CHAPITRE IX
Djamagnétisine et magnétisme de tous les corps.
531. Il y a des substances qnl sont reponssées par les aimants, on les appelle snbstanees dlama^aé tiques. — En 1845 M. Faraday fit en même temps deux belles découvertes : la première se rapporte à des propriétés optiques très^extraordinaires que prennent la plupart des substances diaphanes pendant qu'elles sont sous Tintluence des aimants ; nous les ferons connaiti^e plus loin (Optique, lumière polarisée^ chapitre iv, polarisation rotatoire magnétique); la seconde se rapporte à la propriété non moins extraordinaire que possèdent certaines substances d'être repoussées par les aimants. M. Faraday avait appelé diamagnétiques les substances qui jouissent de cette pro^ priété répulsive ; cette dénomination a été adoptée par la science; de là l'expression de tliamagnéîisme pour désigner l'ensemble des phénomènes que présentent les substances diamagnétiques. Cette découverte a donné une nouvelle importance aux recherches qui avaient été faites autrefois par Coulomb sur le magnétisme de tous les corps, et nous avons cru devoir réunir dans le même chapitre ces deux ordres de phénomènes qui ont d'intimes rapports , bien qu'ils procèdent de foi-ces qui semblent être opposées.
Le bismuth étant le corps le plus diamagnétique , nous allons nous en servir pour indiquer les diverses expériences auxquelles on peut soumettre les corps de cette espèce.
Une petite balle de bismuth d'environ un centimètre de diamètre est suspendue par un fil un peu long près des pièces polaires du grand électro-aimant de RuhmkorfF(PjL. 25, Fig, 1) çie nous avons décrit dans le chapitre précédent; ces pièces sont très*rapprochées , leur distance est un peu moindi-e que 1 épaisseur de la balle qui s'appuie contre leurs exti'émités(Fi6. 3); alors au moment où l'on fait passer le coiurant , la balle de bismuth est repoussée à une certaine distance et cette répulsion se ^utient tant que passe le 'courant; mais, au moment où Ton
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rompt le circuit, elle vient se remettre en contact avec les pôles pour être repoussée de nouveau avec la même force et la même persistance pendant tout le temps que les communications soDt rétablies.
Gîtte répulsion se manifeste encore d'une autre manière, comme je Tai indiqué en 1846. L'électro-aimant étant vertical, ses pôles en haut , il suffit de poser sur son extrémité une feuille de papier mince bien tendue et d'y jeter du bismuth eu poudre, assez finement puWérisé dan» mi mohier d'agace ; ees fines poussières, si elles étsànax magnétiqiKS, dessinenieiit le conlosr du fer de rélectro-oimanC en s'attachant e€ se preatant sur cettt ligne plus qu'ailleurs; comme elles sont repoussëcs, c'est Teflèt contraire que l'on observe : le bord du fer est marqué par aoe bande étroite où aucun grain de Usmuth ne peut s'arrâter.
M. Faraday avak observé ce fait fondamental en suspendant avec un fil wi petit barreau de bîsmulb entre les éei» pôles de rélectn>-aimant ; alors, au lieu de se diriger dans la ligne des pôles, comme font les corps magnétiques, le barreau de bismudi se dirige perpendiculairement à cette ligne; c^esc ce qu'on exprime quelquefois en disant que les corps magnétiques |M«aneiit k direction ojr/a/eetlescorpfrdiamagnétîquesladirectîoirejMfftorûi/A
On a rappelé à cette oceasion que Bragmanns avait obsené des 1 778 Tactien répulsive du bismuth , que Le Bailtif Favait reproduite en 1829 au moyen de son aidéroseope^ et que M. Becquerel vers cette même épocpie avait constaté la positioD équatoriale de certains corps, sou» certaines conditions; ees rapprochements sont intéressants pour l'histoire de la science; mais il est juste d'ajouter que la liaison qui peut exister entre ces anciennes observations et celle de M. Faraday a beauconp ph» d'appaitence que de réalité.
Le nombre des corps diamagnétiqoes est très-considérable : parmi les métaux , le plomb et le zinc paraissent venir après le bismuth , leur action cependant est beaucoup plus faible ; parmi les métalloïdes, le phosphore et le sélénium, beaucoup pki^iîiibles aussi que le bismuth, sont un peu plus énergiques que le soufre: parmi les corps composés on remarque comme ayant une asses grande force , l'eau, l'alcool , Téther, l'esseiice de térébenthine, la plupart des acides et des dissolutions salines^ la cire, le sucdot la nacre de perle, TécaiNe de tortue, le tuyau de plume, ^ charbon, etc., etc. *
GBAP. IX. — SUBSTANCES DIAHAGNËTiaHES. 7M
Les liquides peuvent être soumis à Fépreuve directement, seit par la méthode de M. Faraday ,. en les enfermant dans des tubes très- minces de verre pour obseiTer s'ils prennent et conservent la position équatoriale avec plu& ou moins de vivacité; soit par la méthode de la balance, qui a été employée par OErsted [Ami. de Chim. 9t de Phys.^ t. XXIV, p. 424) et par M. Plùcker {Ann. de ChimSeide Phy^.j t. XXIX, p. 130). L'appareil de M. PKicker est r^issenté' (Pl. 25, Fig. 14); il se compose d'un giand él«clnMiimant vertical, sur les extrémités duquel on adapte OL a , A , des pièces polaires de diverses formes , sqivant le but qu^on se propose; ces pièces, posées en regard Tune de l'autre et plus ou moins rapprochées, forment une sorte de champ magnétique horizontal dans lequel on suspend ensuite les corps que Ton veut éprouver. Au-dessus des pôles s'élève une cage , destinée à former balance de torsion , ou à recevoir une balance ordinaire très-délicate dont toutes les pièces sont de verre; dans ce dernier cas un verre de montre est attaché à l'un des bras de la balance, et vient se poser, d'une manière déterminée, dans le champ magnétique ; on le remplit de liquide , on établit l'équilibre pendant que le courant passe et que les pôles exercent une action répulsive; ensuite, après la rupture du circuit, quand il n'y a plus de répulsion, on cherche quel poids il faut mettre dans Tautre bassin pour rétablir l'équilibre.
L'électro-aimant de M. Plùcker est à plusieurs fils, ce qui permet d'en faire à volonté un éieotro-aimant à fil de grande ou. de petîte^eotion ; entre les deux colonnes n, n\ destinées à porter et à isoler les extrémités des fils de Télectro-aimant, on voit le commutateur c au moyen duquel on renverse subitement le sens da courant.
OErsted avait aussi employé ce mode d'observation ; mais il s'était surtout appliqué à démêler les phénomènes que présentent dan» leurs directions les aiguilles diamagnétiques, suivant les positions qu'on leur donne, soiten les élevant, soit en les abaissant dans le champ magnétique , soit en les plaçant de diverses manières par rapport aux arêtes des pièces polaires. Ces change*» nients de direction , à raison de la hauteur de l'aiguille , de la position de son centre , de la forme des pièces polaires et de l'énergie de l'électro^^aimant, sont tellement compliqués que^ même pour le bismuth, OErsted n'est pas parvenu à en saisir les loîft d'une manière certaine. On trouve bien toujours la position
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équatoriale ; mais l'oa parvient aussi à trouver des positions différeutes, et la position axiale elle-même; ce dernier cas so prt'senle, par exemple, quand les pièces polaires étant percées d'uiie ouverture horizontale coirespondent à Tai^lle de bismuth et à la hauteur de celte ouverture.
532. Les propriétés des sabslaaees dlaauigttëtl^ves éépes* deal da mlllea dans lequel elles sont ploB^ées. — On doit encore à M. Faraday cette observation impcMtante : que, tel corps qui semble magnétique, qui obéit à Tattraction des pôles , et qui prend la direction axiale lorsqu'on Tobserve dans l'air, peut se montrer diamagnétique, être repoussé par les pôles et prendre la direction équatoriale lorsqu'on Tobserve dans un milieu différent de Tau* et convenablement choisi. Par exemple, le protosulfate de fer, en dissolution très-étendue , parait sensiblement magnétique : car, s'il est enfermé dans un tube mince de verre et suspendu entre les pôles de Télectro-aimant , il se dirige axialement, suivant la ligne des pôles et avec une certaine force. Une petite cuve de verre remplie deau est disposée entre les pôles de telle sorte que le tube de sulfate puisse y être plongé et qu'il se retrouve alors, au milieu de ce liquide, dans la même position magnétique qull avait dans lair; aussitôt que le courant passe, il est attiré de nouveau, et reprend, comme tout à l'heure, sa position axiale. Mids, sans déranger la cuve de verre, on substitue à l'eau une dissolution de sulfate de fer plus concentrée que celle qui remplit le tube, et celui-ci est remis exactement en place dans ce nouveau liquide ; alors , quand on ferme le circuit , le tube de sulfate est repoussé ; au lieu de se tourner dans la ligue des pôles, il se tourne équatorialement dans la ligne perpendiculaire, et se maintient là avec une force trèsmarquée. Ainsi un corps n'est pas magnétique ou diamagnétique d'une manière absolue , mais seulement d'une manière relative et dépendante du milieu dans lequel il se trouve ; ici il est magnétique, là diamagnétique 9 suivant, le milieu qui l'entoure.
Ce fait fondamental a été vérifié , confirmé et développé par plusieurs expérimentateurs , et particulièrement par M. Plûder et par M. Ed. Becquerel.
333. Les slmsats donneBl nne covrbare extraordiasire A la sarface de niveau des liquides maKaétiqaes. — Les dissolutions des sels de fer, de nickel et de cobalt, sont en général magnétiques à la manière de ces métaux, mais leur force relabre
GHAP. IX. — SUBSTANCES DIAMAGNÉTIQUES. 753
est toujours très-faible, de plus elle est différente d un sel à l'autre et pour le même sel toujours d'autant plus petite que la dissolution est plus étendue. C'est là ce qu'on reconnaît en éprouvant ces diverses dissolutions dans le même tube ou dans des tubes pareils , entre les pôles d'un électro-aimant, traversé par un courant de même intensité. Mais M. Plûcker a rendu ces expériences encore plus curieuses en versant les dissolutions dans un verre de montre qui est ensuite posé sur les deux pôles de rélectro-aimant , comme on le voit (Fig. 6) ; alors, au moment où Ton fait passer le courant, la surface de niveau se déforme, elle se relève au milieu et se déprime de chaque coté, dans les points qui correspondent à peu près aux arêtes des pièces de contact. Cette forme singulière de la surface subsiste aussi longtemps que le courant ; le niveau se rétablit au moment de la rupture du circuit. On peut répéter Texpérience vingt fois ou cent fois de suite avec le même liquide, et les changements de forme, même les plus rapides, se montrent toujours avec la même régularité.
Le protochlorure de fer, à raison de sa grande force magnétique donne la dissolution dont la surface est le plus profondément impressionnée ; on ne voit jamais sans surprise sa surface se bomber et se creuser de la sorte, pour se maintenir dans cet équilibre forcé sous l'influence des actions magnétiques.
Ces phénomènes pourraient sans doute être variés de bien des manières; soit en graissant les pièces polaires pour couvrir leur surface supérieure de petites gouttes liquides arrondies; soit en mettant la surface de niveau au-dessus des pôles qui viendraient alors verticalement au-dessus produire une ascension locale; soit en mouillant les arêtes inférieures des pièces polaires, avec de grosses gouttes pendantes de liquide qui' deviendraient plus courtes et plus ramassées par Teffet de l'attraction.
Les liquides diamagnétiques éprouveraient des effets inverses ; M. Plûcker a rendu sensible le diamagnétisme du mercure, bien qu'il soit très-faible , en regardant de près les changements de courbure d'une goutte de mercure étalée sur une pièce amalgamée et soumise à la répulsion des pôles.
334. I^es «Imiuats exerce»! nae aetion répnlalTe sar 1» flanaie d*wie beugle* — L'action que le courant exerce sur la flamme a été observée pour la première fois, en Italie, par M. Bancalari; ce fait très-curieux a été présenté au congrès scientifique qui s'était réuni à Venise, en septembre 1847. I. 48
75i LmiB m. — HAGlffiTISm ET ÉLBGTRiCITC.
L^expërienoe exige des précaulioiis partktdières; elle réiuât parfaitement arec Tappareil de RuhndLorff et nom TanFoas représentée (Pl. 25, FiG. 5) ; on visse sur rëlectro-aîmaiit lespîèees polaires arrondies , on les approche à quelques iBiUifliètres de distance, le support de la bougie esA ajusté sur la règle rf (FiG. 1), de manière que ht Qanmie passe entre les sommets dei deux cônes polaires; cela feît , on établît les commmticaftioM, alors Faction magnétique divise la flamme en deux paitîes qm sont comme soufflées horizontalement de chaque coté de l'axe de rélectro-aknant, et qu» se maintiennent ainsi tant que passe le courant.
Les alternatives de fermetuie et de rupliiife de circuit jendent ce phénomène encore plus remarquable.
Toutes les flammes éprouvent des effets nnalogues ; il pnit cependant que la flamme de Tfaydrogène est parmi les moins sensibles et la flamme de résine parmi les plus sensibles à cette répulsion magnétique.
M. Quet a remarqué que si Ton présente entre les deux sommets des pièces polaires , le jet de flamme que donne le ooarant entre les deux pointes de charbon (Fio. 4), il se produit alon un effet de chalumeau des plus intenses ; la direction du dard dépend de celle du courant ; il se pourrait malgré cela que oe phénomène eftt quelque rapport soit avec le précédent, soit avec celui que nous avons signalé (399).
35«t. I<*ox7^tt» est tvès»nMi|paétl4«e, tes «atres ^^ «tapies •a eoB»peBé« p«miIm«hC Mre «v nia|pBëtfq«e« A la aumière ê» l'ovyipéae» «Mtfs «vee 1w»«a«np noIaB de forée, o« UidUflévents, o« <toiagBétl^i«es. — L'expérience précédente ^ M. Bancalari a été le point de départ d'un grand nombre de recherches sur le magnétisme on le diamagnétisme des gaz. Od a voulu savoir si la fiamflle est diamagnétique à la manière da bismuth et de Veau , si la répidsion qu'elle éprouve est une conséquence de sa haute température, ou de l'ensemble de sa composition chimique, ou plutôt de quelques-uns des déments qui la constituent. M. Faraday a été des premiers à s'enga«er dams ces expériences ; sa première méthode d'observation consistait à disposer de petits tubes près des pièces polaires de son électro-aimant ; puis de faire passer par ces tubes des courants de différents gaz, qui devaient être réunis par Taction Bia^oé' tique attractive ou diq>erBés et étalés par l'action magoétiqae
i«pidsrv«. La réwcm oa la dUsperoioti étaient oonststoeg^ sait par un theronomètre délicat éispo^é smr \e clieinin Am ga« qm^tà 'ÛB ariâent élé cinuiféft , mit par d'autres ttojreas mécaniques ou dihniqueft ^mnâ ik s'écmilaieot à la température ordinaire. C'est moA qu^îl reconnut que le ooorant d'Kncjgène est: tcxgours fiMluttient aixiré par t'aeiioa magnétique dks& ptèoea polaires; tandis ijue d'autres gas sont à peu près indiffiéreuts et d'autN» sensiblefneiit repoussés. Pré^fenu par ses redterohes autérieu^ res, comoie nuus TaTons indiqué plus liant, que le milieu ambiauft exerce uue xnflueuce -ooosidérable sur la nature de faction des pdles , il eut la préeaution de produire ses oorarants gazeux ^uocessÎTeîuent dans des espaces femés remplis de difiK* rents gaz; mais, que Toxygène s'écoule dans Tacide carbonicpie) ^ans le gaz d'éclairage ou dans un autre milieu ambianft^ sa ^ présence se manifeste toujours par une Tire attraction. Aimi l*oxygene est magnétique, du moins relativemeut et à la manieru eu protosulfate de fer en dissolution étendue, c'est-è-dire «qu^ii se pourra bien trouver un œrtaiu mMieu qui le fcsse paraitiu diaraagnétique. {Pkilosophical Mêtffozine, t. XXXI, p. 401^ année 1847,)
M. PKicker arait cru pouToir ajouter un fait de plus ; fl avait cru reconnaître que Foxygène augmente un peu de volume qeand il cïst soumis à «ne puissante action magnétique ; et il «en tirait la conséquence que l'oxygène est dianiagnétique. Cette <x>ucltt^on, à nlon avis, n'aurait pas pu être légitime par cela seul que le diamagnétîsme n*est qu'une propriété relative; mais la faible expansion dont il s'agit tenait à des causes accidentelles « M. Faraday a étabK par des expériences dédsivses que les gaz ne changent pas sensiblement de volume par les actions magnétiques ou diamagnétiques qu'ils éprouvent. . M. Ed. Becquerel a fait sur le magnétisme des gaz et en particulier sur le magnétisme de l'oxygène, des expériences qui coufinnent celles de M. Faraday et qui me seaniilent d'autant plus ÎDtéressantes que sa méthode a l'avantage de se prêter à des mesures de comparaison. [j4nn. de Chim. et de Phys,^ t. XXVIII, mars 1850 et t. XXXII, mai 1851.) Son appareil est représenté ({^* 25, FiG. 15, 18); a, b sont les extrémités d'un puissant ^tro^imant en fer à cheval 9 c, c' les pièces polaires prismati* ^^; rf, d deux paraliélipipèdes allongés de fier doux, posés sur ^s pièces polaires ; «, €' portions saillantes et eficaces des paralU»
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lipipèdes d, eF'j ce sont à proprement parler les pâles acbis de l'électro-aimant. On remarque (Fio. 18) qu'ils ne sont pas dans la même lig[ne , afin que la lunetle / puisse observer le point de repère qui est tracé sur rextrëmité de Taiguille uu' soumise à rexpérience. Un bloc de bois /* reçoit une éprouvette fermée en haut par une pièce de métal ; celle-ci porte latéralement des robinets pour faire le vide et introduire les gaz, et au milieu une pièce conique bien rodée à laquelle est attaché le fil d'argent dont la torsion doit donner la mesure des forces magnétiques; ce fil a une assez grande longueur et un diamètre de 4 centièmes de millimètre , son degré de torsion est marqué en haut par un cercle gradué sur lequel se lit le mouvement de la pièoe conique.
L'aiguille suspendue au fil de torsion est d'abord un petit tube de verre mince de SS""" de longueur sur 7*"°* <!e diamètre, pesant 0*^,742 ; le repère que poite son extrémité étant sous le fil de la lunette , on fait passer dans rélectro-aimant le courant de 30 éléments Bunsen ; l'aiguille est attirée par les pôles et il faut tordre le fil de 6*,35 pour ramener le repère sous la lunette. Alors 9 on fait le vide dans l'éprouvette , et Ton remarque que l'aiguille est attirée davantage et qu'il faut maintenant une torsion de 7*, 5. Cette différence d'un peu plus d'un degré de torsion est , à la vérité , peu considérable ; mais , dans un appareil ajusté avec tous les soins qu'exigent les expériences de cette espèce, elle ne peut pbs sans doute être attribuée à l'incertitude de l'équilibre. Ainsi l'aiguille de verre est plus attirée dans le vide que dans l'air, ou en d'autres termes , la présence de l'air diminue sa force attractive, comme la présence de la dissolution de sulfate de fer, dans l'expérience de M. Faraday (339), diminue la force attractive de l'aimant sur le tube rempli d'une dissoludon étendue de sulfate de fer. Par conséquent l'air parait être une substance magnétique.
M. Ed. Becquerel ayant alors rempli Téprouvette successivement de différents gaz pour étudier comparativement Facbon attractive qu'éprouve l'aiguille de verre dans ces gaz et dans le vide, a reconnu que Thydrogène, l'azote, l'acide carbonique, ne produisent pas d'effet sensible ; tandis que l'oxygène , au contraire, produit un effet qui est environ 5 fois plus grand qOe celui de l'air, c'est-à-dire que la force attractive qui était dans le vide de 7* ,6 et dans l'air de 6*,36, se trouvait réduite de l*,!*
CHAP. IX. — SUBSTANCES DIAHAGNÉTIQUES. ni
par la présence de l'air, et, par suite d'environ 6* ,75 par la présence de Toxygène ; ainsi dans ce gaz il ne devait rester à raigoille qu'une force de torsion de 1*,75.
Ces résultats, qui n'auraient pas été^décisifs par leur grandeur absolue , le devenaient davantage par leur 'grandeur relative dans les gaz de diverses natures. Mais M. Ed. Becquerel est par- Tenu à lever tous les doutes à cet égard en profitant ingénieusement de la propriété que possèdent certains corps d'absorber des volumes de gaz très-considérables. Les belles recherches que M. Théodore de Saussure a faites autrefois sur ce sujet ont ici trouvé une heureuse application; le charbon, par exemple, con«> dense sous la pression ordinaire :
Volumes. Volumes.
1,75 d'hydrogène. 35,00 d'acide carbonique.
7,50 d'azote. 40,00 de protoxyde d'azote.
9,25 d'oxygène. . 85,00 d'acide chlorhydrique.
9,42 d'oxyde de carbone. 90,00 de gaz ammoniac.
Un cylindre de charbon de chêne, de 35 millimètres de longueur sur 10 millimètres de diamètre, pesant l'',4lO, ayant été recuit au rouge dans du sable et soumis à Fexpérience dans l'éprouvette, a donné les résultats suivants : dans le vide il était diamagnétique et repoussé, sa force répulsive étant mesurée par un angle de torsion de — 3^,85; dans l'oxygène il est devenu magnétique et attiré, sa force attractive étant mesurée par un angle de torsion de + 18^,55 ; dans l'air il a été pareillement magnétique, et attiré, sa force attractive étant mesurée par un angle de torsion de 1^,20. Ainsi la condensation de l'oxygène dans le charbon et même la condensation de l'air, ont produit le même effet que si l'on avait ajouté au charbon quelques parcelles de fer ou d'un autre corps magnétique ; car l'oxygène ambiant et l'air ambiant auraient par euxHoiémes contribué à augmenter la force répulsive qu'il éprouvait d'abord dans le vide. Ainsi l'oxygène est trè»*magnétique et l'air lui-même est magnétique ; mais, l'air ne parait être magnétique que par l'oxygène qu'il contient; car, l'azote pur condensé dans le cylindre de charbon, à la manière de l'oxygène, n'a produit aucun changement sensible ; la force répulsive est restée ce qu'elle était dans le vide.
L'acide carbonique, au contraire, et le protoxyde d'azote semblent, par leur condensation, augmenter un peu la force répulsive du charbon, mais dans une très-faible proportion.
iw uim m* — MAfiiftfiai» bs élbctemu^
M. Plûder ayant ftît ^/im récamment des «gMBriemae» sir ks pa pw^ sa iséthode de la balance <»dînaîr«, connw BAuaVavatt indiqué plus haut, a «té conduit aux résultais suîiRinis {Jmt. da CAàm. e$ de Pkys^., t. "XXXIV^ man 1S5S) :
L'^sygèney comoao coq^ magnéûfu, pacak doué d'une cc»- I fivce «MMfiTei
Le kmyde dfaaole est fiMPtement nMigaét«|ie, prgiyf autan
■e sî Voxygina et ^aanie qui k componenit étaient i
L'aeidia aoeteux à l'étal de gax est enenve lugnîti^e, maâ Boins «pie le bî«&yde d'ttio4e ; à l'état Uqnide il est dinmayiétiyi^
L'acide hypoazotique à l'état de |^ est à peu pris inspasihk au magnétisme; mais à l'état liquide il est fortement diamagn^ tique.
SaiL CoMpaaalaaM éae peuToIrs maseétl^iMW «$ «Éamagaétl4«ee #ee jMWHnMte eavpe* «— M. Plùcker et M. Ed. Becquerel se sont particufièrement occupés de cette question ; l'un en ■Wfmranf les eSeta au nx^en d'une balance ordinaina trèa^eaaiUe, l'auive en las naasuiant au. aK>yeB de la torsîaa d'un fil d'ai^nt de 45 miUièateS' de mUlimèore de diamètre^ H suffin d^ajottter que^uea mets à ce ipie nous. a?enft d^ dit pour £ure isoraprendra le pi;Qfiédé da ML Ed« Beccpiarel; son appaceil est aepésenté (Psi. 2â, Fie. 16» 17, 1&); e, k repeésenteni ki extrémitéa de r^ectto^eimant en fer à^ ebevaL, et les. pièces pebûrea eonnne nQua»Vav0ns expliqué dans-l' article preeédent (33a); Vai|[niUe soumise à l'expérience est suspendue au fil de tocsioa (F». 16); an^essous. d'elle il y a» sur le support de bob /, use petUe auge contenant un liipiid» desliné à aflx>rtÊr les osdllatieas^ peMV eela on y &iit plonger la petite balle qui est suspendue à l'aiguîUe» et qu» donne an fil une tensàon conv^iabk; ^piond le courant ne passe pas dans rélectro^aimanf, la toiakm est miQe et l'on aaaàne soua la lunatle / le repère i|ui est tracé à rextrànité de ïaigjMUe ;, (piand le courant passe, l'aiguiUe m*' gpaBtû|ifea est attÙBée, Taigiùtte din magnétique est nepoussée, <» ^uii permet de ¥ok de suite da«s» qedle catéf^me se. trou» b substance de Taiguille souaûse àrépreamaf eaté|^rie <pii est is* lative, comme noua l'aTonfr déjà dk^ et dépendante du ailiis «ttwonmmt.
Mais pour eompavet emse ellea^ sak les attraetinas , ao^ ^ répulsions, il suffit de produive à la paitîa supécienre du fi «"^
GBAP. IX. — SOBSIIAKCSS DUMAfiNÉTlftlISS. 159
tonîoa (XHKveiiable qui ramène toujouift 8ou& le £1 de la lunette ie poiitf de repère de Taiguille*. Soîeat â, ê', ces angles de Uur» sion pour deux subfiUnces; f, f, les forces magnétiques correspondantes, on admet que ces forces sont proportionnelles awK angles d et 61' ; soit qu'elles se trouvent toutes les deux attrao* tivies, toutes les deux répulsives, ou Tune attractive et l'autre répulsive.
Ce prind^ie, si simple et si vrai tbéonquemenx, contient cepeuH dant en lui-même un grand nombre de conditions qui ne sont pas toujours faciles à jnecoimaître et faciles à réaliser.
Il suppose :
1^ Que la puissance magnétique de Tëlectro-aimant soit identique dans les deux casf
â^ Que les deux aiguilles que l'on compare soient géométriquement égales et placées de la même manière dans l'appareil;
3^ Que les points d'application des xésultamtes soient les mêmes dans les deux aôguUles et que l'axe de la lunette soit placé à l'égard du cercle que décrivent les aiguilles, de telle sorte cpk\k dioite ou à gauche de oeA axe les intensités des résultantes croifrsent ou décroissent de la même manière;
4^ Que les actions magpétiques ou diamagnétiques qui peuvent s'exercer sur l'air qui touche les pièces polaires ou en générai sur le milieu ou les milieux qiii séparent les aiguilles des pièces polaires elles-mêmes , ne changent pas les rapports des actions inagnétii|«ies on dianMignétiques qin doivent s'exercer sur les substances des aiguilles elles-mêmes.
M* £d. Becquerel a eu égard à la première de ces conditions; il a fait passer le courant sin* une boussole de sinus afin d'en avoir llntensité dans chaque expérience , et il a reconnu que pour la même aiguille TintenMté de l'action magnétique mesurée par la torsion était en général sensiblement proportionnelle au <^ittié de l'intensité du courant. Ainsi le rapport des forces magné tiques f^ f de deux aiguilles est donné par la relation
/e SinV. /""d''Sin«<^'
0} V étant les torsions observées; d^ d les déviations de la bons«* sole des sinus pendant la première et la seconde expérience.
Quant aux autres conditions, M. Ed. Becquerel n'en parle pas d'une manière explicite et je suis porté à croire qu'elles n'ont