LE REIN, ORGANE D'ÉLIMINATION
ligature des uretères, on constate une augmentation >gTessiYe de Turée dans le sang.
a Avant la néphrectoinio IOOp' sang cont 0f%0880 ur6e.
3»»,40"' après — — 0 ,093-2 —
P Avant la ligature dos uretères IOOp' sang cont. 0 ,063 —
19* après 0 ,171 —
30 Si, dans un rein enlevé du corps, on fait circuler du Qg défibriné, additionné ou non de sels ammoniacaux, richesse en urée reste constante.
Le rein ne fabrique pas les urates; ou pour parler us exactement, le rein n'est pas le lieu exclusif de proiction des urates. Cette proposition, qu'il est imposile d'établir pour les mammifères, se démontre chez 3 oiseaux (inversement, aucune expérience ne permet établir la production de l'urée en dehors du rein, chez s oiseaux). — 1® Si on lie, chez le pigeon, les uretères ou s artères rénales, on constate, quelques heures après >pération, d'abondants dépôts uratiques à la surface, îs séreuses, sur les cartilages articulaires, dans le irenchyme pulmonaire, dans le muscle cardiaque; î plus le sang contient de l'ac. urique en quantité iffisante pour permettre de le manifester sans peine ar la réaction de la murexide, tandis qu'avant l'opéition cette manifestation était beaucoup plus diffiile, souvent même impossible. — 2° Si, chez la poule, tt lie l'aorte et la veine cave, au-dessus des reins, et si 1 extirpe les reins, on constate, pendant la survie de à \0 heures, une accumulation d'ac. urique dans les ssus, et on peut extraire du sang de l'animal de l'ac. *ique par des méthodes qui ne permettent pas d'en >tenir chez l'animal normal. — 3° Chez les couleuvres u moins chez les couleuvres en digestion au moment s l'opération), il se produit, à la suite de la néphrecmie double ou de la ligature des uretères, d'abondants ^pôts uratiques dans les poumons, le foie, la rate, les ireuses, etc., pendant les 10 h 15 jours de survie.
340 LES ORGANES URINAIRBS
PeiiUon généraliser et étendre ces résultats au mammifères et à Thomme? Non, en toute rigueur, puisque les expériences manquent. Notons cependanL que, chez le chat néphrectomisé, on a réussi à obtenir avec le sang la réaction de la murexide, qui est tout h fait nulle chez l'animal normal. Pratiquement, on peu*, admettre que chez les mammifères comme chex le^ oiseaux, le rein n'est pas le lieu de formation, au mol exclusif, des urates.
D'autres substances sont encore éliminées par le rein, qui sont fabriquées hors du rein, et qui lui sont apportées parlées sang. La mort survient, chez le chien néphrectomisé, après-*^ â4 à 48 heures, avec des symptômes particuliers : on n'en ^ saurait accuser Taccumulation d'urée ou d'urates dans ^o^ — ganismc, car l'injection in tra- veineuse de quantités d'urée '^ ou d'urates beaucoup plus grandes que celles qui existent, au ■ moment de la mort, chez l'animal néphrectomisé, ne produi- — sent, chez l'animal normal, aucun accident. Donc le sang '^ s'est enrichi en produits toxiques, sur la nature desquels on n'est pas fixé, produits fabriqués hors du rein et norma* — Icnient éliminés par lui. Ce sont vraisemblablement ees mêmes produits, ou des produits analogues, qui profo- rjuent, en cas de fonctionnement défectueux du rein, les -* accidents d'urémie et d'éclampsie, observés chez l'homme.
Le rein éliminant des produits préformés, on a été ' amené à le considérer comme un filtre, laissant passer ' la liqueur sanguine avec les éléments dissous qu'elle * contient. Pour juger de la valeur de cette hypothèse, il faut étudier les variations quantitatives et qualitatives de Turine.
Dans le cas de filtration, la quantité de liquide filtré croît en même temps que la différence des pressions* exercées par les liquides sur les deux faces du filtre. L'hypothèse de la filtration rénale a donc comme condition nécessaire, un parallélisme entre la quantité d'urine produite et la jiression du sang clans les vaisseaux du rein. — S'il y a filtration rénale, c'est au niveau de la capsule? j'IiHiK ruliiin* qu'elh; doit s'effectuer, car c'est
L'URINB BT LA PRESSION SANGUINE 341
i sont réalisées les deux conditions les plus favoà la fîltration : 1° minceur delà paroi à traverser; ssion élevée dans les capillaires glomérulaires, en rt immédiat avec l'artère rénale, plus élevée en jas que dans les capillaires rénaux proprement dits itourent les tubes contournés.
>i on excite le vague par un courant, insuffisant irrêter le cœur, mais suffisant pour le ralentir et er la pression sanguine générale, on observe une Lition de la quantité d'urine sécrétée.
PrenRion Urine
caroti (tienne, en 30 minutes.
iQt la section dos vaguos 134"^ ' 12°°,2
es — 129 10 ,2
dant l'excitation des vagues 106 2 ,5
es — — 127 7 ,2
i on provoque une hémorragie, suffisante pour er la pression sanguine, la quantité d'urine proliminue ; — si on réinjecte le sang extrait (après nation), pour ramener la pression sanguine à sa primitive, la quantité d'urine produite augmente.
PreRBion Urine
carotidicnne, en 30 minutes.
nt l'hémorragie 134"" 9««,9
es — (SSO*"" sang) 119 4 ,9
^8 l'injection de 500«« sang 125 7 ,7
on réduit le calibre de l'artère rénale, en la comit partiellement, de façon à produire une diminu- 3 la pression en aval du point comprimé, on note minution de la quantité d'urine.
1 sait que, sous l'influence de la chaleur, il se proie yaso-dilatation cutanée, déterminant un abaisseie la pression sanguine générale; on note, dans aditions, une diminution de la quantité d'urine, s l'influence du froid, il se produit une vaso-consi cutanée, et par suite une augmentation de la Q sanguine générale; on note, dans ces condiine augmentation de la quantité d'urine.
344 LES ORGANES URINAIRBS
presque instantané. C'est là un fait en désaccord avet Thypothèse d'une filtration ; mais il convient, avaDl d'en tirer une conclusion, de tenir compte des disposilioM anatomiques du rein. Sous l'influence de TaugmentatioiR de pression, consécutive à la ligature de la veine rénale, le système veineux se laisse dilater, de sorte que le» canaux urinifères peuvent fort bien être comprimés par les mailles veineuses qu'ils traversent, au niveau de la zone de séparation des deux substances du rein. L'urine contenue dans les glomérules et dans les premièm voies urinifères se trouverait ainsi soumise à deux forces : la pression glomérulaire qui la pousserait, la pression veineuse qui l'arrêterait; ces deux pressiona étant égales, après ligature de la veine rénale, l'urine ne pourrait se déplacer, sa pression deviendrait égale à colle du sang et la filtration serait par là môme arrêtée. Sans doute, cette hypothèse de la compression des canaux urinifères n'est pas démontrée, mais elle est assez vraisemblable, pour enlever toute valeur à l'objection qu'on aurait pu élever contre l'hypothèse de la filtration.
Si on comprime l'artère rénale, de façon à supprimer complètement la circulation dans le rein, pondant quelques minutes, et si on rétablit la circulation en cessant de comprimer, on constate que la sécrétion urinaire ne réapparaît pas immédiatement; il y a souvent un arrêt de sécrétion, dont la durée peut atteindre 30 et 45 min. Ce fait paraît en désaccord avec l'hypothèse d'une filliir tion. Toutefois il ne faut pas oublier que, sous l'influence de l'anémie, les cellules sont modifiées; rien ne prouw que, dans ces conditions, leur perméabilité physique n'est pas modifiée, cette perméabilité ne réapparaissant normale que lorsque la cellule a recouvré ses propriétés primitives, à la suite d'une irrigation sanguine sufilsaminent prolongée. L'hypothèse d'une filtration n'est donc pas encore renversée.
En réaumè, en étudiant les variations des quantité» de l'urine produite dans d(;s circonstances variables, «n
L'URllIB ET LA OLYGOSB DU SANG 346
trouve aucun fait qui permette d'éliminer Thypothèse le la ôltration, d'une façon définitive ; un certain nombre [e faits invitent seulement à ne pas conclure de façon 0X*me en faveur de cette hypothèse. Il faut poursuivre ;et^te étude et examiner la composition de Turine.
Jjd plasma sanguin contient des protéiques, des sels^ de CB. ^^cosûj des substances extractives (urée^ urates, etc.)*
Uurine normale ne contient pas de protéiques. Ce fait lémontre qu'il ne s'agit pas, dans la sécrétion urinaire, d'une ûltration, comparable à la ûltration sur papier; mais il ne démontre nullement qu'il ne s'agit pas d'un phénomène analogue à la dialyse à travers le parchemin : le parchemin est, comme on sait, imperméable aux protéiques.
L'urine normale ne contient pas de glycose; elle n'en
contient que si la proportion de ce sucre dans le sang,
dépassant la normale, 1,5 p. 1000, atteint 3 à 4 p. 1000.
Or Ja glycose est dialysable ; n'est-ce pas là une preuve
^De Ja production d'urine n'est pas comparable à une
^*iyse? Sans doute, mais existe-t-il réellement de la
ï'ycose dans le sang : on peut retirer de la glycose du
^^g9 en soumettant ce dernier à la chaleur d'ébuUition
ît en recueillant le liquide séparé du coagulum ; mais il
*^ Possible que, dans le sang non bouilli, la glycose soit
omljinée à une protéique, et que cette combinaison
lyco^protéide soit dédoublée par la chaleur d'ébulli-
lon. De ce que l'on peut extraire de l'hémiitine du sang
fait^ par les réactifs coagulants, on n'en conclut pas
[U^ l'hématine existe dans le sang normal; on sait
I^e oette hématine, combinée à un radical protéique,
^imtitue l'hémoglobine, substance dédoublable par les
réactifs coagulants en hématine et protéique coagulée.
Or, fti la glycose existe dans le sang sous forme de glyco-
prolfSide, il est évident qu'elle ne saurait dialyser ; dès
lors, son absence dans l'urine ne saurait surprendre. Si
la glycose passe dans l'urine, quand sa proportion
^'igmente dans le sang, c'est peut-être qu'elle existe
a^oi's dans le sang sous forme libre, au moins pour une
part. Mais l'hypothèse de Inexistence d'une glyco-protéide dans le sang, à la place de la glycose, n'est pas acceptable; en effet, si on dialyse, en présence d'eau distillée, du sang défibriné (ou du sang fluoré au sortir du vaisseau, pour empêcher la glycolyse), on constate que la glycose passe dans le liquide extérieur. Si on dialyse, en présence d'eau distillée, comparativement du sang fluoré à l'origine (pour éviter la glycolyse) et une solution de glycose, contenant la môme proportion de glycose que le sang fluoré, on constate que la dialyse de la glycose se fait avec la même vitesse pour les deux liqueurs. Donc, dans ces expériences, la glycose du sang se comporte comme si elle était libre : aucun fait positif ne permet, jusqu'à ce jour, d'admettre l'existence dans le sang d'une glyco-protéide, retenant la totalité de sa glycose.
L'absence de glycose dans l'urine est en désaccord avec l'hypothèse d'une simple dialyse. Dira-t-on que le rein est imperméable à la glycose ? Ce serait une affirmation inexacte, car l'urine contient de la glycose dans tous les cas d'hyperglycémie. Dira-t-on que la glycose, dialysée au niveau des glomérules, est réabsorbée en oo autre point de l'appareil urinaire? Ce serait déplacer k point où s'accomplit un phénomène en désaccord avec les lois physiques, car si, au niveau du glomérule, Il glycose dialyse, jusqu'à ce que la richesse en glycose do sang et de l'urine soit la même, on ne comprend pas comment, en un autre point de l'appareil urinaire, li glycose pourrait rentrer dans le sang par le simple je» des mêmes forces physiques, puisque la richesse en glycose du sang et de l'urine est la même par hypothèse.
Les lois physiques sont impuissantes à expliquer l^abunet de glycose dans V urine.
Le sang, dans les cas d'hyperglycémie, peut contenir 3 à 4 p. 1000 de glycose; l'urine en peut contenir jnsqn'i îiO p. 1000 et plus. Le sang contient environ 0,5 p. iOOO d'urée ; l'urine en contient des (fuantités variables oscillant, chez l'homme, autour do 20,0 p. 4000, c'est-à-dire une quantité 40 fois plus grande. Ce sont là des faits