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GHAP. X. — ÉTABLISSEMENT DES CIRCUITS

gutta-perdia, puis une enveloppe générale qui les couyre et les unit, et enfin les dix gros fils de fer galvanisé assemblés au pourtour en hélice très-allongée, comme le montre la figure 0 ; ces fils de fer, inutiles à la communication électrique, sont destinés seulement à protéger les fils conducteurs et leur enveloppe et à donner à Fensemble une résistance suffisante. Ce grand c^ble, d'environ 30 kilomètres de longueur, pèse six tonnes par kilomètres ou en somme 1 80 000 kilogrammes. Sa durée me paraît fort incertaine ; sans compter TefTort accidentel quHl peut avoir à subir de la part.des ancres qui viendraient à le rencontrer quand la mer est mauvaise, il faut remarquer qu'entre Douvres et Calais les sondages indiquent de nombreuses crêtes, sur lesquelles le câble doit reposer et qui ne sont pas à une profondeur assez grande pour être à l'abri des violentes agitations de la surface ; il est donc à craindre que dans les grandes tempêtes le câble ne se lime sûr ces crêtes ; de plus , l'action corrosive que l'eau de la mer exerce sur le fer, même sur le fer galvanisé, ne tardera pas à lui ôter une partie considérable de sa résistance; on aurait pu peut-être appliquer ici le mode de préservation de Davy, en adaptant de distance en distance des manchons de zinc qui auraient ajouté leur action efficace à celle de la feuille trop mince qui couvre les fils.

Le câble d'Irlande a une longueur triple, 138 kilomètres; il est construit d'une manière analogue, si ce n'est que l'intérieur ne contient qu'un seul fil de cuivre, tandis que la cuirasse extérieure est composée de 12 fils de fer galvanisé, plus minces que ceux de Douvres; car il pèse dix fois moins à longueur égale, ou seulement 610 kilogrammes par kilomètre et en somme 80 000 kilogi^ammes. Le projet, la construction et la pose ont été l'affaire de quelques semaines; le fil de cuivre enduit de gutta-percha à Londres, a été transporté près de Newcastle, à Gateshead, dans les ateliers de M. Ne^all qui a fait cette entreprise ; là, en peu de jours, il a reçu son enveloppe de fil de fer; chargé sur vingt wagons il a traversé l'Angleterre en quelques heures pour arriver de Newcastle à Maryport, où il a été porté sur le Britannia^ remorqué par le vapeur le Prosper. Un seul jour a suffi pour le dérouler et Tétendre au fond de la mer ; la première extrémité ayant été fixée à Holyhead, le 1^' juin 1852 au matin, la seconde arrivait le soir à 7 heures à Howtli, où le lendemain les communications furent établies avec le rivage et Dublin, qui put im-

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médiatement annoncer à Londres le succès de cette audacieuse entreprise si merveilleusement accomplie. (Lettre de M. Gordoo à M. Lechatelier, Bulletin de la société d'encouragement^ jum 1852.)

344. E0Bt8 de la ffoadre et de l*électHelfé fttMospkérHve. — Les fils télégraphiques , à raison de leur immense longueur, de leur position élevée et des mauvais conducteurs qui se trouvent sur le sol et autour d'eux , doivent être particuUèremeat affectés par Télectricité atmosphérique ; il n'est pas nécessaire qu'un nuage soit orageux pour que son action par influence se fasse sentir sur ces fils et y développe des courants plus ou moins intenses. C*est là en effet ce que l'on observe assez souvent; tantôt la marche des appareils éprouve des perturbations extraordinaires, tantôt ils se mettent d'eux-mêmes en mouvement sous la seule inQuence des nuages électriques.

Mais dans les temps d'orage ces phénomènes prennent un autre caractère et une autre intensité : on peut en quelque sorte compter les éclairs qui paraissent sur la ligne, par ragitaûon subite et violente que les appareils en reçoivent ; et, si la foudre vient à éclater à quelque distance , il est rare que les aiguilles ne deviennent pas elles-mêmes étincelantes par le contre-coup du choc électrique. Enfin, s'il arrive que les fils soient directement frappés , un courant , plus intense que tous ceux que nous pouvons produire , en traverse toute la longueur, se propage dans les fils plus fins des électro-aimants, qui , à raison de leur finesse même, s'en trouvent échauffés, fondus, et quelquefois volatilisés.

On a essayé de prévenir ces accidents, et l'un des appareik qui semblent le mieux réussir est celui que M. Breguet a établi sur nos lignes télégraphiques; il est représenté (Pl. 26, Fie. 16); c'est un fil de fer ou d'acier d'environ 1 décimètre de longueur, plus fin que le fil de cuivre des électro-aimants et fixé dans un tube de verre t d'un très-petit diamètre intérieur. Ce fl de fer fait partie de la ligne ; il est établi dans la station, sous les yeux des employés. A raison de sa petite longueur, il ne réduit pas sensiblement l'intensité du courant ordinaire; il est, par exemple , équivalent à 1 kilomètre du fil de la ligne; ainsi* sur une linge de 100 kilomètres, il ne réduit l'intenàté que d'un centième; mais, plus mauvais conductetu* que le cuivre à section égale, il s'échauffe beaucoup plus; il entre en fusion et se vola-

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