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CHAP. IX. — HYPOTHÈSES

voir et transmettre aux éléments voisins. Dès qu'on passe aux fluides, tout est changé, la question prend une autre face; il s^agit alors de trouver les conditions d'équilibre d'une masse fluide au sein de laquelle se trouve un nombre infini de centres attractifs ou répulsifs , dont les actions s'étendent à de grandes distances eu décroissant , suivant certaines lois qui peuvent dépendre elles-mêmes de la nature du fluide et peut-être de sa compressibilité, de sa cohésion, de sa structure moléculaire et de ses autres propriétés physiques ou chimiques. Le problème prend encore un autre caractère, lorsqu'au lieu de considérer ces effets de pression dans une masse indéfinie, on les considère dans une masse finie et limitée par des faces, des arêtes et des angles, plus ou moins éloignés des centres d'action et diversement placés à leur égard; et à plus forte raison, lorsqu'au lieu d'un seul fluide, on suppose plusieurs couches superposées et diversement épaisses de fluides différents par l'inégalité de leur énergie. C'est ainsi que les expériences de M. Plûcker sur les courbures des surfaces de niveau me semblent avoir un véritable intérêt, parce qu*elles sont la manifestation la plus apparente et la plus mesurable des pressions que peuvent produire les aimants dans les masses fluides; il serait curieux d'étudier les changements que ces cour-' bures p^pvent éprouver par l'augmentation ou la diminution des pressions superficielles.

Les observations que M. Faraday a faites sur les gaz , particulièrement sur l'oxygène, ne me semblent pas absolument en contradiction avec celles de M. Plûcker sur les liquides magnétiques; la permanence du volume de Toxygène pourrait tenir ou à la faiblesse de Faction , ou à ce qu'elle ne s'exerce que sur une petite partie de la masse , ou peut-être à ce que les actions attractives et répulsives se compensent en partie pour certaines formes de l'appareil. Quelle que soit celle de ces circonstances qui ait le plus de part au phénomène , il n'en résulte pas moins que, sous Tinfluence des aimants, l'oxygène n'éprouve en somme que des changements de pression excessivement petits.

Cela posé , voici comment M. Ed. Becquerel entend le principe d'Archimède pour expliquer le fait fondamental que nous avons développé (358), savoir: que le même corps qui est attiré dans un certain milieu peut être repoussé dans un autre. 11 .suppose que l'action ëlénientaire des centres magnétiques lest

7! 6 LHfti: lU. — VAG5ÉT1S1IE ET ÈLECTEIClTfi.

toujours cssentiellemeiit attnctÎTe sur tous les corps; mais que cette atlraction , quand elle s*exeroe sur les fluides, donne lieai des pressions latérales que doit supporter le corps plongé, et que la résultante de ces pressions ou la poussée du fluide, produh sur ce corps une répulsion efTectÎYe qiuind elle Temporte surb résultante des attractions qui s*exercent sur lui. C*est le principe d'Arcliimède dans toute sa simplicité; seulement il faut substiaiff aux actions égales et parallèles de la pesanteur, les actions inégales décroissantes et divergentes des centres magnétiques. Ainsi dans Toliservation primitive de M. Faraday (552), le tube de verre l'empli d*une dissolution très-étendue de sulfate de fer est attiré dans Tair et dans Teau , parce que Tair et Teau étant des fluides peu attirés par les aimants, leur poussée est très-faiUe, et moindre que ratti-action qui s'exerce sur la dissolution contenue dans le tube; au contraire, le même tube est repousse dans la dissolution plus concentrée de sulfate de fer, parce qnki la poussée du lluide Temporte sur la résultante des attractions (pii s*excrceiit sur la dissolution plus étendue dont le tube est rempli. De même, une ti<i;e de verre, par exemple, est attirée dans le vide et repoussée dans Toxygène; on dit alors qu'elle est ici repouss(*e purce (jue le gaz ayant un pouvoir magnétique plus grand à volume égal , la poussive qui résulte de ses pressions magnéticpics, Temportc sur la résultante des attractioib (ine la lige de verre p<'ut éprouver.

Je ferai reniartjucr d'abord que celte bypothèse qui est eo njiparenre si simple et si naturelle, ne parait pas s'accorder avec \\\ penuaiiciu-e du vohinie de Toxygène; car ou ne peut pas coiicc^voir aisc'-ment (jnr les pressions magnétiques de roxygèm- (jiii .HfHit asse/. grandes pour mouvoir une tige de verre se trouveiil ('('pcndiMU trop faibles pour déterminer un cbaiigement appréciable d(* voliuiH* dans la niasse du gaz.

Mais il y a une aulre eonsidi'ration qui aurait dû, ce me semble, laisser des doutes plus profonds dans Tesprit de M. Ed. iieecpierel, et (pii ainail du moins mérité un examen spécial. Le bismulli et beaucoup d'antres corps sont repoussés dans le vide; pour expliquer ce fait, M. Becqneiel, (idèle à son principe, qui exclut toute aciion n'pulsive pour n admettre que des actioiu élémentaires essentiel îement attractives se borne à dire : qwe le vide est plus mngnv tique que le bismuth. Quel est le sens de

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ces paroles? Comment peut se faire iei l'analyse des forces qui sont en jeu dans le principe d'Archimède? Où sont les pressions, comment se composent-elles pour donner une résultante, une poussée, qui écarte le bismuth et qui lui imprime le mouvement de répulsion qu'il éprouve? C'est ce que M. Ed. Becquerel laisse ignorer de la manière la plus complète. Il semble admettre, au moins d'une manière implicite, que tout naturellement le milieu éthéré qui remplit le vide se comporte en cette occasion comme ferait un fluide matériel ; c'est-à-dire qu'il reçoit des pressions par l'influence de l'aimant, que ces pressions de l'éther transmises et arrêtées à la surface du bismuth, se composent entre elles pour donner une résultant^ ou une poussée qui met en mouvement la masse pondérable. Si telle est sa pensée il aurait dû la dire et surtout la justifier ; car, la pression de l'éther du vide sur la surface des corps matériels est une innovation qui me paraît sans précédent et sans exemple dans les lois de la physique et de la mécanique.

M. Plùcker se place à un autre point de vue; il applique aussi le principe d'Archimède , mais il l'applique dans les limites où l'expérience en a démontré la rigueur, c'est-à-dire en tant que les pressions s'exercent et se transmettent de la matière à la matière ou d\m fluide à un solide. Il reconnaît donc que les aimants agissent par attraction sur les substances magnétiques, par répulsion sur les substances diamagnétiques ; cette répulsion élémentaire une fois admise , le principe d'Archimède pris dans son acception ordinaire suffit en effet pour rendre compte de tous les phénomènes qui ont été observés jusqu'à présent sur l'influence des milieux ambiants; il explique d'une manière simple et satisfaisante pourquoi tout corps magnétique et attiré dans le vide devient diamagnétique et se trouve repoussé lorsqu'il est dans un milieu plus magnétique que lui; et pourquoi tout corps diamagnétique, et repoussé dans le vide, devient magnétique et se trouve attiré, s'il peut être placé dans un milieu plus diamagnétique que lui.

CtlÀPITRE X.

Ttâégrapliic t'itclrique. — Horloges éleclriqur». — VUcMe de rékdricité. »

Viti-sse des proiji'ct îles dans les armes à feu.

SI*". Télégraphes électriques.

339. La télégraphie électrique est une preuTe frappantf de la rapidité avec laquelle les grandes découvertes se déyeloppeot dans notre siècle. Galvani en 1789, Volta vers 1800 , Œnted en 1820, ont découvert successivement les premiers princq)», ou les données fondamentales sur lesquelles repose ce nooreaa mode de communication ; plus tard la théorie de Télectro-magnétisme a été étahlie sur des bases solides ; les lois de la propagiition et de rintensité des courants âecuîques ont été démontrées par Texpérieuce, et la possibilité des communicatioDS électriques à de grandes distances s'est dès lors présentée à l'esprit de divers savants , non plus comme une idée vague, dont rélectricité ordinaire pourrait revendiquer la première origine, mais comme une vérité acquise, comme une vérité pratique dont les principales conditions pouvaient être déterminées et calculées d'avance. Plusieurs physiciens se sont mis à l'œuvre pour les réaliser, et aujourd'hui , dans presque tous les pays savants de FEurope et de TAmérique, il y a des télégraphes électriques de divers systèmes qui mettent en rapport immédiat des villes ou des contrées séparées par de grandes distances.

Quelques années ont donc suffi pour que la théorie reçût de la pratique rinfaillil'^e et éclatante sanction sur laquelle elle avait droit de compter.

Je dois essayer de donner ici une idée des principaux appareils dont on se sert pour résoudre ce grand problème qui prend chaque jour un plus haut degré d'importance.

Laissons d'abord de côté le nombre et la nature des signes qu'il est nécessaire de produire, pour se parler a cent lieues comme si Ton n'était qu'à quelques pas, et commençons par faire comprendre comment il arrive qu'à l'aide de cette puissance mer\'eilIeuFe on puisse, en levant le bout du doigt à Paris,

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