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CHAP. VI. — RAPPORT D'INTENSITÉ

produisent sont entre elles comme les longueurs des circuits, ces longueurs étant exprimées par le même fil.

Or, le diamètre du cuivre étant l^^jCt sa conductibilité 6,5; et le diamètre du fil de platine étant 0"",144 , et sa conductibilité 1,

U est facile de voir que 1" du fil de platine est équivalent à 313°* du fil de cuivre, et que 180" équivalent par conséquent à 56340". Ainsi, le circuit thermo-électrique étant de 60", et le circuit hydro-électrique de 66340" du même fil , la source hydro-électrique vaut 1127 fois la source thermo-électrique La pile de 12 paires était, comme nous Tavons dit, extrêmement faible; j'estime qu'on aurait pu la rendre 100 fois plus forte , et qu'une pile de 12 paires, très-énergique, donne un courant dont Imtenâté peut être 100 000 fois plus grande que celle d'un élément bismuth et cuivre ayant une diflFérence de température de 100^, et par conséquent 10 millions de fois plus grande que celle du courant produit par un élément bismuth et cuivre dont les soudures n'ont que 1* de différence de température.

Il est facile de voir que cette méthode de comparaison peut être appliquée à une pile quelconque , et qu'il ne serait pas nécessaire d'employer un fil de platine plus long que celui qui nous a servi ; car on pourrait aisément atténuer le courant de la plus forte pile en lui faisant traverser des colonnes liquides de dimensions et de conductibilité connues, qui seraient ensuite estimées en longueur de fil de platine.

291. DéflMitloBB de l*lBtenslté des eourasts, de la qnaatlté d^éleetrlelté qui les eoastltaet «t de la teaslon des sonrees électriques. — On peut appeler courants de même intensité ceux qui produisent la même déviation en agissant de la même manière sur la même aiguille aimantée ; quand on dit, par exemple, que toutes les parties d'un circuit ont la même intensité , on n'entend pas dire autre chose, sinon qu'en prenant des longueurs égales sur ces différentes parties, elles produisent des déviations égales sur une même aiguille, lorsqu'elles agissent sous le même angle et à la même distance , ou en général de la même manière. Or, dans nos boussoles de sinus, les intensités, définies de la sorte, étant proportionnelles aux sinus de la déviation , il est évident qu'un courant aura une intensité double ou triple de Tintensité d'un autre courant lorsqu'il produira des déviations dont les sinus seront doubles ou triples.

QnaatUé d'éle«trieité* — Il impcMte maiatenant d'exaflûiiff les relations qui peuvent exister entre les intensités des oonruiti et les quantités dVIectiîcité en mouvement qui les constituemt. Lorsque Tinteusité d'un courant augmente , la quantité d*éleo tricité qui est en circulation pour le constituer augmente*t-eUe dans le même rappoit? Pcwr «ésoudre cette question ^ Ton peut admettre comme évident que la quantité d^^lectriaité qui passe dans un circuit^d'une intensité constante est proportionnelle au temps, c'est-à*<dire que dans ^^ il en passe une fois autant que dans 1*^, etc., etc. U suffit donc d'eaiaminer si, en réduisant à moitié le temps pendant lequel passe un courant, on reduit pareillement à moitié son action surlaiguiile : car, s'il en «st ainsi, il sera vrai de dire que la quantité d'électricité est pn^KHtioiinelle à l'effet éicctro^magnétâque du courant ou à son intensiuf.

Parmi les moyens qui se présentent pour réduire le temps de Faction d'un courant sur l'aîguiUe , sans cesser d'obtenir un» déviadon qui soit la même pendant l'action et pendant rinter* niption y j'ai adopté le suivant :

J'ai fait construire différentes roues dentées métalliques analogues à celle qui est l'eprésentée (Pjl. 22, Fig. 26); les dents sont rectangulaires, et leur intervalle est rempli avec des deais de bois : cependant, la tranche de la roue se trouve anîe comme le pourtom* d'un disque, et présentent ainsi des surfaces alterna* tivement conductrices et non conductriees , les premières étant toutes égales entre elles, et les secondes pareïllenient égaies entre elles ; mais leur rapport étant variable d'ime rone à Taoïre.

Dans la figure 26 , k dent de métal est ^ale à la dent de bois. Cette roue, portée sur un axe métallique, peut recevoir un mouvement de rotation extrêmement rapide ; l'un des pôles de la pile communique avec l'axe, et l'autre à un fil plus ou moins long qui passe sur la boussole de la figure 17, et vient se terminer ensuite par une petite languette / dont Textrémité presse un peu contre la tranche de la roue ; cette buaguette est disposée pour n'éprouver aucune vibration sensible. Pendant le repos, lorsque la languette touche une dent de métal, le courant passe en totalité, et Ton peut observer la déviation qa'il imprime à la boussole : au contraire, quand la languette touche une dent de bois, le courant ne passe plus, et l'aiguille de la bousso!tf revient au zéro. Quand le mouvement de la roue est trtôJeoti l'aiguille oscille et ne s' arrête pas, mais, à mesure qu'il sacce-

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1ère, les oscilkitiûiis diminuent .d'amplitude, et l'on amve bien* tôt k une certaine vitesse pour laquelle TaiguilLe reste parfaitement fixe; à partir de ce point, ou peut augmenter la iristefiae indéfiniment, sans que Taiguille cesse d'être immobile et de marquer la même déviation.

Par exemple; dans une ex^périence, la déviation était 60® pen« dant le repos ; la roue étant mise .en mouvement, il a fallu faire environ ô tours par minute pour que Taiguille cessât d'^Mciller : elle marquait alors aine déviation de 25® 45'; et, lorsque la vitesse a été portée à 3L0 tours par secomle.^ l'aiguille est restée immobile à 25^ 45' ; le ^inus de 60® étant double du sinus de 2ô® 45', il en résulte que, pendant Je mouvement:, rintensité da courant a été réduite à moitié. Qc, la roue |>orUÛt 120 denta, 60 de boîs et 60 de métal : lorsqu'elle faisait 20 tours par seconde, il passait 2400 dents en l''; il y avait donc 12410 fois passage du courant pendant ^^.9 et 1200 fois ialerruptioa pendant le même temps. Si , pendant ichaque contact, on pouvait ne laisser passer que la moitié du courant et. retenir l'autne moitié pour ht faire passer pendant l'intermittence, il est évident ifàt l'on aurait un courant continu formé par une quantité d'électricité moitié moindre «et marquant une déviation de 25® 45'. D'où il résulte enfin que la quantité d'électricité qui constitue le courant «st proportionnelle à l'intensité de. ce courant; ainsi les intensités peuvent être prises pour la mesure des quantités d'électricité.

Ces expériences ont été faites av«c des roues dans lesquelles les dents de bois et les dents de métal avaient d'autres rapports, et elles ont conduit au même résultat : il faut seulement avoir bien attention que les fils qui composent le circuit ne fassent pas de circonvolutions sur eux-mêmes, car, en vertu de la réaction qui constitue les phénomènes d'induction, on observe alors des résuitats tout à fait différents ; c'est même un très-utile moyen d'étudier ces phénomènes singuliers de réaction et d'examiner les renversements de courants qu'ils produisent qtielquefois.

La propositMHi précédente nous conduit à cette conséquence, qu'une même source électrique peut, dans le même temps, donfier des fpuntités d'électricité très^iffér^ntes, et que ces quan«tités sont précisément en raison inv^erse des longueurs des cirouits que traverse le courant , les loagiieurs étant rapportées à uae même unité ou à un même fil. En effet, puisque VinAeasité

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d'un courant est réduite a moitié lorsqu'on double la longueur totale du circuit, il est bien évident que la quantité d'électricité qui passe alors dans le même temps se trouve réduite à moitié, puisqu'elle est toujours proportiotmelle à l'intensité du courant. Les sources électriques ne peuvent donc en aucune sorte ^re définies ou caractérisées , ni par la quantité d'électricité qu'elles mettent en circulation, ni par l'intensité des courants qu'elles produisent; car ces éléments sont essentiellement variables et liés, comme nous venons de le voir, par des lois très-simples à la nature du circuit dans lequel passe le courant de la source.

Tension des senrees éleetrlqves. — Mais il y a un autre élément qui peut caractériser les sources électriques, c'est la tension^ que nous allons essayer de définir d'une manière rigoureuse. Nous appelons sources électriques de même tension celles qui, dans le même circuit, donnent des courants de même in* tensité ; et une source aura une tension double d'une autre quand, dans le même circuit , elle donnera un courant d'une intensité double, etc., etc.

Les principes que nous avons établis pour transformer un circuit en un autre équivalent, permettent toujours de comparer rigoureusement deux circuit^ quelconques ; au reste, nous allons entrer dans quelques détails.

Si nous considérons, par exemple, la source thermo-électrique bismuth et cuivre, nous dirons que sa tension augmente proportionnellement à la différence' de température des deux soudures, puisque, dans le même circuit, elle donne des courants dont Tintensité augmente en raison directe de cette difTéreace.

Si nous considérons maintenant une pile hydro-élecrtrique ordinaire d'un nombre quelconque d'éléments, dont la résistance soit par exemple de 100 mètres d'un fil de cuivre, et dont le courant ait une certaine intensité 1 , loi*sque l'on complète le circuit avec un fil pareil de 20 mètres de longueur; puis, si en ajoutant de l'acide on trouve que la résistance se réduit à 10 mètres, et qu'en complétant le circuit avec le même fil àt 20 mètres son intensité se trouve quadruple, nous dirons que la tension de la pile n'est pas changée, bien qu'elle paraisse 4 fois plus forte : car , dans le premier cas , son circuit était de 120 mètres, et il est de 30 dans le second; donc ici , à ^alité de tension, l'intensité doit être quadruple. Si, au contraire , en ajoutant l'acide la résistance leste la même , et si avec le même

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