LIVRE Vm. ^MÉTÉOROLOGIE
Dans le royaume de Quito, on ne voit Jamais de neige au-dessous de 8,700 mètres, où la température moyenne est d*environ 0«.
La grêle descend plue bas que la neige, à 1,000 mètres et même à 600 mètres ; il en toml)e tous les cinq à six ans une fois, mais il ne parait pas qu*on en ait jamais vu dans les plaines inférieures.
II parait fort douteux qu*en Afrique on trouve près de réqualeur des montagnes assez hautes pour offrir à ces climats le spectacle des neiges éternelles.
â« L'observation de M. Penlland est très-remarquable, puisqu'elle fait voir que, du 14« au 19« degré de latitude australe, la limite des neiges est plus élevée que sous Féquateur lui-même; il serait important de connaître l'étendue des oscillations annuelles que cette limite peut éprouver , afin d'en déduire Tinfluence des plateaux et de la configuration du sol.
3« La limite des neiges ne s'abaisse que de 215 mètres en passant de Téquateur à la latitude de 19 à 90*, c'està-dire dans une étendue de 400 lieues.
L'oscillation annuelle des neiges est ici beaucoup plus grande que sous Téquateur; elle atteint quelquefois jusqu'à 600 ou 700 mètres d'étendue.
A peu près à la même latitude , les lies Sandwich présentent à Owhyhee la cime remarquable de Mowna- Boa, à laquelle on donne plus de 5,000 tnètres de hauteur; il serait curieux d'en aVoir une mesure exacte, car il parait bien constant qu'elle est parfois entièrement dépouillée de neiges.
4» La pente méridionale de l'Himalaya donne la limite des neiges à peu près à la hauteur que l'on pourrait déduire des observations mexicaines; mais la pente septentrionale présente un phénomène bien extraordinaire, puisque , d'après les mesures de M. Webb et les observations qu'il a faites au temple de Kedamach et au col de Niti, la limite des neiges s'élèverait à 5,000 mètres, c'est-à-dire à une hauteur plus grande que sous réquateur. C'est assurément dans l'immense étendue àct plateaux et dans la configuration du sol qu'il faudrait chercher l'explication de ce phénomène étonnant.
5* Le Caucase et les Pyrénées sont à la même latitude, et cependant la limite des neiges se trouve au Caucase à plus de 400 mètres plus élevée qu'aux Pyrénées. La température des mois les plus chauds dans ces deux contrées donnerait sans doute des indications précieuses sur la cause de cette différence.
O*" Les observations de M. Léopold de Buch sur cette vaste chaîne qui sépare la Norwège dans toute sa longueur , et qui s'étend depuis le 58* jusqu'au 71 « degré de latitude, sont bien propres à montrer l'influence que rétat brumeux de l'atmosphère peut exercer même sur la limite des neiges. Car on ne peut douter à présent que le relèvement considérable de cette limite jusqu'à 1,060 mètres dans ces hautes latitudes ne soit un efiet de ces circonstances et du voisinage de la mer.
Températures à diverses profondeurs ainfoiisiii du soi,
510. De Verisience d'une couche invariable, tUuh à une certaine profàndeur au-dessous du iol,d dans laquelle la température reste la mime dspuit des siècles, — Dès 1671 , Cassini avait reconnu que b température des caves de l'Observatoire de Paris B*éprouve aucune variation dans le cours d'une anaée. Es 1730, Lahire avait observé le même fait; mais M. le comte de Cassini , aujourd'hui membre de l'Académie des Sciences , conçut le premier tout ce qu'il y avait d'important dans ce phénomène remarquable : en 1771, il commença quelques séries d'expériences pour rétodier, et, le 4 juillet 1783, il établit enfin dans les caves de lObservatoire , de concert avec Lavoisier, un appareil très-sensible qui devait donner des résultats décisifs. Cet appareil , conservé et réparé par les soiaide M. Bouvard, n'a éprouvé aucun changement depoii plus de trente-deux ans. Il est disposé de la manière wivanle:
Sur le sol des caves , à 27»^- , 60 au-dessous do pari de l'Observatoire, s'élève un massif en pierre de l»^-, 30 de hauteur, portant un grand vase en verre v s' ifig. 856) , dé 50 cenlim. de hauteur sur 85 à 40 cestim. de diamètre. C'est dans ce vase rempli deiable très-fin qu'est ajusté le thermomètre S Z'; son échelle h h' est en verre ; elle est maintenue dans un cadrées cuivre , qui est lui-même fixé sur les parois de la cloche au moyen des traverses a, s'y sf\ et des agrafes ^ ^ ^'. Ce thermomètre a été construit autrefois par Lavoisier avec du mercure bien purifié ; la boule a eoriron 7 centimètres de diamètre; le tube est très-fiBiU degré occupe sur sa longueur 95 ou 97 millûBètret. Ainsi , l'on peut aisément apprécier les demi-ceatièaef de degré qui occupent encore les '/>• d'un nitlioiitre environ. Comme ce thermomètre ne marque que 15 m 16« au-dessus de 0* , on a ménagé au-dessus de la tige, en r, un petit réservoir pour recueillir rexcédaat 4i mercure si la température venait à s'élever an-den» de lO».
Les anciennes observations de M. Cassini et les observations assidues faites depuis trente-deux ani par M. Bouvard , montrent avec évidence que depuis plai de cinquante ans la température des caves de l'Observatoire est parfaitement constante, et égale à 11% SS: car , dans toute celte période , le thermomètre o'a pu varié de 35 centièmes de degrés au-dessus ou au-desioss de 11*,83; et l'on a reconnu , depuis, qu'un cooraot d'air accidentellement établi dans les souterrains ptf les travaux des carrières de Paris avait été la cause lues probable de ces oscillations.
Paris est le seul lieu de la terre pour lequel oa ait une aussi belle série d'observations exactes et noaiaterrompues pendant plus d'un demi-siècle ; mais u phénomène qui se soutient avec une telle régularité ae