Parole
La parole se compose de certains sons et bruits que l'air expiré |>roduit dans les cavités au-dessus du larynx et qui servent par euxmêmes pour le langage dans le chuchotement, ou qui forment la [larole articulée (haute) une fois réunis aux sons de la voix. Ces éléments se divisent en vovelles et en consonnes ; leur différence conûste en ce que les consonnes sont des bruits réellement indéfinissables, tandis que les voyelles ont le caractère de vrais sons ; dans le chuchotement ces dernières sont formées dans la cavité buccale et sont pour ainsi dire des bruits avec un son prédominant dont on peut léterminer la hauteur. Dans la parole articulée et haute elles sont somme des modifications du son de la voix , résultant de ce que quel- {oes tons partiels de cette dernière sont renforcés par les sons accessoires qui se produisent dans la bouche.
Voyelles.
1 . Dans le chuchotement les voyelles proviennent de ce que la ^f ilë buccale prend diverses formes qui donnent naturellement une jihysionomie particulière aux bruits produits par l'air expiré. Si l'on
compare avec quelque attention plusieurs voyelles entre elles, on distingue certaines hauteurs de son qui, chez difTérentes personnes, quels que soient leur âge, leur sexe, concordent parfaitement pour une même voyelle et peuvent être déterminées au clavier. (Donders, WiHis.) Ce sont là les sons propres de la cavité buccale dans laquelle a^it un courant d'air. On peut encore mieux trouver la hauteur des sons par la résonnance en portant des diapasons que Ton frappe devant la bouche disposée pour émettre une voyelle; si Ton rencontre le diapason dont le ton fondamental concorde précisément avec le ton de la cavité buccale, le son qu'il produit est immédiatement reiCoroé. (Helmholtz.) La forme de la cavité buccale (voy. plus bas) est pour 17 (ou) et 0 celle d'une bouteille ronde dont le cou est trèà-court, pour A celle d'un entonnoir large par devant, pour £ et / celle d*iioe bouteille ronde avec un cou long et étroit, etc. Les tons de la cavité buccale correspondent aux tons propres des bouteilles de cette forme, ce sont : pour Ou, fa}; pour 0, si^^; pourri, si^^; pour if, £, i, il y a deux sons propres, l'un pour le ventre, l'autre pour le cou : pour AI, sol* et re*; pour £, fa* et si^*; pour I, fa^ (?) et re*; pour Eu, fa* et sol*— la^*\ pour U, /a* et sol* — la ^*. (Helmholti.) Les sons éprouvent des changements importants suivant la prononciation. La constance du son propre pour la même voyelle, étant données différentes grandeurs de la cavité buccale, s'explique par les changements proportionnels de l'ouverture de la bouche. Les différentes formes de la cavité buccale se réalisent de la manière suiirante : d'abord, pour toutes les voyelles, il faut que le voile du palais soit levé et empêche le courant d'air de pénétrer ailleurs que dans li cavité buccale. S'il eu est autrement, les voyelles prononcées à haute voix acquièrent le caractère nasal. Le soulèvement du voile du palais est le moins complet pour A , viennent ensuite £, 0, /. Quand on prononce A* la cavité buccale est très-élargie parce que la langue est abaissée, et la bouche largement ouverte a la forme d'un entonnoir. Pour 0 et Ou la forme de bouteille sphérique se produit par le soulèvement de la racine de la langue et le rétrécissement de la bouche, qui ne laisse qu'une petite ouverture, étroite surtout pour Ou ; quand on prononce Al, E, i, la langue se rapproche de la voûte du palais, d'où résulte la forme de bouteille à long cou, etc Pour toutes les voyelles, excepté Ou, le larynx fait un mouvement en haut très-peu prononcé pour 0 et qui augmente graduellement jwur A,E,1 ({},
1* Il est important de remarquer que, dans tout ce chapitre, la pronondalioir , des lettres doit être allemande; c'est ainsi que Vu doit être prononcé on. Les signes ,,
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2. Uuand les voyelles sont prononcées à haute voix, le ton propre de la cavité buccale renforce le ton partiel correspondant du son la voix. 11 en résulte que les voyelles peuvent être chantées avec le plus d'effet sur les notes qui ont un ton supérieur harmonique correspondant au ton propre de la cavité buccale, et, déplus, que les sons de voyelles pris en particulier ne se distinguent point par les numéros d'ordre des tons partiels renforcés, mais par leur hauteur absolue.
L'analyse des sons vocaux peut s'effectuer facilement au moyen des résonnateurs que nous avons déjà indiqués. — Pour reproduire le scm vdbal synthétiquement il suffit de mettre à découvert les cordes d'un clavier et de chanter fortement la voyelle à trés-peu de distance ; toutes les cordes dans les tons sont contenus comme tons partiels dans le son de la voyelle, résonnent alors dans le rapport d'intensité correspondant et l'on entend la voyelle chantée non-seulement comme ton, mais comme voyelle. — La synthèse directe par les tons simples est plus instructive : on met en vibration, au moyen d'un électroaimant, une série de diapasons qui correspondent aux tons supérieurs harmoniques d'un ton fondamental [par exemple, W^^^^*, fa*^ «/^', re*, /a*, la\^^, «j,», ré\ /a^S /a» (?•?), «t^» (?•?); ces deux dernières devraient être contrôlées (Locury)]; le courant est ouvert et fermé par un diapason dont les vibrations sont entretenues au moyen d'un appareil particulier. Les diapasons étant placés sur du caoutchouc, leurs sons ne peuvent être entendus; mais devant chacun d'eux est placé un tuyau de résonnance accordé sur leur ton fondamental ; dés qu'il est ouvert, le ton fondamental du diapason, par conséquent un ton simple se fait entendre. On peut maintenant faire résonner et combiner à volonté chaque ton spécial avec plus ou moins de force, suivant l'ouverture que l'on donne aux tuyaux de résonnance au moyen de touches disposées à cet effet. On obtient aussi synthétiquement
qui servent a désigner les notes sont, dans le texte allemand, représentes par des lettres, et ont les valeurs suivantes, que nous croyons utile de mentionner pour les personues qui s'occupent de cette question :
Do est représenté par c.
hé
Fa
Sol
Si
Sur toutes ces questions, voir pour des renseignements plus nombreux la tra- \luction de l'ouvrage d'Hclmholtz. — K. 0.
308 VOIX ET L4NGAGË.
non-seulement les sons de la voix, mais encore les son^ caractéristiques des divers instruments. (Helmhoitz.)
Les diphthongues se produisent quand il s*opère dans la bouche un changement de forme pour passer d'une voyelle à une autre; elles consistent en deux sons qui se suivent rapidement.
Consonnes. ^
Les sons de la voix désignés sous le nom de consonnes proviennent tous de ce que Tair expiré; en passant par rarriére-bouche et le tuyau vocal, y fait vibrer sans les faire résonner certaines parties trèsmobiles; les consonnes ont un son différent suivant que la voix se forme ou non dans le larynx. Le rétrécissement ou l'occlusion de trois parties du canal jouent ici le principal rôle ; ce sont : l"" Vocdnskm des lèvresy formée soit par les deux lèvres, soit par la lèvre inférieure et la rangée supérieure des dents incisives, soit par la lèvre supérieure et la rangée inférieure des mêmes dents ; 2® Voccltuion de la langue, formée par la pointe de la langue et la partie antérieure du palais ou le revers des dents incisives supérieures ; 5** YoccIumùm du palais, formée par le voile du palais et la racine de la langue ; — on compte donc trois séries de consonnes, les labiales, les linguales et les palatines ou gutturales.
Voici les sons ou bruits qui peuvent se produire à chacune de ce!> trois places de rétrécissement ou d'occlusion. (Brûcke.)
1 . Sons explosifs, — Us proviennent de Touverlure subite de l'issue jusqu'alors fermée ou de l'occlusion subite de l'issue jusqu'alors ouverte : a) sans voix : P, T,K; — b) avec la voix : B, D ((iÂ? allemand?), comme P ne diffère de U (et de même 7' de D, K de G) que par la présence ou l'absence de la voix, aucune distinction u'esl possible dans le chuchotement et B y devient P, etc.
2. Sons ou bruits de frottement (aspirées). — Quand l'occlusion ne se fait pas exactement et qu'il reste une petite place par laquelle l'air expiré (ou inspiré) peut sortir, il en résulte un bruit : a) sans la voix: F (F), fort S, Ch ; — b) avec la voix : V ou W, doux S, J, — Outre la forte S, il peut so former encore à la port^ de la langue un second bruit de frottement L, quand l'occlusion est complète par devant el que l'air ne peut s'échapper que sur les côtés entre les dents molaires- — Par aspiration de deux fentes étroites qui se suivent, notanunent entre la pointe de la langue et la voiite du palais, et entre les deux rangées de dents incisives, il se produit : sans voix : Ch ; avec k
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'oix : J. — Si 1*011 forme une scissure entre la pointe de la langue ;t les deux rangées de dents incisives, il en résulte par aspiration ; ans voix : le Th anglais dur (dans thing);'a2;ec la^oix : le Tk 4oux dans the); -^ le Ch (allemand) peut étre|on0ë un peu plus en avant dans (( ich ») et un peu plus en arrière (dans « ach »).
F et F diffèrent entre eux comme P et B, etc., dans le chucliote- Dent la prpnondation de >Fest impossible..
5. Résonnantes. — L'ouverture est q^|mplétement fermée, et le roile du palais étant abaissé, l'expiration se fait par le nez pendant [ue la voix résonne en même temps : M, N — N nasal. Ces sons ne (e produisent pas dans le chucliotement.
4. Sons tremblotants. — Quand la partie du tuyau qui se rétrécit îsl relâchée, et que le courant d'air expiré Tagite comme une languette, il en résulte des vibrations qui sont trop lentes pour produire in ton ; il se produit trois sortes d'K, l'une labiale qui ne se présente [Ms dans les langues européennes, une autre linguale et la troisième ^tlurale, toutes deux plus ou moins répandues suivant les dialectes ît l'habitude.
Les consonnes peuvent donc se grouper de la manière suivante :