‹ Eléments de pathologie médicale; ou, Précis de médecine theórique et pratique, écrit dans l'esprit du vitalisme hippocratiqueChapitre 27 sur 86 · V. Lé sions des exhalations · texte numérisé non relu

V. Lé sions des exhalations

1° Exhalation cutanée ou transpiration. Elle peut être diminuée, supprimée ou augmentée. Ce dernier phénomène porte le nom de moiteur lorsque la transpiration est peu augmentée, et de sueur lorsqu’elle est plus abondante. La sueur est partielle ou générale, chaude ou froide, ténue, aqueuse, visqueuse, incolore ou légèrement nuancée de rouge ou de jaune, d’une odeur ordinairement un peu acide, quelquefois fétide, etc.

2° Exhalation muqueuse. La sécrétion du liquide visqueux qui se fait à la surface des membranes muqueuses peut être supprimée, diminuée ou augmentée. Dans ce dernier cas, sa couleur, son odeur, sa consistance sont également changées et altérées, comme on le voit par les crachats dans la bronchite, par le liquide jaunâtre et verdâtre qui s’écoule de l’urètre dans la blennorrhagie , par l’écoulement blanchâtre de la leucorrhée, etc.

3° Exhalation séreuse. Le mode principal d’altération de cette exhalation consiste dans son augmentation , par suite de laquelle les membranes séreuses se remplissent a la longue d’un liquide aqueux, ce qui constitue ce qu’on appelle hydropisies.

4° Exhalation graisseuse. La quantité de graisse déposée dans les mailles du tissu cellulaire peut augmenter tellement, que les sujets qui présentent cette disposition acquièrent un volume vraiment monstrueux par leur obésité. Dans des circonstances beaucoup plus communes, la graisse diminue, et même disparaît entièrement. Ce phénomène, nommé amaigrissement, s’observe dans une foule de maladies.

5° Exhalation synoviale. Elle diminue dans plusieurs circon-

PATHOLOGIE GÉNÉRALE

stances, et alors les mouvements des articulations deviennent roides et difficiles; elle augmente dans les hydropisies de ces parties.

6° Exhalation nutritive. La nutrition peut pécher également par excès et par défaut. L’augmentation de volume de beaucoup d’organes, tels, par exemple, que les muscles extérieurs, est un avantage et non une maladie ; il n’en est pas de même de plusieurs organes intérieurs, qui ne peuvent bien remplir leurs fonctions qu’en conservant toujours a peu près les mêmes dimensions. Ainsi, l’augmentation de nutrition, et par conséquent de volume du cœur, du cerveau, du poumon, etc., produit des maladies graves, auxquelles on donne le nom à'hypertrophies. La diminution de nutrition est beaucoup plus commune que son augmentation. Elle donne lieu a un amaigrissement bien plus considérable que celui qui résulte de la perte de la graisse. Lorsqu’elle est portée très-loin et qu’elle ne s’applique qu’à un organe ou à un petit nombre, elle donne lieu à l’atrophie de ces parties.

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