‹ Éléments de philosophie biologiqueChapitre 81 sur 92 · LA FECONDATION · texte numérisé non relu

LA FECONDATION

Dans les cas les plus fréquents, il n'en est pas ainsi ; l'œuf provient de la fusion d'un spermatozoïde et d'un ovule empruntés à deux parents différents^ et ayant par conséquent, des patrimoines héréditaires différents. Evidemment, l'idée qu'on se fera de la formation du nouveau patrimoine héréditaire dans l'acte de la fécondation dépendra de l'idée qu'on se sera faite d'abord de la nature de la maturation sexuelle et, par suite, de la manière dont s'effectue la fécondation dans le détail. Quelle que soit la théorie à laquelle on se rattache, il est toujours un point commun à toutes, c'est que ce qui est commun au père et à la mère se transmet intégralement au tils dans l'acte de la fécondation. Il n'y a de discussion que pour les caractères qui diffèrent de l'un à l'autre des progéniteurs. Par exemple, deux êtres de même espèce et de même race ont toujours des enfants de même espèce et de même race qu'eux-mêmes.

Quant aux caractères qui diffèrent chez le père et chez la mère, aux caractères individuels, les écoles biologiques soutiennent à ce sujet des thèses opposées :

Les néo-darwiniens qui, avec Weismann, nient l'hérédité des caractères acquis, ne trouvent d'autre cause de variation que le mélange des sexes ou amphimixie ; ils considèrent donc les fécondations successives comme introduisant dans le monde vivant une série de variations fortuites, entre lesquelles choisit la sélection naturelle.

Les néo-lamarckiens au contraire, considèrent

LA niPOLARITK

avec Herbert Spencer, que la reproduction sexuelle fait disparaître les variations fortuites et maintient, par conséquent, le type moyen de l'espèce. Il me semble que l'observation vérifie la théorie d'Herbert Spencer; d'autre part, il suffit de réfléchir un instant pour comprendre que, dans notre manière de concevoir les phénomènes sexuels, le rôle de l'amphimixie comme î^ardien du type moyen de l'espèce, est évident \ En conséquence, le rôle de la reproduction sexuelle dans la formation des espèces nous apparaît comme un simple régulateur des évolutions adaptées.

Nous verrons cependant, dans la prochaine partie de cet ouvrage, que l'amphimixie peutréaliser, dans certains cas, des variations ^rz^^^z/e^ que De Vries a si bien étudiées sous le nom de mutatiojisetque l'on appelle aussi variations sportives. Mais le rôle des mutations dans la formation des espèces ne me paraît pas avoir l'importance que tend à lui attribuer aujourd'hui l'école néo-darwinienne.

Les caractères sexuels secondaires. — Il faut signaler, à propos de la question sexuelle, les différences si remarquables qui existent entre le mâle et la femelle chez certains animaux à sexes séparés comme l'homme, le coq, etc.. Les expériences de castration ont prouvé que l'organe génital joue un rôle niorphogene dans la production de ces différences ; mais il faut bien admet-

I. J'ai développé ces considérations dans mon Traité de Biologie. Paris, F. Alcan.

LA Fi:coyDATio.\

tre aussi que, si le parasite génital ^ mâle a une influence sur le corps qu'il habite, ce corps a, de de son côté une intluence sur le parasite génital en déterminant le sens sexuel dans lequel il mûrit. La question de la nature et de la détermination du sexe corporel est très discutée. On donne le nom de caractères sexuels secondaires à tous les caractères qui apparaissent dans le corps sous l'iniiuence de l'organe génital, et que la castration fait disparaître si elle est réalisée à un stade assez précoce.

I. Je dis parasite génital à cause de ce que nous avons vu précédemment que l'organe génital est comparable au prothalle.

Page 1