ANATOMIE PATHOLOGIQUE
aux lésions organiques envisagées comme causes, el d’avoir jelé un grand jour sur le diagnostic et le pronostic de ces affections. Mais il est arrivé de cette science comme de toutes les nouvelles acquisitions ; on en a abusé en exagérant son importance et en voulant en faire la base unique de la pathologie et de la thérapeutique. On a prétendu de nos jours, et une foule d’auteurs modernes prétendent encore que toutes les maladies sont primitivement locales, et résultent de lésions anatomiques des organes, et, en second lieu , que leur traitement doit être uniquement fondé sur celte considération. Quelques mots suffiront pour réfuter cette opinion : 1° il existe une foule d’affections dans lesquelles l’ouverture des cadavres ne révèle aucune espèce d’altération, et où, par conséquent, l’anatomie pathologique est muette pour expliquer les phénomènes morbides 5 2° dans un certain nombre d’autres, les lésions ont commencé a déceler leur existence a une époque si avancée de leur cours, qu’on ne peut les envisager que comme des effets, des résultats du trouble général de l’organisme ; 3° parmi celles où l’altération anatomique a été évidemment l’origine des désordres fonctionnels, on est obligé de reconnaître qu’il en est beaucoup où cette altération physique a été précédée d’une altération vitale qui a donné lieu aux premiers symptômes de la maladie ; 4° l’autopsie ne nous fait connaître que le dernier état de ces altérations, et non les changements graduels par lesquels elles ont dû passer pour arriver aux apparences que nous apercevons *, nous voyons l’organe altéré et mort , et non l’organe altéré et vivant, ce qui diffère comme la vie diffère de la mort ■ 5° enfin l’anatomie pathologique jette très-peu de jour sur la thérapeutique , science entièrement appuyée sur l’observation directe, sur un empirisme raisonné, c’est-a-dire sur les résultats immédiats d’une expérience longue et répétée. L’étude des lésions anatomiques, considérées généralement comme incurables, a été très-funeste au traitement des maladies, en réduisant singulièrement le nombre des agents thérapeutiques, et en restreignant dans des bornes très-étroites la puissance de la nature et de l’art.
PATHOLOGIE GÉNÉRALE