‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 123 sur 217 · CHAP. I. — . DÉCOUVERTE DU GALVANISME · texte numérisé non relu

CHAP. I. — . DÉCOUVERTE DU GALVANISME

n'est pas une bouteille de Leyde; le fluide qui Tagite n*est point dans ses muscles ni dans ses nerfs , il est dans les métaux; il se développe par leur contact, et il n'est autre chose que du fluide électrique ordinaire. Uue idée aussi contraire à tout ce que Ton connaissait alors sur les propriétés électriques et sur la coaducti* bilité des métaux, ne pouvait être admise sans opposition ; il «^ vrai que Thypothèse de Galyani était épuisée; elle ne produisît plus de faits nouveaux, mais elle avait l'avantage d'expliquer tous les faits connus, et d'établir entre eux une liaison sédnisante. Les opinions furent partagées. A quoi servent les deux métaux, disaient les partisans de Galvani, si ce n'est à établir une communication plus complète entre les muscles et les nei^, et â donner au fluide un écoulement plus libre ? A quoi pourraientils servir, répondaient les partisans de Volta, s'il n'y avait qu'une communication à établir; un seul métal ne scrait-îl pas suffisant? Et, de part et d'autre, on- tentait des expériences nouvelles, au. tant peut-être pour soutenir J'opinion qu'on avait adoptée que pour la mettre à 1 épreuve : car il y a aussi dans les discussions scientifiques une sorte de conviction prématurée , à laquelle on se laisse trop souvent entraîner. Galvani , sans nier l'efficacité des deu^ métaux, essayait de démontrer qu'un seul métal excite des contractions : et, en effet, une grenouille préparée ei jetée sur un bain de mercure, éprouve des palpitations très-sensibles: elle en éprouve pareillement lorsqu'on toucbe à la fois les muscles et les nerfs avec du plomb très-pur, ou avec un autre métal dans lequel l'analyse chimique ne découvre rien d'étranger. Loin de contester ces phénomènes, Volta les annonçait lui-même, «et il en tirait deà preuves à l'appui de son opinion. Il est vraitpi'un seul métal agit; mais frottez-en l'extrémité sur un autre métal , il agira encore avec plus d'énergie. liCs parcelles imperceptibles qui s'y attachent lui donnent une hétérogénéité suffisante ; c'est au contact du métal et de ces parcelles étrangères que l'électridté se développe. Ce qui est homogène pour Tanalyse chimique n'est point homogène absolument, et, d'ailleurs, si l'art ou la nature pouvaient nous donner un métal d'une pureté parfaite, ce métal agirait encore : dès qu'il touche les muscles ou les nerfs, il y a hétérogénéité aux points de contact, et par conséquent de l'électricité produite. Enfin , la substance des muscles et celle des nerfs sont assez différentes entre elles pour donner de l'électricité quand elles se touchent; et, en effet, en repliant

»leB nuscles cruraux sur les nerfs lombaires , on obtient des palpitations sensibles , surtout si la grenouille est très-vÎTe et trèsrapidement préparée.

£38. E^cpérlenees de Volta. — Poreft éleetroflioCrlee.^— €•■• -straelhiB de la plie , «t ses earaetéres détevMlaés par Texférleaee. — L'idée du développement de rélectricité au contact dis corps hétérogènes ne s^accréditait que lentement, la sévérité des théories physiques en réclamait des preuves encore plus directes-et plus décisives, et Volta essaya de les produire, au moyen du condensateur qu'il avait inventé quelques années auparavant, et que nous avons décrit n® 283 (Pl. 18, Fig. 6). * •

L'eT4>érience se fiiit de la manière suivante : après s'être as* sure que le condensateur garde bien le fluide qii'on lui donne , et après Tavoir remis à l'état naturel, on étabKt, avec les doigts siouillés , une communication entre son plateau supérieur et le sol; en même temps uae plaque de une, tenue pareillement arec les doigts mouillés, est mise en contact avec le plateau inférietir; «n seul instant suffit, on rompt les communications, on enlère le disque supérieur, et Ton observe une diviergenoe sentie dans •les lames dW. D'où vient cette électricité? Volta pensait qu^eile n'avait pu être développée qu^au contact du cuivre avec la lame êe rinc; négligeant complètement Taetion chimique qui peut 9 eyreer et qui s'exerce en effet au contact du une et du liquide qui mouille les doigts. Tolta regardait cette expérience comme «ne preuve incontestable 'qu'il y a entre le cuivre et le «ne, IfUrstpi'iis se touchent, une force éleetromotrice capable de développer de l'électricité vitrée sur le zinc, et résineuse sur le cuitw, car, tlans l'expérience dont il s'agit, le plateau du condensatetir qui touche le' zinc se charge de l'électricité résineuse.

Cette expérience a été variée de mille manières; tous les corps conducteurs ont^té successivement mis en contact «vec Tun de» plateaux du condensateur ^e cuivre; plusieurs physiciens ont même fait construire des condensateurs d'or, ou de platine, «pour éviter avec plus de soin les'a<*tions chiaiîqaes; et, sui^nt les conditions dans lesquelles on se place , on obtient ou Ton n'obtient pas d'âectricité. En général, ^ procédant comme nous Tavons dit d'abord, on obtient un^ charge au condensateur, t|nand le métal qui touche au plateau inférieur, hu quand k plateau supérieur lui-même, que l'on touche avec le doigt Bdouillé, sont des corps facilenient oxydad>les; mais, en général

GHAP. 1. — EXPÉRIENCES DE YOLTA. 510

ausâ, le coadeosateiir ne prend aucune charge sensible quand le corps que Ton sôume^^à Tëpreuve n'est aucunement aaltërable, ks plateaux eux-mêmes élant d'or ou de platine. L'onn'obtfent non plus aucune charge, lorsqu'en prenant une lame moitié zinc et moitié cuivre (Pi«. 23, Fig. 2), "on la tient à^a maijtf par la portion cuivre, pour mettre son zinc en contact avec le plateau inférieur. Dans ce cas, les physiciens qui nient lexistence de la forœ électromotrice, et qui explixpient ces phénomènes par Faction chimique^ se bornent à dire qu^il n'y a pas d'électricité parce qu'il n'y a pas d'action chimique , tandis que Yolta et les partisans de la force éleetromotrice disent que le zipc étant entze deux cuivres, il y a deux forces électromotrices dont les effets ae balancent : la première^ qui s'exerce entre le zinc et le plateau, tend .bien à charger celui-ci d'électricité résineuse, mais en môme temps |. elle charge le zinc d'une égale quantité dëlectrieité vitrée; la seconde, qui s'exerce entre le zinc 0t le cuivre de la double plaqiie , tend pareillement à charger le zinc d'électricité vitrée ; ainsi le plateau ne peut prendre qs'une quantité d'ékctndté résineuse égale à la moitié de l'électricité vitnée fii s'acoiimale sur le zinc, et il faudrait que la surface du ziAc fôt eKliéaaeraent grande pour que le condensateur pût se charger. U y a donc de l'incertitude sur la véritable origine de l'électricité qui se manifeste dans les expériences dont il s'agit. Pendant plud'de toente ans les physiciens ont admis , presque sans oontesfeatÎDn, que, conformément.aux idées de' Yolta, cette électricité était diK à l'action d'une force éleetromotrice; mai^ depuis la découverte de l'électro-magnétisme, qui a donné d'autres moyens d'étudier le i^lévelqppement dç l'électricité , et surtout depuis quelques années, une foule d^expériences nouvelles démontrent d'ime manière incontestable, non-seulement que Taotbn chimique développe toujoturs'les deux électricités, nyis que la plupart des phénomènes qui avaient été expfiqtiés par la force- éleetromotrice doiveatl'âtre essenti^lement par les actions chimiques^T £n attendait que nous puissio4i& aborder cette discussion, comme nous le ferons plus loin {^Electro-chimie^ chap. vu), nous devons nous boi:ner à accepter simplement les résultats des expériences, conformément aux vrais principes de la méthode expériiùenule, qui consiste à bien établir les faits et leurs conséquences, avant de chercher les explications et les causes premières.

iS20 LIVRE III. — MAGNÉTISME ET ÉLECTRICITÉ.

Nous admettrons donc comme un fait fondamental découvert par Yolta, que certains létaux, et surtout les métaux oxydables, dégagent de Télectricité, et chai^^ent le condensateur, lorsqu*ils sont placés dans les conditions dont nous avons parlé.

A ce premier (kit , Yolta en a ajouté un second bien plus fécond encore et bien plus important. Il est vrai que , dans son esprit, il ét^t une conséquence nécessaire du premier; mais nous laissons de côté pour un moment la liaison qu'ils peuvent avoir, afin de rester strictement dans les limites des données expérimentales. Voici ce second fait : sur une plaque de verre on pose m disque de cuiçre (Pl. 23, Fig. 3), sur celui-ci un disque de zinc y et sur le une une rondelle humide; puis sur cette première rondelle humide on continue à poser dans le même ordre, cuivre, zinc , rondelle humide ; et Ton continue ainsi, toujours dans le même ordre. Alors on a un appareil, une pile de f^olta^ qui présente les caractères suivants : 1^ si, après avoir touché te premier cuivre, pour le mettre en cpatact avec le sol, on vieot présenter tiu sommet de la pile le condensateur à tafietas (Pl. 18, Fig. 5), dès qu'il touche le sommet, il prend une forte chai^ge d'électricité vitrée; 2" si Ton procède en sens inverse, c'est-àdire, si, en mettant le sommet de la pile ai^contact avec le sol, on viçnt en toucher la base avec le condensateur. Ton y prend une forte charge d'électricité résineuse. Et ces expériences peuvent se répéter et se renouveler indéfiniment, même quand il y a plusieurs heures que la pile est montée, pourvu que les rondelles ne soient pas desséchées ; 3^ les effets électriques 4{ue Ton obtient sont d'autant plus intenses que l'on accumule un phis grand nombre d'éléments. t

La rondelle humide est un disque de papier, ou de carton, ou de drap, etc., humecté avec de l'eau dan» laquelle on a ftit dissoifdre uq sel, ou que l'on a aiguisée avec un ^ou j^ d'acide sulfurique, ou azotique, ou hydrochlorique, etc.

Les deux disques die zinc et de cutvre qui se touchent peuvent être soudés ensemble; ils fondent ce qu'on appelle tme paire, ou un couple j ou un élément de la pile.

Au lieu de zinc et de cuivre on^peut employer pour fiiire un élément des métaux quelconques, pourvu que l'un d'eux soit attaqué chimiquement par le liquide qui humecte la rondelle; mais il ne faudrait pas qu'ils le fussent tous deux également.

Celle des extrémités de la pile qui charge le condensateur

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