LE RUBAN DE REIL
La phyldologie démontre que cette voie anatomique n'est pas nécessaire, et que les influx nerveux sensitifs peuvent cheminer dans la substance grise, par des voies non définies, et, par elles, gagner le bulbe.
Sur des coupes du bulbe, convenablement orientées, on peut distinguer des fibres issues des cellules des noyaux gris de Goll et de Burdach, qui se portent en avant, dans la substance grise bulbaire, contournent le canal central, s^entre-croisent sur la ligne médiane avec les fibres du côté opposé, et vont se placer en arrière des pyramides motrices. Ces fibres entrecroisées constituent alors un faisceau médian, connu sous le nom de ruban, médian de Reilj qui se porte en avant, jusqu'au voisinage des couches optiques, occupant la calotte, ou étage supérieur des pédoncules cérébraux. Les lésions pathologiques des noyaux de Goll et de Burdach, chez Fhomme, les destructions expérimentales de ces noyaux, chez les animaux, déterminent des dégénérescences des fibres, suivant le trajet que nous venons dlndiquer. Mais il faut noter, en outre, que les lésions siégeant au voisinage des couches optiques, dans rétage supérieur des pédoncules et dans la protU' bérance, sur le trajet du ruban de Reil, déterminent une dégénérescence de ce ruban, à la fois ascendante vers les couches optiques, et descendante vers les noyaux de Goll et de Burdach. Le ruban de Reil comprend donc un double système de fibres, les unes ascendantes, les autres descendantes, unissant les noyaux gris de Goll et de Burdach aux couches optiques.
Le ruban de Reil sert-il à la conduction des influx nerveux sensitifs? C'est possible. En effet, si on pratique une hémi-section de ce ruban, au niveau des pédoncules cérébraux (hémi-section de Tétage pédonculaire supérieur), on constate une hémi-anesthésie croisée, presque totale. Mais ce n'est pas certain, car rien ne prouve que cette hémi-anesthésie ne soit pas la conséquence d'une simple inhibition produite sur l'appareil conducteur par la lésion pédonculaire ; et cette dernière hypothèse est d'autant plus vraisemblable, que celte hémi-anesthésie croisée est essentiellement temporaire, malgré la dégénérescence ascendante et descendante du ruban de Reil.
En supposant donc, ce qui n'est pas démontré, que le ruban de Reil joue un rôle, dans la conduction des influx nerveux sensitifs, chez les animaux normaux, il est certain que cette voie n'est pas la seule possible, puisque la sensibilité réapparaît, chez les animaux qui en présentent la dégénérescence;
D'ailleurs, l'ablation des noyaux gris de GoU et de Burdach, pratiquée chez les animaux, ne détermine pas de troubles sensitifs appréciables; — les observations pathologiques conduisent à la même conclusioné
Quelles sont ces autres voies? Sont-elles définies? Peuvent-elles varier, suivant les circonstances et les nécessités? On ne saurait répondre à ces questions de façon définitive. Nous nous bornerons aux quelques indications suivantes :
Une hémi-section bulbaire produit en général, chez les mammifères, uue hémi-anesthésie croisée, mais cette hémi-anesthésie est temporaire (elle résulte donc d'un phénomène d'inhibition), et, dans certains cas, elle est incomplète, et même, exceptionnellement, elle est peu accentuée. Une hémi-section bulbaire, siégeant à un niveau assez élevé, peut produire une hémi-anesthésie faciale homonyme et une hémi-anesthésie du corps et des membres, croisée, temporaire, comme la précédente. — Une hémi-section des pédoncules cérébraux produit une hémi-anesthésie temporaire, croisée pour le corps, les membres et la face.
Les couches optiques sont en rapport avec l'écorce grise des hémisphères par un double système de fibres, les unes thalamo-corticales, les autres cortico-thalamiques, contenues dans le tiers postérieur de la branche postérieure de la capsule interne. — Une lésion pathologique intéressant cette partie de la capsule interne, supprime totalement et définitivement la sensibilité, dans la moitié opposée du corps.
Nous établirons ultérieurement que la zone cérébrale, qui préside à la sensibilité générale, occupe un espace limité et défini : on l'appelle zone psycho-sensitive, ou
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ax psycho-sensitivo-motrice, car elle se confond ! la zone qui préside aux mouvements volontaires, me psycho-motrice.
1 résumé, du bulbe aux hémisphères cérébraux, le jt des voies sensitives n'est pas mieux défini que ; la moelle. L'influx nerveux chemine-t-il par le .n de Reil? C'est possible; ce n'est pas certain. lux nerveux se propage-t-il, par la substance grise o-protubérantielle, jusqu'aux couches optiques? , possible, mais on ne l'a pas convenablement établi. t probable que, des couches optiques à la surface isphérique, cet influx nerveux chemine par les fibres Prieures de la capsule interne, s voies de la sensibilité sont croisées, au moins dans émisphères et les capsules internes; dans les pédon- 5, la protubérance, le bulbe et la moelle, on ne sût affirmer si les voies sont croisées ou homoes.
M. AnTHus. — Physiologie. 45