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LES LEUCOCYTES

Les leucocytes ou globules blancs, étudiés dans le sang de l'homme, sont des cellules incolores, nucléées, sans

1. Nous n'exposons ici que les faits se rapportant à la physiologie du sang, laissant de côté la plupart de ceux qui se rapportent à la chimie du sang. On trouvera ces derniers exposés dans Éléments de chimie physiologique par Maurice Arthus, S"" édition, p. 109.

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membrane ; on en distingue deux groupes : les mononucléaires et les polynucléaires.

Les leucocytes mononucléaires sont des cellules de 7 \L environ de diamètre à noyau unique, sphérique, ovalaire ou réniforme entouré d'une épaisse couche protoplasmique. Les lymphocytes ou globulins qu'on range dans le même groupe ont 6 [a de diamètre, un gros noyau, une mince couche de protoplasma. On observe tous les intermédiaires entre ces deux variétés.

Les leucocytes polynucléaires sont des cellules de 9 pt environ à noyaux multiples en forme de boudins. On en distingue deux variétés : les uns contiennent des granulations colorables par les couleurs neutres d'aniline (on les appelle neutrophiles) ; les autres, des granulations colorables par l'éosine (on les appelle éosinophiles).

Les mononucléaires représentent environ 40 p. 100 (les globulins 2 à 3 p. dOO, les mononucléaires proprement dits 35 à 38 p. 100); — les polynucléaires environ 60 p. 100 (les neutrophiles 58 à 60 p. 100, les éosinophiles 2 p. 100) du nombre des leucocytes chez Thomme.

On observe chez les leucocytes, éléments vivants, libres, les manifestations de la vie élémentaire; mais ces manifestations ne sont nettes que chez les mononucléaires ot les neutrophiles : elles sont fort atténuées, ou n'existent pas dans les autres variétés.

Les leucocytes se meuvent. Si on les examine dans une chambre humide à la température du corps, on constate des changements de forme et des déplacements. De leur surface partent des expansions protoplasmiques qui s'étendent et se rétractent : ces pseudopodes leur permettent de ramper sur la lame porte-objet. Leurs mouvements, identiques à ceux des amibes, sont dits amiboïdes. La reptation des leucocytes est facilitée par leur propriété d'adhérer aux corps solides : si on étale une goutte de sang sur une lame de verre on peut, au moyen d'un mince filet d'eau salée, entraîner les hématies; les leucocytes restent collés à la lame.

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Les leucocytes * sont excitables. Sous rinfluence des décharges d'induction, des anesthésiques, etc., ils deviennent sphériques ; les solutions salines neutres étendues, par contre, leur font émettre des pseudopodes et produire des mouvements amiboïdes. Les leucocytes ont des propriétés chimiotactiques, c'est-à-dire sont attirés ou repoussés par certaines substances : dans une préparation couverte d'une lamelle, ils quittent le centre et gagnent la périphérie où le liquide est plus oxygéné; — ils sont attirés par la plupart des sécrétions microbiennes (chimiotaansme positif) ; — ils sont repoussés par l'alcool, la glycérine, l'acide lactique, les sécrétions de quelques rares microbes [chimiolaxisme négatif).

Les leucocytes englobent dans leur protoplasma les particules avec lesquelles ils sont en contact. On admet qu'il se produit des phénomènes de digestion analogues à ceux qu'on a étudiés chez quelques protozoaires. Les leucocytes englobent notamment les microbes et, dans certains cas au moins, les tuent et les digèrent : ils sont alors dits phagocytes (phénomène de phagocytose).

Les leucocytes peuvent se diviser pour engendrer deux leucocytes : les mononucléaires présentent les phénomènes caryocinétiques ; les polynucléaires se diviseraient directement, les noyaux des cellules filles étant les noyaux mêmes de la cellule mère.

Les leucocytes peuvent traverser la paroi des capillaires (phénomène de diapédèse) et émigrer dans les mailles du tissu conjonctif. On admet que parmi ces leucocytes émigrés ou cellules migratrices, les unes pénètrent dans les lymphatiques et retournent au sang, les autres se fixent dans le tissu conjonctif. On admet que des cellules fixes du tissu conjonctif peuvent se mobiliser, et, cellules migratrices, gagner le sang par les lymphatiques. On admet que les premiers leucocytes (ils apparaissent pendant la vie embryonnaire après les hématies) sont des cellules conjonctives mobilisées, qui ont pénétré dans le système sanguin à travers la paroi des capillaires. On admet enfin que les leucocytes se

multiplient par division, directe ou indirecte suivant leur typfe, et que cette division se fait, principalement sinon exclusivement, dans les ganglions lymphatiques. Dans les régions où se produit une irritation microbienne, traumatique, etc., les leucocytes affluent, traversant les parois capillaires. Ils forment ainsi des collections purulentes (les globules du pus sont des leucocytes ayant subi la dégénérescence graisseuse), ou se répandent à la surface des plaies et prennent part à la constitution du tissu cicalriciel.

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