‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 71 sur 217 · CHAP. II. — DENSITÉ DE LA VAPEUR D'EAU · texte numérisé non relu

CHAP. II. — DENSITÉ DE LA VAPEUR D'EAU

réellds auront été déterminées par Texpérience, on trouvera peut-être des écarts considérables, surtout dans les hautes près* siens.

n j a cependant un fait non douteux , c^est que la densité de la vapeur, prise au maximum de tension , va croissant rapidement à mesure que la température s'élève ; il en résulte .qu'à un certain degré de chaleur la vapeur doit avoir une densité qui approche beaucoup de la densité du liquide lui-même. Cette conséquence a été vérifiée et rendue frappante par une expé* rience curieuse de M. Cagniard de La Tour. Un tube de verre très-fort étant rempli d'eau à peu près au quart de sa capacité , puis pui^é d'air, et ensuite scellé, on Texpose à une température graduellement croissante; alors, à un certain degré de chaleur, Teau semble disparaître , le tube est comme vide : mais, en refroidissant un peu , le liquide reparaît presque subitement. On pourrait se faire une sorte de jeu de ces alternatives d'apparition et de disparition, si l'on ne devait pas, en les répétant, craindre de dangereuses explosions.

C'est à une température voisine de celle de la fusion du zinc que l'eau se vaporise complètement dans un espace à peu près quadruple de son volume à l'état liquide; en même temps , elle agit sur le verre , et lui ôte sa transparence en dissolvant sans doute quelques-uns de ses éléments. D'après cela , on peut présumer qu'à la température rouge, la densité de la vapeur d*eau à son may»ï»m" de tension est peu différente de la densité de l'eau liquide, et qu'alors elle a une force expansive de plusieurs centaines et peut-être de quelques milliers d'atmosphères.

M. Cagniard de La Tour n'a pas pu observer ces phénomènes sur l'eau distillée. L'action corrosivê qu'elle exerce sur le verre, à ces températures d'environ 350*, en dépolit la surface si profondément que l'on ne peut plus distinguer l'instant où le liquide disparaît en vapeurs, mais en employant de l'eau qui tient en dissolution un peu de carbonate de soude, le verre conserve unetransparence suffisante. Il est bon aussi de laisser un peu d'aii^ sur la surface du liquide ; on évite ainsi , au moins en partie ^ l'ébullition par soubresauts qui détermine presque toujours la: rupture des tubes. Enfin M. Cagniard de La Tour est porté à croire que l'eau très-dilatée par la chaleur acquiert une corn* pressibâité beaucoup plus grande et qu'elle conmience en quelque sorte à participer aux propriétés des fluides élastiques.

PEBxim TABLBAU. — DensUé et çolume de la vapeur d*eau^ au mcucmum de tension , en prenant pour unités la densité et le volume de Veau liquide à 0 : de — ^Q^ à iOO*.

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