolles, au milieu de la nuit, pendant un hiver rigoureux, pour assister un vieux confrère qui réclamait ses conseils. Enfin, déjà malade depuis plusieurs mois Ht obligé de garder le repos, il trouvait des forces et imposait silence à ses vives souffrances, pour monter à un quatrième étage et râiter, presque tous les jours, un ewlésiastique frappé de paralysie.

C'est ainsi que dans M. Chomel l'homme fut constamment à la hauteur du médecin. (^ caractère, si loyal et si bipn trempé, ne connut aucune de ces défaillances (|ue l'oii déplore plus encore qu'i^ii ne les blâme, tant la faiblesse humaine nous les montre communes. Lié à la famille du roi Louis-Philippe, dont il était le médecin, par le plus sincère et le plus profond attachement, il resta tiiièle dans Texil à ceux quil avait aimés dans la prospérité. En IHi2, lorsqu'une catastrophe funeste vint frapper le duc d'Or- If'fius, M. Chomel fut chargé par la famille du prince d'annoncer à sa veuve un malheur si inattendu. On savait que personne ne |K.>urrait adoucir le choc de cette affreuse nouvelle par une symlothie plus délicate et mieux acceptée. Jamais son dévouement iiavait été mis à une aussi pénible épreuve ; et plus tard, quand ^on bonheur domestique fut troublé (>ar des coups si cruels et si i'é|)étés, il comptait celte circonstance au nombre des plus vives ♦•l des plus nngoisiieuses émotions de ?a vie. Dix ans après, toujours fidèle au culte de .s«*s affections, il recula devanl uu *«•

NOTI' î

suller M. flhomel, tout jounr avfic un«* l)onté qui lui étiùl accepter d'Iionoraires, lui «loin une entière giiérison. Qiiaii<i |>our solder une noti* tiiml il • ressources, il trouva retti» rn'î |>ut s*em|>êcher d'en maniies?

fivoua alors que le jeune m* fjrande f>artie des niédiiaiiti^ a élé remplie d'actes semlil • ques-uDs.

Pendant le choléra dr ' quatre heures cliaqne j«»i.

soigner les pauvres iiuii campagne, et où la nii!

Deux jeunes mécicciii- • dans ces soins, et li* •.

compagne avait 1 1»', * c^tte épidémie nienrli médicaments, et m'" sortaient de sa m;»i

Tous les dimani !..

])lusieurs hcuns m parcimonie, p<iur »

descon^^ultatinn*^ « était entraîné à \ i honoraires qui h:

des indigents.

- .a^'ignant. et

< celle r-li.îii

. àuuées. C^ >

.t*4 i résolù:nei

j»«A. a une délicati

.- .*...4iiqiies. Adin

^.a d'Orléans, il

.4ir> on agissant

iivdil-ilàjsescoli

.*> V^pression. »

it.de nombreux

..r^iagnèrent dans

.^ jul inspirée qu

^ «1» sacrifié ses sent

.^ .u :i enseignait; coi:

.w* e> droits de la cou5«

^ fait, M. Chomel

.^?«(<? Il lui enseignai

««vouement, et le ci

a. ^'*est-ce i>as une

Un des inéilr leur Ernest lin M. Choiiifl, a :jireinle eic cclt.- «intant d'li(inii< i'nion VK'dttf lin autre épi>i (le M. Karth* tingué, i«t iU ' cuhés qui afait venir. [♦■ environ»' iii- "

. .*i^^*^sé à siéger dans le (

^^u* . il s'y fit remarqua

..«e... ^ w>prit qu'il applii]uai

,^ xr«Aaa<^^s à son appréciait

.. .^laaie autorité.

..«<, .iu (KÛnt culminant de s

.^^Oâ >i r^u^' de la vertu heu:

^^ AiU(Mnt uue des premières

.^jww» v*4iUuuv de l'estime et dt

^ .« .va^KVU\ qui Tavaienlappi

^,^»*.% sMMA( il faisait le plus nohl

.^ii^ur ti>utes les salisfactior

x:%.> ^'<* ^^ux de SI sainte et dé

^ .v«^ ùiUv^t uiiinuvs comme leui

^,^,««^{.^1 «iu\ vertus les plus soli

.» ..«uK^VK , il les avait unies à des

JS^

^ «.M%M( niItlUvluelle comme par ^ uviit%'aLut s'évanouir oomi:

?Mmcr. XIX

Au moment où, pour remplir le vide de sa rie pola^îque. nr Chomel avait besoin de se réfusrier daD> le sandnaùv •\^ atteciions domestiques, il y était frappé des coa[« les plus ■TUfIs ; deux de ses filles expiraient sous ses yeux en moins de -iHiix années, après de longes et douloureuses agmiies. Son nue, i|ui avait usé de la prospérité avec tant de nMklestie, luootra a«iii> le malheur une fermeté et une résisrnation inehranlees. Il l'iii.-ait sa force dans le témoignage d'une belle ronsoienoe et dans '■> sentiments élevés qu'inspirent les convictions religieuses. Mais son corps ne résista pas à tant d'épreuves, et bientôt il iH-ntit les premières atteintes du mal inexorable qui devait le conduire au tombeau. Le premier il en jugea la gravité, sans que sa sérénité en fût troublée. II lutta jus<]u*à ce que la lutte lui devint impossible; ses souffrances étant exas[iérées par le mouvement au point de devenir intoléral»les, il donnait ses consultations debout, appuyé sur une canne, et restait plusieurs heures dans cette position, pour se trouver mieux à la portée des malades qu*il examinait. Enfin, quand il fut contraint de céder à la maladie qui |K)ur-«uivait sa marche destructive, quand il fallut s'étendre sur ce lit qu*il ne devait plus quitter, il trouvait encore des forces i>our acb'ver des travaux commencés, pour accueillir ses amis avec cette grâce bienveillante qu^il con- >er\'a jusqu'à la fin ; quelques malades pauvres partagèrent avec l'amitié le privilège de pénétrer dans cette douloureuse retraite et d'exciter les derniers efforts de cette belle intelligence. Il s'occupait de l'avenir de ses élèves, leur donnait des conseils, réclamait la visite de quelques coufrèn^s, avec lesquels il avait eu des discussions scientifiques ou professionnelles, et leur adressait li-s adieux les plus affectueux, ne voulant, disait-il, laisser aiiciui sentiment pénible dans le souvenir de ceux qu*il avait connus.

iVe>i ainsi qu'il se préparait à Tacte suprême de l'exislenn», avec un calme et une douceur que les plus atroces douleurs ne purent émouvoir. 11 fut simple et vrai en face delà mort comme il lavait toujours été dans toutes ses actions : « Possédant au « plus haut degré, dit M. Grisolle, cet art sublime desavoir '• NMjtfrir et mourir qui semble être la perfection de la vie chré- •■ tienne.

« Tel a été M. Chomel; son nom vivra. S'il n'est |)oint atta- « ché à une de ces découvertes* i/ii/nortelles qui laisscnl daQ&\

n |>ostérité un sillon lumiueux, ii restera ilii moins uu nombu " des noms illustres de ces gnmds praticiens qui résument en " qiieli|ue sorte une époipie médicale. Conservateurs éclairés de « la tradition, iisjugent, manjnenl, consacrent les progrès, el, Ii dans tes momenls de lutles, d'iunovalions el de Iwuleversei< inents scienlifii|ue3 , ils mniènent leurs contemportiins à la H mesure du vraî par leur sagesse, leur droiture et leur modé- » ralion. M. Clioniel a élé pendant quarante ans un de ces Il législateurs res[iectés. Pour avoir une influence aussi continue 'I fil aussi universellement acceptée, il faut èlre doué d'une pui»- « sauce suftérieure, il faut posséder un don d'en liaul. M. Chon mel sera dans l'avcEiir une des {tersoiinifirations tes plus pures " de cette grande école de Paris, qu'il a lui-même jusiemeatel « nolilement caraclérifée, en disant qu'elle élail l'écoie du pro- " grès et du bon sens, d [Loco citalo.)

M. Choniel a succombé, le 9 avril 1858, dans son château de Morsan (Seine-et-Oise). 11 était conseiller ordinaire de l'université, professeur de oUuique médicale, membre de l' Académie d« médecine, médecin coasullanl du roi Louis- Philippe, médecis ordinaire du madame la duchesse d'Orléans, médecin des Hôpi* taux de Paris, ofEiier de la Légion d'iionneur, commandeur if l'ordre de Lêopold. Il n'a pas laissé de fils, mais, conforniémenl à ses dernières volontés, son gendre, M. de Lalain, vice-préâdent du Tribunal de première instance , et se^ enfants, oui été autorisés à ajouter le nom de C/iomel à leur nom de famille.

- . :iopos.

..lie a (>our objet l'étude des maladies consi- •Tr abstraite ou dans ce qu'elles ont de commua. «i iiiiroduclion et de complément à la pathologie -intive, quia pour objet la connaissance de chacune ixqiielles l'homme est sujet. Elle comprend ce qu'il ;f>le et de plus élevé dans la science : d'une part, la termes et la description des phénomènes des malaf »art, la discussion de toutes les questions fondameiiposition des principes généraux qui doivent guider le i.iiis rexercioe difBcile d'un art étroitement lié aux plus» .lêrêts de Thumanité. La pathologie générale résume par •mni en elle-même les plus humbles éléments et la plus haute -<>|)hie de la médecine.

ne me suis point écarté, dans cette nouvelle édition, du plan

Il s règles que j'avais adoptés dans les éditions précédentes. J'ai

■tité de la maladie en général comme je traiterais d'une maladie

Il particulier, si je me proposais d'en tracer l'histoire la plus com-

f'p'te possible. La définition de la maladie en général et la manière

•IfîdéBnir chaque maladie en particulier, la nomenclature, Icsié^e.

les causes, les phénomènes précurseurs des maladies, leurs Hym-

ptômes, leur marche. leurduréeJeursdiversmodesdelerm'mfûwM

\z convalesceace, /es phénomè'nos eo/isécuiils. les reeluUei^ el '

>. r .^ '^ ,:;:s ospiVos et des variétéi

. ...m;îs c .i.aciiosiic, le pronostic, les

. ,^ ,. . .fK .'.-K la naluro intime des mala-

* ..:»^ <i ies principaux ouvrages publiés

...*.*\ vMic'?; Ia malière d'autant de cba-

^ . • »;ti', î irts la première édition de cet ^

,' V uii' 'vKv systématique et de me ren-

*\i»o!*ition des faits et de leurs conBé-

x- -as rno flatter d'avoir atteint complë-

, . , . m* !ii'o*l-il permis de croire que j'en ai

.1 .îci» lit milieu des immenses progrès qu'a

. ..» k4. (n* piïsilive, et des grandes révolutions

> iiooriinj, j'ai pu, dans cette nouvelle édi-

V v . .1 cs^MUiel de ce que contenait la première.

, '«il' cvasiH]uent trente-neuf ans. Mais si j'ai

.X .1 juviiiior travail, j'ai dû faire, dans les édi-

.iuul duus la troisième, comme dans celle que

. u.i« (le nombreuses et importantes additions.

.■iti4i-i-o8 années, l'observation des phénomènes

...i»ib U vie et l'étude des lésions anatomiques

., iMiiii beaucoup de faits nouveaux; la chimie et

.. >4vU! lour stH?ours à la pathologie ; le diagnostic

i ^tius exact, et des expériences de tout genre

. . .iaa.sNiiKvs en physiologie et en thérapeutique.

. . V « . àiiiàs vvtte nouvelle édition, à ne rien omettre

..ivx i vvnquis d'important. Naguère, au milieu

. .. .:k .ic loaseignement et de la pratique, c'était

K .ikihcile et longue; elle m'a paru telle encore

iUiKvm malgré l'espèce de repos que les évéue-

. VuiîM plusieurs années se sont-elles écoulées

.: .;^ ixMsiome édition de ce livre a été épuisée et

.xàc-ou malgré la coopération active et éclairée

..ui U» diKîieur N\h?I Gueueau de Miissy, qui m'a

.«4^«wtK*« mkvssiures à mon travail, comme l'avaient

,^^ ^VivUenlc, le docteur Uuhuas^ do regrettable

.«kl

AYART-PIOrOS. XIHI

moire, et le docteur GrûoUa, appelé depuis Ion i h chnie de irapeutique qn'O occape avec an Intime aoooës. lette nouvelle ^tkm comprend de nombreuses additions sor la ipart des points qui sont du ressent de la pathologie générale. 18 parler de quelques considérations pfétiminaifes sur la méde* le elle-même, et qui sont placées en lâte da line, j'ai donné une tension plus grande anx chapitres oonsaoéa aux oanaea, aux nptômeSy aux altérations des liquides iwganiqaes, i rexamen crosoopique et chimique des produits morbides, eC enfin au trainent. J'ai cru devoir consacrer un article particulier i ce point Sdle et important de la pratique médicale qui a pour objet de itenir et de relever le moral des malades. Mon but principal, en composant cet ouvrage, a été de conoon» k llnstruction des élèves, de leur montrer la voie quMnloivent ivre dans l'étude de la médecine et les écueils qnlls doivent évi- '. n a eu un autre résultat encore : celui de faire connaître i 18, étrangers ou nationaux, ce qu'on peut appeler la doctrine récole de Paris, dont il est la simple expression. Cette doctrine distingue des autres, non par une de ces théories quelquefois liantes et toujours erronées, qui préteodent expliquer, k l'aide me hypothèse, tous les phénomènes de la vie, mais par une tenace constante et une impulsion active vers ce qu'il y a de positif médecine, c'est-à-dire les faits bien observés et les conséquences ioureuses qui en découlent. Elle se montre dans tous les écrits, os toutes les di8Cus8ion8, dans tons les cours publics et particure ; elle existe dans la pensée de tous, professeurs , académitts, médecins des hôpitaux, praticiens de la ville et des campées. C'est la doctrine du bon sens et du progrès, et je ne sache } que l'école de Paris ait, sous ce rapport, rien à envier aux écoanciennes ou contemporaines. « Elle a la bonne part, > et je IX croire « qu'elle ne lui sera pas enlevée. » c

pAt», n janvier 1856.

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