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CONSÉQUENCES DU MANQUE D'OXYGÈNE

à la suite de la fermeture spasinodique de la glotte, de raccuiiuilation de produits pathologiques dans les bronches (nnicus) ; du relâchement des poumons consécutifs à l'entrée de Tair ou d'un liquide dans ia plèvre (Pneumothorax, exsudations pleurétiques) ; de la destruction partielle des poumons (tuberculose) ; de la cessation des mouvements respiratoires, enfin de l'oblitération (embolie) de Tartère pulmonaire. La première conséquence du manque d'oxygène dans le sang, à la suite des circonstances indiquées, est une accumulation d'acide carbonique qui produit aussitôt, à l'aide des muscles accessoires, un ralentissement et un accroissement d'intensité des mouvements respiratoires, auxquels on donne le nom de dyspnée. La dyspnée est un acte régulateur, car dans la plupart des cas, elle amène une élévation du contenu d'oxygène dans le sang, et cesse d'elle-même peu à peu, à moins que l'oxygène manque complètement dans le milieu respirable ou que l'accès des gaz dans les alvéoles soit tout à fait ini* possible.

Si l'oxygène du sang continue à faire défaut de plus en plus, il survient des crampes générales des muscles du corps (convulsions cloniques) ; le centre de ces excitations se trouve également dans la moelle allongée, de sorte que l'on doit admettre que l'irritation, quand elle a atteint un certain degré, passe du centre respiratoire à d'autres centres voisins plus difficilement irritables. On ne sait pas ao juste si c'est l'acide carbonique qui agit encore ici comme irritant, car des mélanges gazeux riches en acide carbonique , s'ils contiennent assez d'oxygène, occasionnent la dyspnée, mais non des crampes. L'acide carbonique produit une crampe des muscles vasculaires, laquelle réagit sur le cœur.

Les crampes se produisent aussi quand on eui pèche l'arrivée du saùg au cerveau en liant les carotides et les artères vertébrales, et, de môme, par une perte de sang (Kussmaul et Tenner) ; sous cette

dernière forme on leur donne le nom de crampes anémiques. Leur vraie cause est dans tous les cas la présence, dans les capillaires du cerveau, de sang stagnant, qui perd bientôt de l'oxygène et devient riche en acide carbonique. Même dans rexpérieiice de Kussmaul et Tenner la crampe est précédée d'une dyspnée. (Rosenthal.) Dans la perte de sang on peut facilement se figurer que la stagnation du sang dans les capillaires du cerveau provient de ce que les troncs sanguins n'en fournissent pas assez, mais on pourrait tout aussi bien penser que l'action irritante provient du manque d'oxygène ou de l'accumulation de l'acide carbonique dans la substance du cerveau*

176 UESIMRATION.

L*oxygène continuant toujours à faire défaut, rirritabilité des antres nerveux, auxquels une certaine quantité de ce gaz est nécessaire, finit par cesser tout à fait, et dès lors le stimulus le plus puissant est incapable de donner lieu, soit à des crampes, soit à des raouveraei.ls respiratoires ; tous les deux cessent complètement. Cet état, qu'il ne faut pas confondre avec Yapnée , se nomme asphyxie ; les pulsations du cœur s'arrêtent bientôt et la mort s'ensuit (suffocation).

Dans l'asphyxie, tant que le cœur bat encore, il y a encore possibilité de sauver le malade en insufflant de l'oxygène dans les poumons, à moins que le sang ne soit saturé d'oxyde de carbone. Les phénomènes précédents se présentent alors en série inverse : d'abord il survient des convulsions, puis de la dyspnée, ensuite la respiration ordinaire et enfin l'apnée, si l'insufflation d'air est très-vive.

Dans le cadavre des animaux asphyxiés il n'y a point de différence entre le sang artériel et le sang veineux ; tout le sang est rouge noir très-sombre, excepté dans l'empoisonnemenl par l'oxyde de carbone; on n'y trouve point d'oxygène dégageable, le sang montre dans l'appareil spectral les raies de Thœmoglobine dépourvue d'oxygène; on y trouve au contraire beaucoup d'acide carbonique libre, pas assex cependant pour correspondre à la diminution d'oxygène. Le contefiu en acide carbonique fixé et en azote n'a point changé. (Setschenow.)

Quand le manque d'oxygène persiste longtemps dans un degré modéré, par exemple à la suite d'une destruction partielle des poumons, d'un pneumothorax dans un seul côté, il en résulte que l'oxygène est usé suivant la mesure dans laquelle il est founii ; dès lors les travaux organiques provenant d'oxydations diminuent dans la même proportion ; le corps est plus flasque, plus froid, les mouvements respiratoires sont un peu plus fréquents ; le manque persistant d'oxygène se fait reconnaître à la couleur plus sombre du sang et à la teinte violacée des lèvres et des autres membranes muqueuses ^cyanose).

Respiration de gaz étrangers.

Chez les animaux à sang chaud l'oxygène est tellement indispensable à la conservation de la vie qu'il ne peut faire défaut un seul instant ; il peut cependant être mêlé à d'autres gaz (hydrogène, azote) comme dans l'atmosphère, sans conséquences nuisibles.

L'opinion que le protoxyde d'azote peut remplacer quelque temps l'oxygène (H. Davy) ne s'est point confirmée; le gaz N,0 pur produit

MOUVEIIENTS RESPIRÂTOIBES. 177

immédiatement chez les animaux à sang chaud de la dyspnée et de la suifocation.

Les autres gaz peuvent être divisés de la manière suivant^ ;

A, Gaz iudifféiubiits. — Us peuvent, mêlés à Toxygène, être respires sans inconvénient aussi longtemps que Ton veut ; ce sont : i* l'azote, 2<* l'hydrogène, 3° peut-être le gaz des fosses ; respires seuls, ils causent la dyspnée, des crampes et l'asphyxie.

B, Gaz irrespirables. — Us ne peuvent être respires qu'en petites quantités et mélangés avec d'autres gaz, parce que sous une plus forte concentration ils occasionnent réflectivement une contracture de la glotte ; ce sont :

a. Acides gazéi formes. — 1** l'acide carbonique; en tant que le plus faible des acides, il est le moins irrespirable et peut par conséquent être respiré dans une proportion assez grande ; 2° l'acide chlorhydrique ; Z"* l'acide fluorhydrique ; i^ l'acide hypoazotique ; 5"^ l'acide sulfureux, etc.

b. Gaz formant des acides, — 1** le bioxyde d'azote (NO) donne immédiatement, avec l'oxygène, de l'acide hypoazotique (NO+O = N0,) et serait vénéneux s'il pouvait arriver jusqu'au sang; 2* l'acide chloroxycarbonique (GOCl,) se décompose avec l'eau en acide carbonique et en acide chlorhydrique (GOCl,-hH,0=€0, -{-,HC1) ; S*" le chlorure de bore (BCl,) donne avec l'eau de l'acide borique et de l'acide chlorhydrique ; it"" le fluorure de bore (BFI5) donne avec l'eau de l'acide borique et de l'acide hydrofluoborique ; 5** le fluorure de silicium (SiFlg) donne avec l'eau de Tacide silicique et de l'acide hydrofluosilicique, etc.

c. Gaz alcalins. — l*" ammoniaque ; 2^ ammoniaque composée (méthylamine, etc.).

d. Gaz substituants ou d'action oxydante. — 1® chlore; S*» fluor (?); 3° ozone.

On peut introduire les gaz irrespirables dans les poumons des animaux au moyen de fistules trachéales, auquel cas la plupart exercent une action très-destructive. La contraction de la glotte est donc un acte protecteur; après la section du nerf vague elle n'aurait plus lieu.

C, Gaz vémémeox. — Ces gaz peuvent être respires; mais une fois absorbés dans le sang, ils causent des modifications nuisibles ou

mortelles dans l'organisme.

On peut les diviser de la manière suivante :

a. Gaz réducteurs, — lis s'oxydent aux dépens du sang auquel ils enlèvent son oxygène, et produisent ainsi les phénomènes résultant

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