CHAP. II. — POINT D'ËBULLITION
sible de faire bouillir de Feau à 0, puiscpi'il serait impossible de maintenir le vide à 6°", à cause de la vapeur qui s^exhale sans cesse de la surface du liquide.
Cependant, si à coté de Feau on dispose sous le récipient une substance capable d'absorber la vapeur et présentant une grande sur&ce, on parvient encore à produire l'ébullition à la température zéro; il est vrai que cette ébulUtion ne peut pas être longtemps soutenue, conune nous le verrons page 330 (Fig. 11 , Pl. 10), parce que le liquide éprouvant par cela même une nouvelle perte de chaleur, il arrive qu'il se congèle et se transfonne en glace en même temps qu'il est bouillant.
L'appareil qui est représenté (Fig. 14, Pl. 10) montre ces phénomènes d'une manière encore plus frappante. C'est un ballon a à long col, fermé par un bouchon b. Ce ballon est à moitié plein d'eau; on le met en pleine ébuUition, et, quand tout l'air est chassé , on met le bouchon b ; ensuite on le tourne dans la position que représente la figure. Lorsqu'il est abandonné à luimême, on n^observe pas d'ébuUition sensible, cela est tout simple : mais si l'on verse à la partie supérieure de l'eau froide, alors l'ébullition se manifeste à l'instant avec beaucoup de force. L'eau froide fait bouillir l'eau du ballon, parce qu'elle condense la vapeur et diminue la pression qui s'exerçait sur le liquide. On peut même se donner ainsi le* spectacle d'une ébuUition sans feu qui dure des heures entières.
La variation du point d'ébuUition a aussi été vérifiée par des expériences directes sur les lieux élevés, dans les Alpes, dans les Pyrénées et sur d'autres montagnes.
L'eau bouillante n'est donc pas également chaude dans tous les lieux de la terre, et par conséquent elle n'est pas également propre aux usages domestiques et à la préparation des aliments. A Quito , par exemple , l'eau bout à 90®, et cette température wt beaucoup trop basse pour cuire certaines substances qui peuvent être cuites à 100*.
Le tableau suivant contient les lieux habités du globe qui sont à la plus grande hauteur au-dessus du niveau de la mer , et les températui-es correspondantes des points d'ébuUition de l'eau.
3i8 LIVRE II. — CHALEUR. — PREMIÈRE PARTIE.
Points d*ébuilition dans les lieux habités les plus élevés.