LA DISTINCTION EMBRYOLOGIQUE DES FAISCEAUX
fégion dorsale que proviennent les fibres des faisceaux cérébelleux. On admet que, nées de ces cellules, les fibres passent presque horizontalement entre la corne postérieure et le faisceau pyramidal croisé, pour gagner la surface du cordon latéral, où elles prennent la direction ascendante ^
Ainsi sont constitués 4 faisceaux de fibres longues : deux faisceaux pyramidaux descendants, un faisceau de Goll et un faisceau cérébelleux, ascendants. Tout le reste de la substance blanche de la moelle est formé de Ibres anastomotiques courtes, ascendantes et descenlantes, unissant des régions voisines de la moelle. La iégénérescence, consécutive aux sections transversales le la moelle, s'y montre au-dessus et au-dessous de la section, sur un espace qui ne dépasse généralement pas juelques millimètres.
L'embryologie confirme la distinction des divers faisceaux. Les fibres nerveuses se constituent en 2 temps : les cylindresixes se développent d'abord; la gaine de myéline ne les mtoure qu'ultérieurement. Or les cylindres-axes se déveoppent et les gaines de myéline apparaissent à des époques lifférentes, pour les fibres des divers faisceaux considérés.
Les fibres des racines des nerfs rachidiens apparaissent et ;e développent vers la fin du 1" mois de la vie embryonnaire du fœtus humain; les fibres commissurales du cordon ;K>stérieur (faisceau de Burdach) et du cordon antéro-latéral ipparaissent et se développent pendant la première moitié lu second mois. Les cordons de Goll se constituent vers la Qn du second mois : ils sont alors séparés des cordons de Burdach par un sillon superficiel, qu'on distingue dans toute l*étendue de la moelle, sillon dont on ne retrouve de vestige, chez l'adulte, que dans la région cervicale, où il constitue le sillon intermédiaire postérieur. — Plus tard, se forment les faisceaux cérébelleux directs, dans le cours
1. On divise quelquefois ce faisceau en 2 faisceaux secondaires : l'un, situé en avant, au voisinage de la zone radiculaire antérieure, le faisceau de Gowers ; l'autro, situo en arrière du précédent, le faisceau de Flechsig. Il est inutile d'insister, dans un ouvrage élémentaire, sur cette subdivision.
M. Arthus. — Physiologie. 43
LA MOBLLE PHYSIOLOGIQUE
du 3* mois en général ; et enfin beaucoup plus tard> Ters la moitié ou la fin du 5' mois, les faisceaux pyramidaux directs
et croisés.
Il n'est pas jusqu'à la pathologie qui ne vienne confirmer la distinction des divers faisceaux. — A la suite des lésions hémisphériques qui produisent Thémiplégie permanente, on observe une sclérose des seuls faisceaux pyramidaux. — Dans le tabès dorsal spasmodique, on observe une sclérose des mêmes faisceaux pyramidaux; dans la sclérose latérale amyotrophique, on observe, outre cette même sclérose des mêmes faisceaux pyramidaux, des lésions de la corne antérieure. Dans Tataxie locomotrice progressive, la sclérose débute toujours par les faisceaux de Burdach, et si, dans le cours de la maladie, elle envahit secondairement les faisceaux de Goll, elle ne dépasse jamais les limites du cordon postérieur.
Ces notions anatomiques étant connues, nous constituerons notre moelle physiologique de la façon suivante : la substance grise, les nerfs et les fibres anastomotiques courtes.
La substance grise de la moelle se prolonge en avant, dans le bulbe, en s'étalant et en se divisant en branches, qui atteignent la protubérance et les parties postérieures des pédoncules cérébraux. Rien n'autorise à séparer ces prolongements du tronc médullaire dont ils proviennent. De cette substance grise bulbo-protubérantielle naissent des nerfs ; rien n'autorise à en faire une classe spéciale, distincte des nerfs rachidiens. Nous réunirons dans un môme système, les systèmes médullaire et bulbo-protubérantiel, et nous en ferons notre segment physiologique médullo-bulbo-protubérantiel.
Ce segment est donc constitué : par la colonne de substance grise entourant le canal épendymaire et par ses prolongements encéphaliques; par des fibres anastomoiques, réunissant divers niveaux de cette colonne grise entre eux; par les nerfs en émanant.
Nous séparons de ce segment les fibres unissant la moelle aux régions hémisphériques et cérébelleuses, et notamment les faisceaux pyramidaux et le faisceau cérébelleux direct.
Ah point de vue expérimental, — comme dans la région bulbo-protubérantielle, il existe, à côté des éléments de notre moelle physiologique, de^ éléments gris surajoutés, qui compliquent les résultats des vivisections, — on a avantage à étudier d'abord les propriétés de la seule moelle anato inique, et à étendre ensuite les résultats obtenus à Tensemble du système médullo-bulbo-protubéranliel.