‹ Eléments de pathologie médicale; ou, Précis de médecine theórique et pratique, écrit dans l'esprit du vitalisme hippocratiqueChapitre 34 sur 86 · TERMINAISONS DES MALADIES · texte numérisé non relu

TERMINAISONS DES MALADIES

Les maladies se terminent d’une des trois manières suivantes : 1° par le retour a la santé ou la guérison-, 2° par une autre maladie; 3° par la mort.

§ 1er. Terminaison par la guérison.

La guérison est marquée par le rétablissement des fonctions et la cessation des phénomènes morbides. Tantôt elle arrive graduellement et sans aucun symptôme nouveau, tantôt elle est précédée de quelque changement rapide joint a une évacuation ou a tout autre phénomène remarquable.

On donne le nom de crise a ce dernier mode de terminaison. Les phénomènes critiques peuvent survenir dans la plupart des organes de l’économie. Ce sont : 1° dans les membranes muqueuses, des hémorrhagies, une sécrétion abondante de mucosités, un flux séreux des aphthes, etc.; 2° a la peau,

SYMPTOMATOLOGIE.

la moiteur, la sueur, des exanthèmes et éruptions de toute espèce , aiguës ou chroniques 5 3° dans les organes sécrétoires, un écoulement abondant de salive, des selles bilieuses, une urine copieuse et sédimenteuse, etc. 5 4° dans le tissu cellulaire, un abcès, de l’œdématie. Nous 11e suivrons point tous les organes qui peuvent être le siège de phénomènes critiques , puisqu'il n’en est pas un peut-être qui ne puisse en présenter • ce que nous venons de dire suffit pour en donner une idée.

Les crises sont évidemment le résultat de la tendance de la nature a éliminer la cause des maladies -, quoique cette tendance soit toujours salutaire et médicatrice , elle devient quelquefois funeste par une sorte d’erreur de lieu : c’est-a-dire que l’écoulement critique de sang , de pus ou de sérosité, au lieu de se faire au dehors et d’emporter le principe du mal, peut avoir lieu dans des organes intérieurs essentiels a la vie et occasionner ainsi une nouvelle maladie plus ou moins grave et quelquefois mortelle. Les crises de cette dernière espèce sont celles qu’on a appelées mal placées. Les crises qui sont suivies d’une entière guérison des maladies sont dites complètes ; celles qui ne procurent qu’une amélioration des symptômes sont désignées sous le nom d’ incomplètes.

C’est la nature, c’est-a-dire la force vitale, qui guérit les maladies , soit seule, soit aidée par l’art ( natura morborum medicatrix). Elle emploie pour cela trois procédés : 1° le procédé d’expulsion ou d’élimination, par lequel elle chasse au dehors, par une crise , la cause morbifique : c’est ce qui arrive le plus souvent - 2° le procédé de neutralisation, lorsqu’elle surmonte la cause du mal sans provoquer aucun phénomène nouveau ; 3° le procédé de régénération ou de réparation , comme on le voit dans la guérison des plaies , des ulcères, des fractures, etc.

Lorsqu’une maladie s’est terminée par la guérison , il s'écoule encore un certain temps pour que le sujet qui en était atteint ait recouvré ses forces et sa santé première. On appelle convalescence cet état intermédiaire a la maladie qui n’existe plus et a la santé qui n’est pas encore achevée.

Lne maladie qui vient de se terminer reparaît quelquefois

PATHOLOGIE GÉNÉRALE

avant que la convalescence soit achevée-, ou bien , après s’être déjà manifestée une ou plusieurs fois , elle revient de nouveau après l’entier rétablissement de la santé , c’est ce qui constitue la rechute et la récidive.

§ 2. Terminaison par une autre maladie.

Quelquefois une maladie cesse en laissant après elle une autre affection qui tantôt est une de ses suites naturelles, tantôt le résultat d’une crise mal placée , tantôt enfin une transformation , un déplacement de la maladie primitive. On donne a ce dernier phénomène le nom de métastase.

On donne le nom de phénomènes consécutifs à divers dérangements de fonctions qui persistent ou qui surviennent après la terminaison des maladies.

§ 3. Terminaison par la mort.

Cette funeste terminaison peut arriver de différentes manières : 1° la cause morbifique agit parfois avec une telle violence ou avec un caractère si délétère que la nature ne peut lui opposer aucune résistance et que la mort survient subitement ou en très-peu de temps ; 2° d’autres fois la réaction vitale tue elle-même les malades par sa violence 5 3° dans d'autres circonstances, la cause morbifique augmente graduellement et lentement d’intensité, la nature ne fait pas des efforts suffisants pour la surmonter, et finit par succomber aux progrès du mal 5 4° enfin il peut arriver qu’une évacuation critique , que la nature provoque pour guérir le malade , devienne elle-même , par une erreur de lieu, la cause de la mort.

La mort peut être subite ou lente, précédée ou non d'agonie; elle a lieu quelquefois après quelques exaspérations dans les symptômes.

Parmi les maladies qui se terminent d’une manière funeste , les unes laissent dans les organes qui en étaient atteints des altérations plus ou moins graves de texture, de conformation ou des liquides ; les autres ne sont suivies d’aucune espèce

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