CHAP. IV. — SOUPAPE DE SURETË
poser à la Tapeur une résistance sufiQsante. Il n^est même pas impossible que , dans des circonstances données et par des propriétés de Teau et de la vapeur encore trop peu connues , une chaudière en bon état fasse explosion par surchau£fe générale, malgré ces appai^eils.
Quant à la première cause d'explosion, elle agit d^une manière si subite qu'il n'y a qu'un moyen d'en empêcher YeSet : c'est de la prévenir, c'est de prendre assez bien ses précautions pour que la surchauffe accidentelle des parois soit impossible.
On prévient la mauvaise circulation d'eau et de vapeur par une bonne forme de chaudière et une bonne construction.
On prévient les incrustations de diverses manières :
1^ En faisant l'alimentation de la chaudière avec de l'eau distillée. On a imaginé pour cela des condenseurs tubulaires, qui sont de vrais appareils de distillation; en sortant de la machine, la vapeur vient dans ces tubes mêmes, qui sont enveloppés d'eau firoide ; elle s'y condense , et l'eau qui en résulte est reprise par la pompe alimentaire, pour être renvoyée dans la chaudière. C'est ainsi la même eau qui sert toujours ; on supplée aux pertes par un appareil particulier. M. Beslay a beaucoup perfectionné ces sortes de condenseurs ; il y a des localités où les eaux sont si mauvaises qu'il y aurait de grands avantages à les employer.
2* En jetant dans la chaudière , tantôt des pommes de terre, tantôt une argile assez fine , la présence de ces corps étrangers empêche Tagrégation des dépôts , qui ne forment alors qu'une espèce de boue, dont ou débarrasse la chaudière de temps a autre. Il y a des chaudières qui n'exigent rien de tout cela ; alimentées avec des eaux assez bonnes , il suffit simplement de les nettoyer avec soin toutes les semaines.
3® Dans les chaudières qui s'alimentent à l'eau de mer, on fait ce qu'on appelle V extraction j c'est-à-dire que , d'heure en heure, et quelquefois plus souvent, on retire des eaux saturées, et l'on fait une alimentation plus abondante. On calcule cette opération pour que Veau de la chaudière ne soit jamais sursaturée; ce qui est facile lorsqu'on connaît le poids de vapeur que Ton dépense , et les proportions de sels qu'il faut pour saturer l'eau à la température qu'elle a dans la chaudière.
Enfin l'on prévient l'abaissement du niveau par les moyens suivants :
348 LIVRE n. — CHALEUR. — PREMIÈRE PARTIE.
V Par le tube de niveau , dont nous avons déjà parlé, et qui, malgré quelques oscillations , indique suffisamment le niveau de Teau dans la chaudière. La figure 16 (Pl. 11) indique son ajustement. S'il vient à casser, le chaufFeur soulève la manette ut, et par ce mouvement ferme les deux robinets a ei b par lesquels s^échapperaient la vapeur et Teau ; alors il a toute liberté pour remettre un autre tube, qu'il engage par le fond, après avoir ôté le bouchon e; ce nouveau tube mis en place, on serre les écrous cetd des deux boîtes à étoupes et l'opération est finie, on peut rouvrir les robinets a et i.
2® Par deux robinets, placés sous la main du chaufFeur, Tun un peu au-dessus du niveau normal, l'autre un peu au-dessous ; en ouvrant de temps à autre ces robinets, le chauffeur juge de l'état de sa chaudière : si le premier donne de l'eau, le niveau est trop élevé; si le second donne de la vapeur, le niveau est trop bas.
3® Par le flotteur indicateur de M. Chaussenot aîné. Cet appareil se compose d'une boule creuse de métal, attachée, comme l'indique la figure 2 (Pl. 11), à un fléau courbe tenu entre deux pointes au support fixe 7, et oscillant très-librement; le contre-poids p' équilibi*e en partie le flotteur. Un fil fin de métal, rr^ Ué au flotteur /?, traverse une boîte à étoupes, et monte verticalement pour s'attacher à l'indicateur r' (Fig. 1); au même indicateur s'attache un autre fil qui passe sur la poulie r', et porte un second contre-poids/?'' ; au moyen des contre-poids/?' et/?", le flotteur n'est qu'à moitié immergé dans l'eau. Aussitôt que le niveau s'élève ou s'abaisse dans la chaudière, l'indicateur r' en suit les mouvements et les montre au chauffeur.
4^ Par le flotteur d* a larme. Ce flotteur t est disposé comme le précédent : seulement, sur le fléau qui le poite, dans une partie droite ^, est fixée une soupape «, qui vient boucher l'orifice d'un tube par lequel la vapeur peut s'échapper; lorsqu'il y a assez d'eau, le flotteur, aux trois quarts immergé, est repoussé en haut, et appuie fortement la soupape contre l'orifice; mais si le niveau baisse, le flotteur, perdant vme moindre partie de son poids, tend à descendre, et descend en effet, lorsque son excès de poids est capable de vaincre la pression de la vapeur contre la soupape. Alors l'orifice est ouvert, la vapeur s'échappe avec violence, et le sifflet ç rend un son aigu et pénétrant, qui se fait