DE LA GENERATION
La ressemblance des organisâmes produits avec les op^aiiismes pi»ducteurs ne s^étend pas seulement à la forme générale, mais encore à des formes particuliers qui caractérisent non le genre ou Tespéce, mais ce qu'on nomme la variété; de sorte que des particularités de forme d*origine accidentelle s^héritent facilement. C'est en s'appuyant sur ce fait qu'on a essayé d'expliquer l'origine des genres et des espèces par des variétés de forme passées en héritage et développées de plus en plus. (Darvirin.) L'explication de ces formes et de leur développement repose sur cette donnée , base du système, que parmi des organismes en voie de se produire une fraction seulement trouve les conditions et les ressources nécessaiies pour subsister, et qu'en conséquence il existe alors une lutte i mort entre ces divers organismes. Les vainqueurs seront évidemment toujours ceux dont les facultés sont le mieux appropriées aux circonstances locales. Si donc dans une espèce d'animaux une variation de forme s'est produite d'une façon quelconque, en vertu de laquelle ils sont rendus plus aptes à vivre dans le milieu existant (par exemple à se procurer leur nourriture, supporter les intempéries des saisons,
[HUloloyie, p. 28. j — En Angleteri^*, iiou-seulement Huxley se déclare héiéro- ^'éniste, mais, comme le constate un article de Ihe Laticct (13 février 1809) : c le symptôme le plus frappant de la tendance gént^rale de l'opinion , est la conversioii à riiélérogénie du professeur Owen, le grand champion de Torthodoxie Ihéwlogique dans les sciences (But the most slriking symptoni of thc gênerai tendeucy of opinion is the conversion of professer Owen , that great clianipion of teologicaï orlliodoxy in science — to views vhich lo a good many worthy folk will seem perfectly awful). »
Les adversaires de Taxiome omnis ccllula c celluia ne contestent nullement que dans plusieurs cas les cellules nouvelles proviennent directement de cellules préexistantes, mais ils n'admettent pas que ce soit une loi générale. Les rechercbe> liistologiques ont montré que la membrane enveloppante n*est pas une conditioii nécessaire de la cellule ; souvent elle n'apparaît jamais, et dans tous les cas, elle n'existe que chez les cellules vieilles. Il ne reste donc que le noyau et la suli<tance amorphe qui l'entoure, et que quelques auteui-s appellent protoplasma. On comprend facilement que le noyau doive avoir une grande importance, c'est une particule de matière organique concentrée; c'est par conséquent méine physiquement un centre d'attraction. On sait combien, dans une solution saline, une particultsolide quelconque a d'influence sur la formation et le groupement des cristaux.
Mais on ne peut cependant, comme le veut Max Schultie faire du uoyau Li condition indispensable de l'élément anatoniique, car le noyau n'appaimlt souvent que comme un épaississemenl de la matière amorphe, c'est ainsi que dans lea globules sanguins de l'écrevisse, on ne peut le séparer ni le limiter. De plus, dan> d'autres élémenis anatomiques, il n'existe pas de noyau, et l'exemple le plu;» frappant est le globule rouge de la plupart des mammifères. Enfin, la genè^^ dv nouvelles cellules se fait indépendannnent du noyau. Tirchow lui-même a obst*r\f ce fait, sans remarquer combien il était favorable à la théorie qui admet qu'il peut naître un élément anatoinique au milieu d'une substance amorphe. Dans rintérieur de cellules, Vircliow a vu se développer de nouveaux éléments, développement qui
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combattre leurs ennemis, attirer l*autrc sexe à l*accouplement, etc., ces circonstances étant données, ils auront la supériorité dans cette lutte, et leur manière d*étre particulière, se maintenant par l'hérédité, s'éloignera de plus en plus de la forme primitive par des variations continuelles dans le même sens. 11 peut ainsi se former d'une même descendance, dans des localités diverses, assez de variétés pour qu'il en sorte de nouvelles espèces et de ces espèces des genres nouveaux. S'il est impossible de retrouver les formes qui ont servi de transition d'une espèce à l'autre, c'est que, parmi les espèces provenant d'une môme souche, celles qui possédaient les formes extrêmes ont pris le moins de part au combat, tandis que les espèces moyennes y ont le plus facilement succombé. En poursuivant les conséquences de ce principe dans le sens inverse, on arriverait à conclure que toutes les formes animales (et végétales) proviennent seulement d'un petit nombre de formes primitives et peutêtre d'une seule. Ces vues de Darwin ont encore un autre côté fécond ; elles remplacent en effet et rendent inutiles, même dans les détails, tous les points de vue théologiques, en montrant que de toutes les
Jic s'opère pas par la segmentation de ceUules préexistantes, mais qui se passe dans des vésicules particulières, véritable:! sphères de générations pppelées « espaçai tjénérateun. »
Le noyau même n*est donc pas toujours le point de départ de la genèse de nouveaux éléments, et celle-ci peut se faire au sein d'une substance amorphe. Nous ne voulons pas apporter ici, à l'appui de cette théorie, des expériences i)crsoimelles, mais nous ferons remarquer combien les nouYclIcs théories allemandes sont contraires à la théorie cellulaire. Le protoplasma est presque synonyme de blastéme; et tous deux désignent une substance amorphe vivante.
Entre les faits soutenus par M. Schwann et par 31. Robin et ceux qu'accepte M. Kœlliker dans sa nouvelle édition, il y a plus que de l'analogie. « Il y a, dit Kœlliker, quatre périodes dans la vie des cellules : 1* la période des sphères de protoplasme ou des protoblastes sans noyau, t la phase des sphères de protoplasme avec noyau, mais sans membrane d enveloppe ou des protoblastes à noyau, 3* la période des vraies cellules, i** la période des cellules transformées. » Qu'est-ce donc que la première période, si ce n'est celle de la substance vivante amorphe? Que cela soit appelé blastéme ou sphère de protoplasina, cela n'en est pas moins la môinc idée et le même phénomène.
Ailleurs, M. Kœlliker s'exprime ainsi : « L'étude des premières phases du développement des insectes, convenablement interprétée (Voy. Weismann, die Knlwikl. der Dipiereth 1804]» permet d'admettre que dans un protoplasme un grand nombiv de noyaux peuvent appparaltrc simultanément et indéi)endamment et que consécutivement s'opère la division en protoblastes multiples. »
Enfin, pour le tissu élastique, M. Kœlliker revient sur ses opinions premières. f Quant au développement, dit-il, on peut considérer comme certain que les libres élastiques ne iirocèdcnt ni de noyaux ni de cellules, et qu'elles résultent simplement d'une transformation spéciale que subit la substance fondamentale du tissu coiyonctif. »
Si nous avons insisté longuement sur ces faits, c'est ({u'au itoint de vue physiolo^
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formations d'origine accidentelle celles-là seulement ont pu se maintenir qui étaient les plus régulières et les plus conformes à un bul, tandis que les autres ont dû périr, et qu*il en est toujours ainsi. Comme Télevage artificiel des animaux met également à profit rhérédite de certaines de leurs propriétés les plus avantageuses et les développe en favorisant la propagation des individus qui en sont doués, l'auteur de ce système a désigné son principe sous le nom de sélection naturelle (natural sélection).
Formes de la génération.
Les formes fondamentales de la génération sont les suivantes : l"" Scission d*un organisme en plusieurs parties d'égale valeur qui ont une vie indépendante, unies ou séparées, et atteignent les dimensions de l'organisme primitif {génération par fractionnement). Ce mode comprend la persistance souvent observée de fractions d'animaux dont le corps est divisé d'une façon particulière.
2® Scission d'une partie constituante de l'ancien organisme, qui se développe librement avec lui ou sans lui, tandis qu'il continue de subsister. Si la partie qui se scinde est une partie essentielle, multicellulaire, de l'organisme ancien, et reste unie à lui quelque temps ou pour toujours, on nomme cet ensemble de phénomènes reproduction jHir gemmation, ou génération gemmipare. Si cette partie n'est qu'une cellule unique qui se développe sans aucune liaison organique avec l'organisme maternel , il en résulte ce qu'on nomme génération
gique ils ont une influence très-grande. I^ théorie cellulaire met dans la cdluW le point de départ de toutes les manifestations vitales, elle s'arrête à b forme cellulaire et ne se préoccupe pas des substances amorphes, la théorie contraire, qut nous appellerions volontiers la théorie moléculaire fifVirme l'imporlance de b coostitution moléculaire, en dehors de toute forme extérieure. lia forme peut-être môme pour le cristal) n'est qu'un état plus parfait de b matière. Toute matière organique qui se nourrit est vivante, qu'elle soit composée de particules syant un aspect défini et limité, ou qu'elle soit complètement amoi*phe ; la cellule n'est qu'une modification, un perfectionnement de la substance organique amorphe. Nous voyons, en effet, qu'à mesure qu'on s'élève dans réchelle animale, les éléments anatomiques deviennent plus nombreux et plus distincts. La substance contractile, par exemple, est composée, chez les animaux inférieurs (méduses;, d'une masse amorphe, et ce n'est que chez les animaux plus élevés que cette substance prend la forme spéciale de fibre musculaire.
En physique, en chimie, on est arrivé à réduire toi:s les phénomènes à des mouvements particuliers d'atomes et de molécules, et nous ne pouvons qu'indiquer ia combien il est logique d'intt\>duire ces découvertes dans les sciences biologique». 11 suffît de citer l'influence des virus, des venins, des miasmes, etc., pour montnr combien ces idées peuvent être fécondes pour ia médecine. — E. 0.