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CHAP. II. — ACTION DE LÀ TERRE

TouTrage de M. Barlow qui non»» senrira de guide dans oe que nous allons dire.

Dans un vaisseau ^ Faiguille de k boussole peut être déviée : ]^ par les déconqpositions du fluide qu'elle exdbe eUenoiéine dans les substances magnétiquies^ 2^ par Tétat magnétique per» noanent que ces substances peuvent avoir en vertu de leur force coercitive; 3^ par Tétait magnétique pgsa^y^r qu'elles prennent sous l'influence de Taimant terrestre.

La première cause ne peut produire que de faibles effisfes; et Ton s'en garantit sûrement en plaçant Vhabitacle à une distance assez grande de toutes les pièces de fer^ ce qui est tou|oiirs poa^' sible.

La seconde cause aurait un remède facile; car Taiguille ai« mantée se trouvant placée, à l'égard des divers pôles ou centrea magnétiques du vaisseau, à une distance très-grande par rapport à sa longueur, il en résulte que chacun de ces centres agit sur elle par un couple. Parla composition de tous ces couples partiels, on aurait donc un couple résultant ^i resterait toujours le même dans tous les climats et poiir toutes les positions d« vaisseau. Ce couple , à son tour, se composerait avec le couple terrestre, et c'est là ce qui produirait la déviation de l'aiguiUe. Mais dans le même lieu , qiuaid le vaisseau tournerait sur luimême autour d^un axe vertical, le couple terrestre conservant la même direction dans l'espace, et le couple du vaisseau tournant avec lui, on voit qu'il en résulterait une déviation variable, susceptible d'un maximum à droite du méridien magné-^ tique , et d'un autre maximum égal à sa gauche; de telle sorte que la moyenne entre ces deux positions extrêmes de l'aiguiUa donnerait sa vraie direction. Pour d'autres latitudes , le couple terrestre serait plus intense ou plus oblique ; mais la déctinaisoa se trouverait encore de la même manière, par la rotation couh plète du vaisseau autour d'un axe vertical.

Enfin, la troisièflae cause est plus puissante que les deux premières, et ses effets, sans cesse variables, sont aussi plus difficiles à apprécier et à corriger. Mous allons pour un moment supposer qu'elle agisse seule pour dévier l'aiguille aimuitée. Alors il est dair que tous les corps magnétiques du vaisseau deviennent dea aimants à pôles changeants; quand le vaisseau tourne sur lui«« même dans un sens ou dans Tautre, ces corps se présentent au-

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trement à Faction de la terre , et éprouvent de sa part des décompositions différentes. Ces phénomènes, déjà si compliqué^ dans le même lieu , se compliquent encore , quand le yaiâseau , sillonnant les mers , passe successivement dans des contrées où le couple terrestre change de direction ou d^ntensité. Tous ces effets divers ne peuvent être ni prédits ni même indiqués par la théorie, et ce n^est que par des essais plus ou moins ingénieux que Ton peut les neutraliser. Voici les moyens que propose M. Barlow pour y parvenir.

Le bâtiment étant dans une rade tranquille où Ton peut le virer de bord, on choisit à quelque distance sur le rivage un lieu d^où Ton puisse l'apercevoir dans toutes les positions qu'il prend eu tournant sur lui-même. Là s'établit un observateur avec une boussole et un théodolite, ou quelque autre instrument propre à mesurer les angles. Sur le vaisseau , près de la boussole déjà fixée dans Thabitacle , est un autre observateur, ayant aussi un instrument pareil. A un signal donné, les observateurs visent l'un à l'autre , et chacun d'eux détermine Tangle de son aiguille avec l'axe de sa lunette. Puisque les observateiu^ se regardent , les axes des deux lunettes ne font qu^une seule et même ligne , que nous appellerons la ligne centrale.

Or, la boussole du rivage n'éprouvant point de perturbation, il est évident que , si la boussole du vaisseau n'en éprouvait pas, les deux aiguilles seraient parallèles et feraient le même angle avec la ligne centrale, car la distance de quelques centaines de mètres qui se trouve entre elles ne peut pas produire de changement sensible dans la déclinaison. Donc, la différence de ces angles est la déviation produite par les corps magnétiques du vaisseau à l'instant de l'observation. Concevons que, par des manœuvres qui sont toujours faciles pendant le calme, on fasse faire au vaisseau une révolution complète , et qu'à chaque rumb de vent qu'il parcourt, ou à chaque angle de 10 ou 12* dont il tourne, on fasse une observation pareille à la précédente; alors, on aura pour chacune de ces positions la valeur de la déviation locale produite par les corps magnétiques dont il est chargé. On pourrait ensuite, s'il était nécessaire, trouver, par des interpolations , les déviations correspondantes à chaque degré.

Cette première opération terminée, l'observateur du rivage

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