‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 1 sur 297 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

BES ACTIONS MOLECULAIRES.

1. Un corps organique ou inorganique peut être considéré comme un système en équilibre; ses parties constituantes ou ses molécules les plus rapprochées restent séparées par des intervalles plus ou moins grands, et cependant à ces distances elles agissent sans cesse les unes sur les autres, pour se maintenir dans leurs positions respectives, pour s'attirer ou se repousser, ou enfin pour se communiquer les efforts et les pressions qu'elles supportent. Ce sont ces actions mutuelles des molécules que Ton appelle, en physique, actions moléculaires. Il serait difficile d'établir une distinction entre ces forces et les forces chimiques^ qui agissent pareillement, aux mêmes distances, sur toutes les molécules de la matière ; mais l'on peut dire que les actions chimiques tendent à produire les corps et à les constituer dans un état déterminé d'équilibre ou d'agrégation, tandis que les actions moléculaires proprement dites tendent à conserver les corps, ou à les retenir dans l'état d'équilibre ou d'agrégation qu'ils ont reçu. Considérées sous ce point de vue, les actions moléculaires comprennent encore un champ assez vaste pour qu'il soit nécessaire d'y établir quelques divisions. Ainsi nous étudierons, dans des chapitres séparés, la capillarUi^ la structure des corps elV élasticité. II. i

GHAflTRE PAËHItR.

Capillarité.

2. Lorsqu'on trempe dans un liquide rextrémité d'un tube de verre, on voit que la colonne qui pénètre dans ce tube ne s'arrête presque jamais au niveau extérieur. Dans l'eau, par exemple, elle s'élève au-dessus (Pl. 28, Fig. 1), et dans le mercure, au contraire, elle s'abaisse au-dessous (Fig. 2). Ces phénomènes ai ascension ou de dépression sont appelés phénomènes capillai" res^ et la force qui îes pwodliit eêVVactlefn'ôapitlcêirey Y attraction capillaire^ ou simplement la capillarité ; cette force n'agit pas seulement pour élever ou déprimer les petites colonnes liquides dans l'intérieur des tubes, elle s'exerce sans cesse au contact des liquides avec les solides, au contact des liquides entre eux ou des solides entre eux, et en général au contact de toutes les parœlles les plus ténues de la matière pondén^le.

3. Les Imis**®*'* ^^" eoloBBes sonlerées vm déprimées* soMt mm ralsoB Jhiverae des diamètres des tvbes%

11 est facile de reconnaître par Vexpérience qu'en génétial les différences de niveau sont d'autant plus grandes que les diamètres des tubes sont plus fins. C'est ce qui est représenté dans les quatre tubes à siphon de la figure 3. Les deux premiers oontiennent de l'eau, et l'élévation est double dans le deuxième, dont le diamètre est moitié moindre; les deux derniers contieiinent du mercure, et la dépression est pareillement dotdÉ>le dans le quati*ième, dont le diamètre est moitié de celui du troistèaie. Cependant, pour établir cette loi fondamentale sur des expériences .précises, il faut avoir recours à d'autres moyens d'obseryfldon. Voici l'appareil très-exact dont Gay-Lussac a fait usage.

a (FiG. 6) est une large éprouvette fixée sur un pied à vis calantes, afin que son boitl si:q>érieur b puisse être reiulu hori*zontal. Le liquide qu'elle contient s'élève jusqu'en c; lé Inbe ca* pillaire d est monté sur une plaque e qui se pose sur le bord de l'éprouvette ; au moyeu d'une coulisse vertûsale, le tube peat monter ou descendre. A côté de Téprou^tle, à quelques

GHAP. I. — CAPILLARITÉ. 3

mètres de distance, est une règle verticale /*, sur laquelle se meut une lunette gy d'abord à frottement , et ensuite au moyen d une vis de rappel pour les petits mouvements. Pour mesurer la hauteur de la colonne, on fait d'abord mouvoir la lunette jusqu'à ce que son fil micrométrique horizontal semble raser le sommet s ; ensuite, écartant la plaque e vers les bords de Téprourette, on place à côté d'elle la pièce A, et, après l'avoir ajustée, on tourne la tige à vis k jusqu'à l'instant où elle efOeure la surface du liquide ; ensuite on enlève un peu de liquide avec une pipette, on note le point de départ de la lunette, et on la fait descendre jusqu'à ce que la poiilte de la tige tombe sous le fil ; l'étendue de sa course est la hauteur du liquide au-dessus du niveau. Le tableau suivant contient la moyenne des résultats auxquelft Gaj-Lussac a été conduit.

TKMPÉRA-

ÉLKTATIOX

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