‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 184 sur 217 · CHAP. IX. — SUBSTANCES DUMAGNÉTIQUES · texte numérisé non relu

CHAP. IX. — SUBSTANCES DUMAGNÉTIQUES

M. Ed. Becquerel a repris, avecla balance ordinaire, la détermination des pouvoirs magnétiques de Toxygène de Tair et du deutoxyde d*azote, rapportés aussi au pouvoir diamagnétique de l'eau Çinn, de Chim. et de Ph/s., juin 1855^ page 209); ses résultats : oxygène, + 0, 1823; deutoxyde d'azote, + 0,0498; air, + 0,0383 ; eau^ — 1 , différent peu de ceux de M. Faraday; le ballon qui contenait successivement l'eau et les gaz, s'approchait de l'armature creusée en sphère, à des distances comprises entre 5 et 10 millimètres. Il a aussi fait la même comparaison pour quelques métaux.

Cui^c pur — > 1 ,68

Jd. (déi>6t gaWanique) — 4 ,41

Argent pur — 9,32

Orpur — 3,47

Or aadf — 2,44

BUmoth —22,67

337* AetleMB «Mgiiétlqnes dépenéantes de 1» straetwe des eorpe. — M. Faraday avait remarqué, dès 1 849, que les cylindres de bismuth ne se comportent pas tous de la même manière entre les pôles des aimants, et que souvent la direction d'équilibre change avec le méridien du cylindre que Ton tourne dans le plan vertical de suspension ; en recherchant les causes de ces variations, il avait reconnu qu'elles dépendent des formes cristallines. Alors, en isolant des cristaux de bismuth d*un volume un peu considérable, il avait constaté l'influence d'un certain plan de clivage et d'un axe magnéto^ristallin qui lui est perpendiculaire.

A peu près à la même époque, M. Plûcker remarquait, de son coté, que la plupart des cristaux diaphanes, comme le quartz, la chaux carbonatée, la tourmaline, etc., ont aussi la propriété de prendre des directions particulières lorsqu'on les soumet à l'expérience entre les pôles d'un électro-aimant puissant.

On a fait, depuis, des recherches nombreuses sur les phénomènes de cet ordre qui ont sans doute un haut degré d'intérêt ; mais je dois me borner à citer ici le fait seul dans sa plus grande généralité, parce que les opinions sont encore très-partagées en oe moment sur les rapports que ces directions singulières peuvent avoir, soit avec les formes cristallines elles-mêmes, soit avec les propriétés optiques auxquelles on a essayé de les rattacher. Quelques observations récentes semblent même indiquer que la structure fibreuse sans cristallisation, comme celle que l'on peut donner, par exemple, à la gutta-percha, suffit pour modifier sensi-

7n LFnis WL — HAfiNensu et ÊucniciTt.

Uenent les acdoos que les aimants som capshkfl d'exactT sur uncfxps.

338. HypotliéMS 4«i OBt été yy— éca pm» «apll«Mr ki pkéBoaièBes dUun»ipiéfll9«es. — M. £<L Becquerel est, je cnii,

le premier qui ait essayé d'appliqver d'une HiaaâèresptéMatiqse le principe d'Arckimède à Texpfication du duaaagnélisiiie; sas c^ioîon sur ce sujet est déiFcle|ipéc daoRS aon pranàer MànoiR {Am. de Chim. etdePkyê.^ t. XXVIII, nn 1800), «t reproduite à peu pues testueUesnent dans son secx»d Mémeôe {Amjl de Chim. et de Phys.^ t. XXXII, mai 1:851). M. Plndi^ap»posé aussi le principe d^Ârchimède, mais sa publication française est un peu postérieure {jénn. de Chim, et de Phjrs.^ t. XXH, juin 1850), et son hypothèse est essentiellement diflereote^il n'admet aucunement Tidée fondamentale de M. Ed. Becquerel.

Essayons de faire oomprendve, ea peu de Mets, ces deus li?pothèses^ d'indiquer kur caimclàre disdncdf, et q^elques^oBa des conséquences auxquelles elles semblent conduire»

Quand M. Faraday a -eu démontré que les actions magaétiqnes peuFent âtre rendues sensibles sur des masses Aûdes, pv exemple^ sur les dissdiitîons de fer, de cxifaak et de nickel, le chanq» de la théorie s'est trouTe oonsidérabkment âaigi. har que-là, les phénomènes s'expliquaient par k fixité des élémcali magnétiques ; on cherchait des résumantes entre des élémenti inirariaUes de position, et il n'y arait aucun compte à Seoir des pressions mécaniques que les éléments matériels pouvaient racemr et transmettre aux déments voisins. Dès qu'on pasie ain fhiides, tout est <^ngé; la question prend une autre bce; 3 s'agit alors de trouver les conditions d'équilibre d'une uam fluide au sein de laquelle se tnmve un nombre infini de ccatr» attractifs ou répulaib, dont les actions s'étendent à de grandes distances en décroissant, snivant certaines lois qui peureat dépendre eUes-mémes de la nature du fluide et peut-«tre de si cnupressibilifeé, de sa cohésion, de sa structure moléddaireetde ses autres propriétés physiques ou cUnâques. Le problème pm^i enoore un autre caractère^ lorsqu'au lien de conûdérer ces éb» de pression dans une masse indéfime, on les considère daas ase masse finie et limitée par des £Bice&t des arêtes et des asglesplnso* moins élcngnés des centres d'action et diversement pheésâ kur égard ; et à plus forte raison bracpt'an len d'un aeîd flaîde, os snppose plusieurs ooudbes superposées et dryersemeat cptisses

cuéP. h. ~ npoTiËSfis. m

de ikôdcft diSéraiftK par rinégralité de leur àiergie* C'est qœ ks espénence» de M. Plîîcker sur les courbures de» surfao» de ahpeas me lembtcnt avcMr un Terîiable intérêt, parce qu'elles sont k maifiBStatioii la pkis apparente ei la plus mesuraUe des pceasîoBs <pm penrem produire ks aimants daas ks laasses fluides; il serait cuneus d'étudier ks ciMuigenents qat. ces courfauve» peuvst cyiner par rau|>uientation oa la diminutioa des pressions superficielles.

Les tÉyfrimJMM cpie 11. Fatadaj a Ibites sur ks gaz, particidieBcmait sur Yoxjgèaut^ ue aie scsibkiit pas absoluBsent en eoBBtradîcâan aree ceika de M. mûckee sur les liquides auignétiques; la pti ■— jmh dgraiuniff de Foxygène puMcrait tenir on à kc faibksiederactkMi^oaà œ qu'eUenes'eserceque siur une petite purtk de k masse, «» peut-être à ce que les actions at* tractires et répulsives se ooMpensent en panâe pour certaines fimes dft l'afqiareîl. QueUe ipue soît ceUe de ces eixcoosunces ^ ak le plus de pari au phénomène:, il n'e» résulte pas moins fne, sous rinflnWure des aittants^ ToaLygène n'éprouve «a soame que des dbnngements de pression excessÎTement petits.

Gek pesé-, ^roîcà omnment M. Ed. Becquerel entend le prian cîpe d'Arebimède peun expliquer k (ait fondamental que nous aurons développé (35SI.), savoir : que k même corps qiù est attiré dans un certain milieu peut être repoussé dans un autre. H mppese que Tactioii. élémentaire des centres magnétiques est tanjoms essentieUcaoent attractive sur tous les corps ; mais que cette attractîen, quand elk s'exerce snr ks fluides, donne Ueu à des pressions latéraks que doit suppcMler k corps plongé, et que kk révukuate de ces pressions ou la poussée du fluide , produit •ttr ee eorps une Mputûon effectire quand efle l'emporte sur k jrésakantedes atmitliân» qui s exercent sur lui. C'est le principe ^'.âtfdùmède dans toute sa simplicité, seulement il faut substituer aux. aetions égsks et pavalkles de k pesanteur, les actions inégdies décroisiWHSes et divergentes des centres magnétiques. Ainsi, -dnns TobservatioA primitive de M. Facaday (332), k tube de verse neaiyli d'une dissolution tres< étendue de sulfate de fer est .aHieé dans Tair et dans Teaiir, pnrce que Tair et Veau étant des fluides peu attirés par les aimants, kur poussée est. très^faibk, cfc mesadse. que l'attiactioa qui s'exesce sur k dissoktion coïktenoe dans le tube ; au contraire , le même tube est repoussé dans la dissolution plus concentrée de sul£àte de fer, parce qu'ici

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la poussée du fluide Temporte sur la résultante des attractîoiis qui s'exeroeot sur la dissolution plus étendue dont le tube est rempli. De même, une tige de Terre, par exemple, est attirée dans le vide et repoussée dans Toxygène; on dit alors qu'elle est ici repoussée, parce que le gaz ayant un pouvoir magnétique plus grand à volume égal, la poussée qui résulte de ses pressions magnétiques, l'emporte sur la résultante des attractions que la tige de verre peut éprouver.

Je ferai remarquer d'abord que cette hypothèse , qui est ea apparence si simple et si naturelle, ne parait pas s'accorder avec la permanence du volume de l'oxygène ; car on ne peut pas concevoir aisément que les pi'essions magnétiques de l'oxygène qui sont assez grandes pour mouvoir une tige de verre se trouvent cependant trop faibles pour déterminer un changement appréciable de volume dans la masse du gaz.

Mais il y a une autre considération qui aurait dû , ce me semble, laisser des doutes plus profonds dans l'esprit de M. Ed. Becquerel, et qui aurait du moins mérité un examen spécial. Le bismuth et beaucoup d'autres corps sont repoussés dans le vide; pour expliquer ce fait, M. Becquerel, fidèle à son principe, qui exclut toute action répulsive pour n'admettre que des actions élémentaires essentiellement attractives se borne à dire : que le ifide est plus magnétique que le bismuth. Quel est le sens de ces paroles? Comment peut se faire ici l'analyse des forces qui sont en jeu dans le principe d'Archimède? Où sont les pressions, comment se composent-elles pour donner une résultante, une poussée , qui écarte le bismuth et qui lui imprime le mouvement de répulsion qu'il éprouve? C'est ce que M. Ed. Becquerel laisse ignorer de la manière la plus complète. Il semble admettre, au moins d'uue manière implicite , que tout naturellement le milieu éthéré qui remplit le vide se comporte en cette occasion comme ferait un fluide matériel ; c'est-à-dire qu'il reçoit des pressions par l'influence de l'aimant, que ces pressions de l'éther transmises et arrêtées à la surface du bismuth, se composent entre elles pour donner une résultante ou une poussée qui met en mouvement la masse pondérable. Si telle est sa pensée, il auiait dû la dire et smtout la justifier; car la pression de l'éther du vide sur la surface des corps matériels est une innovation q<» me parait sans précédent et sans exemple dans les lois de It physique et de la mécanique.

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