Sueur
La sueur est sécrétée par les nombreuses glandes sudoripares de la peau, glandes tubuleuses, dont rextrémité interne ou cœcum s'enroule en peloton et se trouTe, soit dans le chorion, soit dans le tissu cdlulaire sous-cutané, et dont Textrémité externe débouche librement à la surface de la peau (pores).
La sueur expulse généralement du corps les mêmes matières que l'orine, dont elle ne diffère peut-être qu'en ce qu'elle n'est pas constamment sécrétée et qu'elle se répand sur toute la surface ; de MMrte qu'elle a encore pour action de régulariser la température. Au pûnt de vue morphologique , les glandes sudoripares seraient ainsi ifec les reins dans le même rapport que les glandes muqueuses avec les glandes salivaires, les glandes de Brunner avec le pancréas, les glandes sébacées avec les glandes mammaires.
On obtient de grandes quantités de sueur, soit en plaçant le corps sur une gouttière de métal inclinée, en prenant un bain de vapeur, Boit en se couvrant d'un vêtement bien fermé et imperméable (guttapercha) communiquant avec un vase collecteur. La sueur ainsi obtenue est presque toujours souillée de matières sébacées et de desquamations de Tëpiderme.
La sueur est un liquide incolore claire, de réaction acide et d'odeur variable (suivant les parties de la peau). Ses principes constituants sont: 1^ l'eau; 2^ les sels ordinaires; 3*^ l'urée et peut-être d'autres produits de l'oxydation de corps azotés, par exemple, d'après Favre, un acide sudorique ; 4"* des traces d'un principe colorant (Schottin); 5*^ des graisses; 6* divers acides gras volatils (acides formique, acétique, butyrique, propionique, etc.).
Les graisses prédominent tellement dans la sécrétion des glandes sudoripares du conduit externe de l'oreille, que cette sécrétion (le cérumen) ressemble plus à la matière sébacée qu'à la sueur, l^a sueur est très-facile ù analyser. Si l'analyse attaque d'abord les parties graisseuses, il en résulte une odeur d'acides aromatiques et une
m ^ SUEUR.
réaction acide; si les éléments azotés se décomposent les premiers, il se produit de l'ammoniac et une réaction alcalin.
Sécrétion,
La sécrétion de la sueur ne s'effectue que dans certaines circonstances. Elle consiste très-probablement d*une part en unetranssudation, de l'autre en une activité propre aux cellules des glandes sudoripares; c'est de celles-ci dans tous les cas que la graisse provient, car elles sont remplies de gouttes graisseuses, et d'autant plus que la sécrétion est plus riche en graisses ou en acides gras. La sécrétion est activée : 1® par tout ce qui élève la pression dans les capillaires des glandes sudoripares, c'est-à-dire a. par l'accroissement de la pression du sang en général (par exemple à la suite d'une forte absorption d*eau) ; b. par l'élévation de la température du corps ou du milieu dans lequel il se trouve» ce qui produit une dilatation des artères adductrices. Dans ce cas, la sécrétion de la sueur est surtout importante, parce que son évaporation enlève au corps de la chaleur et le refroidit (voy. cb. ix); 2*" par une plus grande richesse du sang en éléments sudorifiques, surtout en eau. C'est pour cette cause et d'autres encore que des boissons chaudes et prises en quantité activent la sueur. On ne sait point jusqu'à quel degré doivent s'élever ces diverses influences pour donner lieu k la sécrétion. Quant aux quantités sécrétées, elles sont naturellement extrêmement variables. Il se passe souvent des mois sans sécrétion aucune, tandis qu'à d'autres époques la quantité de sueur fournie par heure peut s'élever jusqu'à 1)600 grammes et au delà. (Pavre.) I^a sécrétion s'effectue principalement sur les surfaces de la peau pourvues de nombreuses et larges glandes sudoripares (front, aisselles, plante des pieds, paume de la main), etc.
D'après l'effet connu d'un grand nombre d'émotions, il est vraisemblable que le système nerveux agit sur la formation de la sueur ; mais on ignore de quelle manière, et l'on n'a point poursuivi les nerfs jusqu'aux glandes. On se borne donc provisoirement à admettre seulement les influences vaso-motrices. De même que dans l'urine, certaines substances prises avec les aliments passent dans la sueur, sans avoir subi de décomposition. Lorsqu'on absorbe de l'acide benzoîque, on trouve dans la sueur, comme dans l'urine de l'acide hippurique. (Heissner.)