‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 93 sur 217 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De l'action des aimants sur eaz-mémes et sur les substances magnétiques*

175. On trouve dans le sein de la terre , et souvent même à la surface du sol , des substances qui ont la propriété d^attirer le fer : œs substances, quelle que soit leur forme ou leur composition ^ s'appellent des aimants naturels; autrefois on les appelait/?^rre^ d'aimant y parce qu^en effet elles offrent dans leur structure une apparence pierreuse plutôt qu'une apparence metaliiqua. Il 7 a des aimants très-faibles , c'est-à-dire que , sous un grand' Tolume, ils n'exercent sur le fer qu'une attraction peu sensible^ mis en contact avec de fines limailles, ils^ peuvent A peine en soulever quelques» parcelles : mais il y a aussi des aimants tellement puissants qu'ils sont capables de tenir suspendues des masses de plus de cinquante ou même de plus de cent Idlogrammes.

Pour montrer la force attractive qui s'exerce entre le fer et Taimant, on peut faire les ea^périences suivantes :

1^ Si l'on plonge un aimant , par une de ses extrémités , dans la limaille de fer, on voit les parcelles de métal s'attacher, à sa surface, et s'attacher )es unes aux autres en formant une sojpfe de cheveliure plus ou moins longue : cette adhérence des particules entre elles et leur arrangement est un phénomène digne de remarque , sur lequel nous reviendrons ; pour le moment nous

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nous bornons au fait principal , qui est une preuve évidente de l'attraction mutuelle du fer et de Taimant.

2® Si Ton présente à Taimant, suivant son degré de force, des morceaux de fer plus ou moins volumineux , à peine en sont-ils approchés à quelques millimètres de distance qu'on les sent devenir plus légers ; ils sont entraînés , et se précipitent sur sa surface pour y rester suspendus ; il faut ensuite un effort plus ou moins considérable pour les en arracher. Cette expérience est surtout frappante lorsqu'on la fait avec Télectro-aimant, dont la construction sera expliquée plus loin ; cet appareil agit sur des masses de clous ou de pointes de Paris , comme l'aimant naturel ordinaire agit sur la limaille.

En variant ces expériences on peut reconnaître quelques caractères essentiels de cette force attractive , et constater : 1® qu'elle s'exerce à distance; 2" quelle s'exerce atv travers de l'air, au travers du vide , et au travers de tous les corps , pourvu qu'ils ne soient pas du fer; 3^ qu'elle diminue à mesure que la distance augmente.

Toutes les attractions étant réciproques , on doit conclure que si l'aimant attire le fer, il est attiré par lui avec la même énergie et suivant les mêmes lois. Cette vérité nécessaire peut, au reste, se vérifier directement par des expériences inverses des précédentes : en suspendant l'aimant pour le rendre mobile, et en faisant agir sur lui des morceaux de fer à diverses distances.

Cette force attractive étant distincte de toutes les autres forces naturelles , on lui donne un nom particulier , on l'appelle force magnétique^ du mot fj^Y^^î î^^ ^^^^ ^en les Grecs le nom de la pierre d'aimant ; car les anciens avaient quelque connaissance de ses propriétés : Platon en parle dans plusieurs de ses dialogues , et il faut remonter jusqu'au temps de Pythagore pour recueillir les premières notions qui nous aient été transmises sur ce sujet.

i74. Tout Aimant a une ligne moyenne et deux pMcs.— Le fer semble être à l'égard de l'aimant ce que sont les corps pesants par rapport au globe de la terre î la masse du globe attire les corps dans tous les sens , et les presse sur sa surface. Essayons de voir s'il en est de même de l'aimant, et si, de tous les points de son contour , il exerce une action pareille pour solliciter les parcelles de fer et pour les attirer vers son centre. Prenons pour cela un pendule magnétique^ c*est-à-dire une pe-

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