‹ Eléments de physiologieChapitre 43 sur 379 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Sommaire. — Structure des artères. Élasticité et régularisation du cours du sang. Contractilité et débit sanguin.

I. Phénomènes mécaniques de la circulation artérielle. — Notions d'hydrodynamique : pression et vitesse d'un liquide qui s'écoule dans un tube. — La pression artérielle ; manomètres physiologiques ; sphygmoscopes; pression artérielle chez Thomme. Élément constant et élément variable de la pression artérielle. Les oscillations do la pression artérielle et leur signification. — La vitesse du sang; hémodromomètres ; élément constant et élément variable do la vitesse. Variations simultanées de la pression et de la vitesse ; leur signification. — Le pouls; sphygmographes ; nature du phénomène du pouls.

II. Phénomènes physiologiques de la circulation artérielle. — Démonstration de la contractilité artérielle. — IjO sympathique cervical vaso-constricteur de l'oreille du lapin; analyse de l'expérience. Méthodes employées pour la recherche des nerfs vaso-constricteurs : observation directe, manométrie, hémodromométrie, pléthysmographio, thermométrie ; conditions des expériences. Topographie des vaso-constricteurs : trajets extramédullaire et intramédullaire ; centre vaso-constricteur bulbaire; contres vaso-constricteurs secondaires. Réflexes vaso-constricteurs. — Les vaso-dilatateurs de la glande sous-maxillaire du chien; analyse de l'expérience. Détermination d'un nerf vaso-dilatateur. Généralisation des vaso-dilatateurs. Mode d'action des vaso-dilatateurs. Topographie des vaso-dilatateurs : centre vaso-dilatateur bulbaire. Réflexes vaso-dilatateurs.

On appelle artère tout vaisseau dans lequel le sang va du cœur aux capillaires. On distingue deux systèmes d'artères : le système aortique (aorte et ses branches), et le système pulmonaire (artère pulmonaire et ses ramifications).

Les artères possèdent deux éléments histologiques principaux : la fibre élastique et la fibre musculaire lisse. Les grosses artères sont riches en tissu élastique et pau

vros on tissu musculaire; les artérioles précapillaires sont riches en tissu musculaire et pauvres en tissu élastique. Les fibres élastiques forment par leur enchevêtrement une trame irréguliôre; les fibres musculaires sont disposées en anneaux autour du vaisseau. On distingue des artères à type élastique (gros troncs), des artères à type musculaire (artérioles précapillaires), des artères à type mixte (artères moyennes).

Les artères possèdent des fibres élastiques; elles sont donc douées d'élasticité, et cette propriété physique est développée au maximum dans les gros troncs; — les artères possèdent des fibres musculaires lisses ; elles sont donc douées de contractilité, et cette propriété physiologique est développée au maximum dans les artérioles précapillaires.

U élasticité artérielle transforme le mouvement du sang, saccadé à la sortie du cœur, en un mouvement régulier dans les artérioles précapillaires et dans les capillaires. — La contractilité artérielle règle le débit sanguin dans les organes. — Donc la régularisation du cours du sang est essentiellement du ressort des artères grosses et moyennes; le débit sanguin est essentiellement du ressort des artères moyennes et petites.

Supposons que deux tubes, l'un de verre, Tautre de caoutchouc, de môme diamètre intérieur (8 à 10 millim., p. ex.) et de môme longueur (4 à 5 mètres, p. ex.), soient branchés sur un môme flacon de Mariotte dont la tubulure inférieure est munie d'un robinet. Ouvrons et fermons rythmiquement le robinet (faisons, p. ex. une ouverture et une fermeture par sec.) de façon à établir et à interrompre alternativement un écoulement de liquide dans les tubes : le jet qui sort du tube de verre est saccadé; le jet qui sort du tube de caoutchouc est régulier (poui-vu que les tubes soient longs et les intermittences rapprochées).

Il en est dans le système artériel élastique, comme dans le tube de caoutchouc. Si on sectionne une grosse ou une moyenne artère, le sang s'écoule d'un jet sac-

l'élasticité bt la contractilité artérielles 87

cadé ; si on sectionne un tissu ne contenant que de fines artérioles, le sang s'écoule d'un mouvement régulier. Si on examine au microscope une membrane mince, sur un animal vivant (membrane interdigitale de la grenouille, aile de la chauve-souris, mésentère du lapin, etc.), on constate que le cours du sang, saccadé dans certaines petites artères, est régulier dans les capillaires. — Au moment de l'ouverture du robinet, ou de la systole cardiaque, le tube élastique se laisse distendre sous l'influence de la pression; après la fermeture du robinet ou pendant la diastole cardiaque, le tube entretient, grâce à son élasticité, l'écoulement du liquide emmagasiné.

On peut démontrer l'augmentation du volume des grosses artères (aorte, carotide, etc.) au moment de la systole cardiaque, en mesurant, au compas d'épaisseur, leur diamètre pendant la diastole et la systole. On peut démontrer le rôle de l'élasticité artérielle dans la progression du sang : si on pose une double ligature sur un tronc artériel, au moment de la systole cardiaque, et si on incise ensuite la paroi du tronçon intermédiaire, on voit s'en échapper un jet liquide; — si on place sur un tronc artériel un hémodromomètre (voir p. 102) et si on lie l'artère au-dessus, au moment de la systole, on constate que l'écoulement sanguin continue encore quelques instants, entretenu par l'élasticité artérielle.

La contractilité artérielle règle le débit sanguin ; l'artère qui se contracte est assimilable à un tube à robinet, dont le robinet se ferme partiellement : le débit du liquide diminue; — il augmente, quand on ouvre le robinet ou quand l'artère se dilate.

Page 1