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LES SENSATIONS

Si l*organe des sens n'éliminait pas toutes les excitalions, sauf une seule, nous aurions une même sensation visuelle pour des excitations que nous rangeons dans des classes distinctes (son, chaleur, pression, etc.) : nous an avons une preuve dans ce fait que toute action portée «ur le nerf optique, détermine, quelle qu'elle soit, une sensation visuelle. — Si le nerf, qui va de Torgane des sens à un centre sensoriel hémisphérique, pouvait être mis en rapport avec un autre centre sensoriel, le caractère de la sensation serait changé : si, p. ex., les nerfs optiques aboutissaient au centre acoustique, et si les nerfs acoustiques aboutissaient au centre optique, nous verrions le tonnerre et nous entendrions Téclair. — D^ailleurs, chez Thomme normal, une même vibration de Téther provoque une sensation visuelle, ou une sensation thermique, selon qu'elle impressionne l'organe des «ens visuel ou l'organe des sens thermique, et détermine l'activité du centre sensoriel visuel ou du centre sensoriel thermique (Principe des énergies spécifiques de J. Mûller).

On appelle excitant adéquat d'un appareil sensoriel, celui pour lequel est adapté l'organe des sens ; on appelle excitant hétérologue, tout excitant qui peut agir indifféremment sur les divers appareils sensoriels.

L'excitant doit avoir une certaine intensité, au-dessous de laquelle il est inefficace. Le minimum d'intensité efficace est dit seuil de l'excitation, — Au-delà d'une certaine intensité de l'excitation, le caractère propre de la sensation disparait et fait place à une sensation douloureuse (sensations d'aveuglement, d'assourdissement, de brûlure, etc.).

Dans certaines circonstances, des sensations peuvent être perçues, sans que l'excitant adéquat soit intervenu ; elles peuvent résulter d'une excitation quelconque d'une région quelconque de l'appareil sensoriel : elles ont toujours le caractère spécifique des sensations produites par l'intervention de l'excitant adéquat : ce sont des hallucinations.

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Les sensations permettent de porter des jugements sensoriels. Nous distinguons des qualités de sensations : elles dépendent exclusivement de la zone hémisphérique mise en activité. -^ Nous rapportons la sensation et sa qualité à Torgane des sens qui a été impressionné, et, de plus, nous Vextériorons, c'est-à-dire nous rapportons la cause de notre sensation à Tobjet extérieur qui est la source de l'excitation. Nous extériorons même les sensations produites par un excitant non adéquat, agissant en un point quelconque de Tappareil sensoriel, et, de ce fait, nous portons un faux jugement (sensation rapportée à un doigt, après amputation du bras, etc.).— Nous considérons enfin des intensités de nos sensations. Parmi les causes qui déterminent des sensations plus ou moins intenses, deux sont d'ordre physiologique : une sensation peut être augmentée par accroissement de l'excitabilité de l'appareil sensoriel, ou par accroissement de l'intensité de l'excitant.

Les physiplogistes ont recherché quel rapport existe, à excitabilité égale, entre Texcitation et la sensation : ils ont établi que la sensation croit en progression arithmétique, quand V excitation croit en progression géométrique, ou, en d'autres termes, que la sensation est le logarithme de l'excitation {Un psycho-physique de Fechner),

Si on place sur la main un poids de 10 gr.,on sent une certaine pression; sien ajoute à ce poids, un poids supplémentaire de 1 gr., ou de 2 gr. ]^ar ex., on ne perçoit aucune augmentation de la sensation; on n'en perçoit une, que si on ajoute un poids supplémentaire d'au moins 3*%3. Ce poids de 3*',3 ^st le plus petit accroissement de l'excitant, capable de produire le plus petit accroissement de la sensation : le rapport de ce poids supplémentaire au poids primitif est 1/3. — Si .on avait placé sur la main, un poids de 2.0 gr., et,en général, un poids de n gr., il eût fallu ajouter 6»',6 et en général 0,33 n gr., pour produire une augmentation de la sensation ; le rapport du poids supplémentaire au poids primitif étant toujours 1/3.

> Pour que la sensation croisse de façon appréciable, il faut que ^excitation augmente d*une même fraction de sa valeur

LA LOI PSTCHO-PHTSIOUS DE FBGHNER 783

firemiéf^ i cette fraction est appelée constante proportionnelle (hide Weéer).

• Cette loi a été vérifiée pour les sensations de pression, pour les sensations visuelles et pour les sensations auditives ; la valeur de la^qonstante proportionnelle variant selon la senfation JBonaidérée> et selon, la. qualité de cette sensation : §Me est égale à 1/150* pour la lumière l)lancbç,; l/iP9*,ppur 1^ lumière violette, 1/286* pour la lumière vertej etc. La valeur de la constante proportiopnelle varie, d'ailleurs, quand les excitations sont faibles ou fortes; la loi de Weber n'est donc jijeîe que pour des excitations qpi pe diffèrent pas beaucoup létt'unes des autres ; c'est une loi-limite.

Ceci posé, prenons, pour unité d'excitation, la valeur de l'excitation, au seuil.de l'excitation. A ce moment, la sensation est infiniment petite, nous la considérerons comme nulle :

Excitation == 1 Sensation = 0

Donnons à l'excitation un accroissement égal à la constante proportionnelle c, et prenons pour unité de sensation, la valeur de la sensation correspondante :

Excitation = 1 4- c " Sensation = 1

Supposons qu'en partant de ce second état, on soit dans les mêmes conditions qu'en partant du premier, et que la nouvelle sensation diffère de la première, d'une valeur égale à la valeur de la première. D'après la loi de Weber, l'augmentation de l'excitation doit être égale au produit de la valeur de cette excitation, par la constante proportionnelle, soit (i + c) c; l'excitation sera donc devenue 1 + c + (1 + c) c, soit (1 + c) «.

Excitation = (14- c)" Sensation = 2

En répétant le même raisonnement, on établira la relation générale :

Excitation = (1 + c)»»

Sensation = n

Donc, les valeurs successives de l'excitation sont les termes successifs d'une progression géométrique de raison 1+c; les valeurs successives de la sensation sont les termes suc-

de I

La f

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cessifs d'une progression arithmétique de raison I. Le« 2 séries de valeurs constituent un système de logarithmes.

On peut encore établir la loi logarithmique de la façon suivante. — Soit £ Texcitation, soit S la sensation correspondante; soit dE le plus petit accroissement perceptible l'excitant, soit dS l'excès correspondant de la sensation, loi de Weber permet d'écrire :

•^ = k (quantité constante)

Nous supposons, comme nous Tavons dit ci-dessus, que chaque accroissement de sensation est le même :

dS = Ar' (quantité constante)

Donc :

dE

-^ = KdS

D'où :

S = JK' ^ = ALog.B K' et A étant des quantités constantes.

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