‹ Eléments de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 110 sur 174 · CRAMPES D^ESTOMAC · texte numérisé non relu

CRAMPES D^ESTOMAC

légères, comme un des phénomènes les plus constants de leur maladie, la cardialgie disparaît même dans les cas où la menstruation reste absente, aussitôt que Ton est parvenu à réparer le sang à Taide des ferrugineux, et le retour plus 00 moins prochain de la chlorose prouve que le mal principal n'est pas guéri. De ces otnervations il résulte que les cardialgies des chlorotiques dépendent exclusivement de l'appauvrissement du sang, et non, comme celles des femmes hystériques, des atteintes de l'appareil génital. Au nombre des cardialgies dues à un appauvrissement du sang, il faut bien encore compter ces formes qu'il n'est pas rare de rencontrer chez les tuberculeux, les convalescents, les onanistes.

2* Souvent les maladies de la matrice telles que déplacements et flexions de Tutérus, inflammations chroniques, ulcères catarrhaux et folliculaires du col, et les maladies des ovaires occasionnent des cardialgies. Elles constituent encore un des symptômes les plus fréquents de Thystérie. L'intimité du rapport qui existe entre les crampes d'estomac et les maladies des organes génitaux de la femme, devient surtout évidente dans les cas où les accès se présentent exclusivement, ou au moins avec leur plus grande intensité aux époques menstruelles. J'ai traité une femme d'une aménorrhée accompagnée de rétroflexion de l'utérus et d'érosions catarrhales des lèvres du col, chez laquelle les accès cardialgîques ne se reproduisaient que par type mensuel et avec une durée de trois jours. Dans les intervalles, les crampes d'estomac ne se présentaient que sous l'influence d'une application de sangsues au col, et généralement pendant cette application.

S"" Dans d'autres cas, la cardialgie nerveuse dépend A'une maladie de la moeUe ipinière oit du cerveau^ et l'analogie d'autres névroses permet au moins de supposer, quoique cela ne soit pas prouvé par des observations directes, que des modifications matérielles du nerf vague ou du grand sympathique, telles que des gonflements de leur névrilème, des tumeurs qui les compriment, peuvent également provoquer des cardialgies.

A^ Les cardialgies peuvent dépendre de dyscrasies. Quelquefois la malaria manifeste son influence infectante sur le sang par des accès de cardialgie, au lieu de produire la fièvre intermittente. Romberg attache une importance toute particulière à la goutte, et déjà avant le premier accès dont il fut firappé, il dit avoir souffert d'une cardialgie violente.

5* Enfin nous ne sommes souvent pas en état, ni pendant la vie, ni à l'anloprie, de saisir une circonstance étiologique servant à expliquer des cardialgies qui avaient duré des années entières.

Parmi les cardialgies nerveuses, nous devons enfin, suivant la définition donnée plus haut de cette maladie, comprendre les accès de douleur que peuvent produire en dehors de toute modification de structure des parois de l'estomac, certaine substances contenues dans sa cavité. De ce nombre sont les crampes que déterminent un simple excès d'acides, l'ascension des lombrics dans l'estomac, ainsi que certains médicaments, enfin les boissons froides et autres causes T "** blables.

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g 3. — - Symptômes et marche.

La cardialgie nerveuse, comme la plupart des névroses, se distingue d'antres maladies par sa marche typique, c'est-à-dire que des intervalles libres y sont suivis de paroxysmes violents. Quelquefois le type devient régulier, en sorte que les accès reparaissent, ou tous les jours à la même heure, ou tous les deux on trois jours.

Il n*est pas possible de donner d'un accès cardialgique une description plm succincte et plus frappante que celle de Romberg : t Subitement ou précédée d'une sensation de pression, une douleur vive se fait sentir à l'épigastre, accompagnée de constriction et s'irradiant dans le dos. En même temps survient une sensation de syncope imminente; le visage est défait, les mains et les pieds se refroidissent, le pouls devient petit et irrégulier. La douleur s'exaspère an pomt de faire pousser des cris. La région épigastrique est gonflée, semblable à une calotte de sphère, ou, ce qui arrive bien plus fréquemment, enfoncée avec rétraotion des parois abdominales. Souvent des pulsations se font sentir dans la région épigastrique. La pression extérieure est supportable, et assez souvent le nudade lui-même appuie Tépigastre contre un corps solide, ou le comprime de ses mains. Des douleurs sympathiques dans l'intérieur du thorax, sous le sternum, dans les branches cBsophagiennes du nerf vague, se font sentir assez souvent, tandis que des douleurs extérieures sont rares.

« L'accès dure de quelques minutes à une demi-heure; puis la douleur disparaît insensiblement en laissant un grand épuisement à sa suite ; d'autres fois elle se termine tout à coup, par des renvois gazeux ou accompagnés par des vomissements suivis d'une diaphorèse légère ou d'une émission d'urines colorées en rouge. >

En dehors de ces accès violents, il se produit dans l'estomac des sensations pénibles d'espèce et d'intensité variées, présentant également des alternatives de repos et de souffrance. Ces douleurs ne sont pas augmentées, mais, au contraire, diminuées par le repas; une pression du dehors tend également à les diminuer. Elles s'accompagnent, comme les premières, de douleurs sympathiques de l'intérieur de la poitrine et du dos, et de mouvements réflexes des muscles abdominaux, etc. Ce sont précisément ces accès plus légers dans lesquels manque la sensation de la syncope et de t l'anéantissement imminent de la vie > qui constituent aux yeux de Romberg les névralgies du nerf vague en opposition avec U névralgie cœliaque.

g 3. — Diagnostic.

La nature de la douleur ne fournit aucun point de repère pour la distinction entre les accès cardialgiques appartenant à l'ulcère chronique et ceux qui se manifestent dans les névralgies des nerfs de l'estomac. Dans les uns et les autres, nous constatons l'irradiation douloureuse vers le dos et la poitrine, la cessation de la douleur au milieu des renvois et de vomissements, la dépression que la douleur fait subir à l'état général. Les points suivants sont à noter poir

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te dingnoslic ililTéreiitlel de l'un et de l'autre état : 1° Dans la [ilupart des cas, les douleurs qui sunienneiit dans les ulcères sont augmentées par la pression du dehors et par le contact des aliments (pression du dedans), tandis que dans les eardialgies nerveuses, une pression sur IVpigastre ou une prise d'aliments appurle dn soulagement. 2" Dans l'ulcère chronique, les întenalles des accès sont caractérisés pr la présence de phénomènes de dyspepsie et d'autres troubles Tonctionnels de l'estomac, rien de pareil n'existe dans la cardîalgie nerveuse : i'où il résulte que dans celte dernière, la nutrition ne souffre guère, et que daos les ras où ce n'est pas l'anémie qui a occasionné la névralgie, les malades peuvent avoir un air de santé et de videur. 3° La présence de la dysménorrhée, d'une métrorrhagie, la stérilité et d'autres symptdmes qui annoncent une atteint« des organes génitaux, ainsi qu'une chlorose bien prononcée, doivent faire présumer que le mal est d'origine nerveuse ; cependant il ne Tant pas attacher une trop grande importance à ce fait; car t'ulcère chronique se rencontre également trèssouvent chez ces sortes de malades. A" La coïncidence d'autres névroses parle en faveur de la nature névralgique des accès douloureux. 5° Enfin, la crampe d'estomac proprement dite est provoquée par des causes inconnues, et se fait sentir lrès-souvent,dans un estomac vide; au contraire, les accès douloureux qui accompagnent l'ulcère suivent généralement d'assex près le repas.

i i. — Pronostic.

cardialgics ipii ont pour cause l'appauvrissement du sang permettent un inostic favorable toutes les l'ois que l'appauvrissement du sang n'est dû ni à cancer, ni à une tuberculose, ni â une autre maladie incurable. Même les ialgies qui sont sous la dépendance d'une maladie de l'utérus guérissent, si I est asseï heureux pour faire disparaître la maladie principale. ¥.a général, M encore permis de prononcer un pronostic favorable sur les cardialgies iséi l'influence delà malaria, ainsi que sur celles qui constituent un épi- Inomëne de la goutte. Par contre, le traitement des formes qui dépendent ne affection du cerveau ou de la moelle épinière, ou bien d'une crise ïninue, n'est, pour ainu dire, jamais suivi d'un résultat favorable.

i i. — Traitomenl.

l/indicftliim rnmnle exi^n' avant (ont, chez les sujets cidoroliques et anénes, un traitement ferrugineux énergique. C'est une grande faute de vouloir tder dans le traitement de la chlorose la prescription des ferrugineux, jus- .ce que l'estomac ait été < sullisammenl préparé », et d'attendre que les lenla de dyspepsie et de cardîalgie aient disparu. La dyspepsie et la lardialles chlorotiques ne cèdent jamais plus vite que sous l'influence du médient qui répare le sang. Les rnres de Pyrmont, de Drihoui^, de Cudowa, luisent d'excellents résultats dans celte affection. Parmi les préparations ■maceu tiques, celle qui convient le mieux est le saccharure de carbQiv;itK «i>$

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fer. Une excellente prescription est encore celle des pilules de Blaud (fojei TraitemerU de la chioroM). — Dans les cardialgies hystériques, une application de sangsues à rorifice de la matrice, une cautérisation au nitrate d^aingent dai ulcères que Ton rencontre autour de cet orifice, et d'autres mesures dont nom ferons mention à Toccasion des maladies de l'utérus, pourront être réclamées par l'indication causale et être suivies d'un effet surprenant. — Dans les cardialgies provenant de malaria et dans celles qui accompagnent l'arthrite goutteuse, l'indication causale se trouve également remplie par le traitement direct de cet maladies.

Vindication morbide demande avant tout les narcotiques, et parmi ceux-d l'acétate de morphine mérite la préférence sur l'extrait de jusquiame, de belladone, etc. Ordinairement on a soin d'associer ces médicaments aux antispasmodiques, surtout i la valériane, i l'asa fœtida, au castoréum. Dans ces demien temps, on a préconisé l'usage d'un mélange de teinture de noix vomique avec parties égales de teinture de castoréum (12 gouttes à prendre pendant l'accès). Le succès parait avoir répondu quelquefois à l'emploi de ce remède. Quelques médicaments métalliques, surtout le sous-nitrate de bismuth, le nitrate d^argent, le cyanure de zinc, ont également été vantés contre la cardialgie; mais comme on les administre presque toujours associés aux narcotiques, leur activité est problématique. Enfin Romberg recommande, comme moyen adjuvant, de couvrir la région épigastrique d'un emplâtre de belladone ou de galbanum safrané (emplastrum de gcUharw crocatum) (1), ou bien de faire des fri( lions avec un mélange de 30 grammes de mixture oléoso-balsamique (baume de vie de Hofimann) avec 8 grammes de teinture d'opium simple.

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