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CHAP. I. — DILATAnON DEg GAZ. US
n est sans doute encore peimis de dire , comme on Ta finit jusqu'à présent, que les gaz et les vapeurs ont le même coefficient de dilatation j et qu'il est indépendant de la densité ; mais il ne faut r^;arder cette loi générale et simple que comme une approximation ou une sorte de limite vers laquelle tendent les phi^ nomènes, et non pas comme une loi rigoureusement mathématique.
Afin de mieux faire comprendre la méthode que M. Regnanh a imaginée pour obtenir les dilatations des gaz sous des pressions variables, nous emprunterons la description qu'il en a donnée ( jinn. de Chim. et de Phys. , 1842 , t. IV ). On verra du reste qu'elle ne diffère pas de celle que j'avais donnée depail plusieurs années.
« L'appareil consiste en un gi-os ballon a (Fio. 15, 16, 17) de 800 à 1000 centimètres cubes de capacité, auquel est soude un tube thermométrique de 20 centimètres de long environ» Ce ballon sert de réservoir d'air, et doit être porCé successivement de 0 à 100^ ; il est mis en communication avec un tube en siphon plein de mercure, qui sert à mesurer la force âastique de l'air.
« Un tube if de 16 à 17 millimètres de diamètre intérieur, parfaitement cylindrique , est mastiqué dans une pièce de fer ih à robinet k. Cette pièce porte une tubulure latérale A, dans laquelle on a mastiqué un second tube hgfe de même diamètre que le premier sur la longueur fg. Ce tube se termine en haut par un tube capillaire recourbé fed^ qui a été pris sur le même tube thermométrique que le tube b soudé au ballon. Le tube h entre à frottement dans un petit tube de cuivre c à trois branches 1,2,3, dans lequel il est mastiqué solidement. Dans la seconde branche 2, on a mastiqué un petit tube capillaire p^ qui a été effilé à son extrémité.
« Le système des tubes H' et eh est fixé sur ime planche, qui est elle-même attachée soUdement, et dans une poûtion parfait tement verticale, sur un montant de fonte II.
« Le ballon a est assujetti d'une manière fixe dans un vase de fer4>lanc m/i, dans lequel on peut fedre bouillir de Feau o« entourer le ballon de glace. Ce vase pose sur un trépied en fcr rqqr^. Un fourneau o, placé sur un support #, peut être placé sous le vase mn et retiré k volonté.
Rudberg est le.premiei* qui ait appelé Fattention des physiciens sur la nécessité de changer le coefficient 0,00375 , déterminé autrefois par M. Gay-Lussac, et confirmé par les recherches que Dulong et Petit avaient faites sur la marche comparative du thermomètre à air et du thermomètre à mercure. Rudberg avait trouvé pour sa valeur 0,00365; moyenne de diverses séries faites avec soin , en employant Tune des méthodes dont Dulong et Petit avaient fait usage. Plus tard, M. Magnus parvint au nombre 0,0036678. Son travail remarquable fut lu à TAcadémie de BerUn peu de temps avant que M. Regnault donnât lecture du sien à FAcadémie des sciences. M. Magnus avait trouvé aussi pour les coefficients de Fhydrogène , de Facide carbonique et du gaz sulfureux , des nombres extrêmement peu différents de ceux que M. Regnault obtenait de son côté, et qu'il regarde comme définitifs.
Nous avons réuni dans le tableau suivant les résultats auxquels M. Regnault est parvenu, dans les recherches si complètes auxquelles il s'est Uvré sur ce sujet difficile et important.
Tableau des dilatations des Gaz à pression constante de 0 à iOO^ (Jnn. de Chim. et de Phys,^ 1842, t. V, p. 80).
Hydrogène 0,366
Air atmosphérique • • • • • 0,367
Oxyde de carbone 0,367
Acide carbonique 0,371
Protoxyde d'azote 0,372
Cyanogène 0,388
Acide sulfureux. •••,... 0,390
Par les divers procédés dont il a fait usage , M. Regnault a constaté que les dilatations augmentent avec la pression , mais très-inégalement pour les différents gaz. Sous 3 atmosphères et ^, la dilatation de Fhydrogène conserve sa valeur 0,366; celle de Fair passe de 0,367 à 0,369; et celle de Facide carbonique de 0,371 à 0,385.
La dilatation de Facide sulfureux éprouve une augmentation d^un tout autre ordre ; sous la pression de 960 millimètres seulement , elle passe de 390 à 398 .
Ces résultats remarquables monti*ent avec quelle réserve il faut admettre les lois générales qui paraissent les plus simples.