CHAPITRE IV EXCRÉTION ET ÉMISSION DE L'URINE
Sensibilité de la vessie à la tension. — Besoin d'uriner. — L'urine fournie par les tubes urinifères s'écoule dans le bassinet et de là dansiles uretères dont elle sollicite la contractilité. Sous la poussée de la sécrétion con tinue qui la produit, elle pénètre dans la vessie qu'elle remplit peu à peu et qu’elle met en tension, Quand la tension est sufflsante, elle fait naître le besoin d'uriner et sollicite le réflexe de la miction. Ces divers points ont étéétudiésavec soin par quelques éxpérimentateurs (Mosso et Pellacani, Falc, Dubois, Guyon, Genouville, ete.) qui ont déterminé les conditions capables de mettre en jeu soit la contractilité de la vessie, soit la sensibilité de ce viscère à La tension. On procède en général à l'aide d'un manomètre à eau relié à la vessie à l'aide d'une sonde parcourant le canal de l’urètre et pourvue d'une voie collatérale munie d'un robinet pour permettre li miction.
La tension de la vessie est due à la mise en jeu de l'élasticité naturelle de cet organe, en même temps qu'à sa contractilité.
La tension suffisante pour faire naître le besoin d'uriner correspond à une pression de 45 ou 20 centimètres d'eau chez l'homme (Genouville), de 48 à 20 centimètres chez la femme, de 20 à 25 centimètres chez la chienne (Mosso et Pellacani). Ces chiffres répondent à 200 ou 250 grammes d'urines mais chez les grandes espèces comme le cheval et Le bœuf, les quantités d'urine éliminées à chaque miction sont bien plus considérables et mesurent un ou plusieurs litres.
Genouville a bien étudié les liens qui unissent la tension vésicale ete besoin d'uriner, Ces deux faits suivent la même marche. Par des inÿections de solutions saturées d'acide borique on fait varier la tension à volonté et on éveille en méme temps une envie d’uriner dont l'intensité ost en proportion des quantités de liquide injecté. Avec des pressions maxima de 4,40 08 1,50 elle devient extrémement violente et intolérable.
Lorsque la vessie est maintenue en état de réplétion, par un obstacle expérimental, l'envie d'uriner et la pression subissent des fluctuations parallèles. On, observe des paroxysmes d'envie coîncidant avec des contractions de lu vessie et pur suite avec l'accroissement de la pression. Dans l'intervalle, la vessie se reläche, la pression tombe et l'envie disparaît, On observe des faits analogues sur les malades alteints de rétention d'urine.
Mécanisme de 1a miction, — Le mécanisme de la miction est fort simple,
VARIATIORS DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. air
L'expulsion de l'urine est due à la contraction de la vessie et au relâchement des sphincters placés sur le col de ce réservoir, Tant que l'envie d'uriner n'est pas satisfaite, l'urine est retenue dans la vessie par la contraction d'un sphine- Aer à fibres lisses dont l'action est involontaire, et par le musele de Wilson qui estau contraire placé sous l'influence de la volonté. Au moment de la miction, les deux sphincters se relächent et l'urine est poussée par la contraction sou- #onue ot involontaire de la vessio. Cette contraction ost accompagnée d'un effort des muscles abdominaux avec occlusion de la glotte ; mais co préliminaire n'est pas indispensable. Magendié a montré que lumiction s'opère régulièrement chez. es chiens dont ona divisé les musclesahdominaux. Mosso et Pellacani suppriment *olontairement l'intervention de l'effort et constatent que cette suppression n'a mas d'autre effet que d'entrainer un léger retard dans le début de la mietion. Lefort n'en est pas moins inévitable parce qu'il est instinctif; mais il ne suffiait pas à déterminer l'expulsion de l'urine. La miction est impossible chez des atuxiques et les névropathes dont la vessie est paralysée, et l'urine reste dans la vessie malgré l'intervention volontaire des muscles abdominaux (Genouville).
Aa vessie est donc l'unique agent mécanique de la miction. Sa contractilité &chappe à la volonté et la contraction de sa tunique charnuc est purement méllexe. Si la volonté parait intervenir, c'est que l'idée de la miction éveille Tanvie d'uriner et sollicite le réflexe vésical (Janet); mais son influence directe & borne à l'inhibition volontaire des sphincters,