CHAP. 111. — HOUPPES COLORÉES
lioguer la lumière polarisée de celle qui ne Test pas, et même de feooaaaicre qudle est la direction du plau de polarisation. Pour «sir ce caractère, on procède de la manière suivante : on dif^ Toeil Tert le ciel, sans regai*der avec trop de fixité et cependant sans changer la direction de l'axe visuel ; alors, portant ■i prisme de Nicol devant Toeil, on aperçoit, sur la région du 4x1 que Ton regardait , une croix vague et diffuse composée de ^tre houppes, deux jaunes et deux violettes, telles qu'elles sont jcprésentées eny ,y et en c^, (^ (Pl. 44, Fig. 21). Si elles n'appaaissent pas immédiatement, il suffit de tourner le prisme un pn rapidement dans la main , sans trop changer la direction de Faxe, pour les apercevoir par le déplacement qu elles éprouvent jlnisle champ de la vision. Une fois qu'on les a trouvées, il est fÊcSle de constater, l"" que les deux houppes jaunes marquent la ifirection du plan de polarisation ; 2'' que le système complet des |Mre houppes tourne avec le plan de polarisation du rayon qui Inverse le prisme, ou avec la section principale du prisme luiiKme.
K L'expérience paraît un peu plus facile à faire quand le ciel est ^ peu couvert, sans être très-éclatant, mais elle réussit cepen- ^t quand le ciel est serein.
I Qr, la lumière du ciel étant en général polarisée par elle- ■ème, du moins en partie, il an*ive que, pourTœil exercé, le prisme de Kicol n'est pas nécessaire ; en regardant directement Irdel lui-même, sans aucun appareil, on aperçoit les houppes, et Fon reconnaît ainsi la directiou du plan de polarisation ; car jamais la lumière naturelle n'est accompagnée de ces couleurs junes et violettes.
Les hypothèses que Ton a proposées , pour expliquer ce singulier phénomène, paraissent peu plausibles, excepté peut-être «Ue que M. Jamin a présentée à l'Académie {Comptes retidus A 1848, t. XXVI).
805. HlerMcope polarlsanl d Amlel. — M. Amici donne le ■om de microscope polarisant à un appareil très-intéressant, fi'il a récemment inventé , et qui est destiné à étudier les phé- Mnènes de polarisation chromatique. Cet appareil est repré- KDté (Pl. 45, Fig. 16, 17); il se compose V d'une glace d'Alcmagne g , qui reçoit la lumière du ciel ou celle d'une lampe , iC qui peut s'incliner plus ou moins sur son support.
2* D'une pile de glaces g\ formée de 11 glaces minces, dis-
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posées librement dans une monture commune , et reoefant la liunière réfléchie sur la glace g^ pour la reuToyer à son lovpv réflexion dans la direction verticale de Tinstrument, Biais m» Tangle de la polarisation complète, c'est-à-dire d'enTOon V^\ cet angle se mesure sur le cadran dont Taxe de rotatîom de k pile forme le centre.
3* De trois systèmes de verre , disposés sur le même axe, ce recevant, pour en modifier la convergence, le rayon -veiticil, presque complètement polarisé.
De ces trois systèmes de verre , le premier, monté sur ua ter trèsr-court a , est composé de deux lentilles , et coRsdtue le aj»* tème lenticulaire éclairant ; il peut s'enlever à volonté.
Le deuxième , monté sur un long tube b , n'est autre diiat qu'un oculaire positif ou. de Ramsden.
Le troisième, monté sur un tube c, se compose d'un abjedif' et d un oculaire d'Huyghens e\ la distance focale principale k l'objectif d est d'environ 60 millimètres seulement , et remen* ble de l'objectif et de l'oculaire constitue un microscope, Mi si Ton veut, une lunette pareille à celle du cathétomècre, gR»^ sissant environ 12 ou 15 fois.
4^ Au-dessus du dernier verre de rocnlaîre e , se trouve ai analyseur, qui est un simple rhombe de spath.
Avec le microscope polarisant on peut faire trois séries d'efr prriences différentes : 1** on peut observer les anneaux des mlaux à un axe ou à deux axes ; 2" les verres trempés, les phénomènes de coloration des lames minces et autres semblables; 3* les phénomènes produits par les parallélipipèdes de Fresnel , repwsentes (Pl. 43, Fi g. 27). On y procède de la manière suivante:
Première série, — L'appareil se dispose comme dans li figure 1 6 , avec l'attention de placer le tube b sur le tube c, if telle sorte que ce double système compose une véritable Innedf clr)nt les trois verres du système c représentent l'objectif, si bicB que Ton peut mettre au point l'appareil en regardant un objet éloigné par Voculaire du X\\hv b; aussitôt que cet objet sera vu nettement , les deux tubes h et c seront dans la position respective convenable pour les expériences. Gela posé, on n t ph» qu*à placer immédiatement sur le système éclairant a les oèer tiuix que Ton veut soumettre à l'observation, savoir : spath pffpoiuliculaire à Taxe, et autres cristaux à un axe; mica à de** axes 5 carbonate de plomb, nitrate de potasse, etc. ; apophyllte'
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brocUte, ziroon, etc.; cristal de roche donnant les spirales ou les bandes, etc.
L'aTantage de ce système d'observation est d'exiger seulenent pour ks diverses expériences des échantillons très-petits et presque mîeroscopîques, et de faire voir cependant tous les phénomènes de la manière la plus complète. Ainsi , un 6*agment de brodiite d'wi millimètre carré de surface et très-mince , qui ne (kmnerah rien de perceptible dans la pince à tourmaline, donne id la croix et ces sortes d'hyperboles très-remarquables qui distinguent ce crîstid. Sur une lame de mica mince et étroite , ou distingue pareillement les deux systèmes d^axe qui ne seraient visibles autrement que sur des échantillons incomparablement fius larges et plus épais.
Un fragment très-petit d'un cristal , dispose entre deux verres, irec une goutte de térébenthine , fait voir immédiatement des Bailleurs , qui sont presque toujours suffisantes pour caractériser kcristal.
Deuxième série, — L'appareil se dispose comme dans la %are 17 ; le tube h est enlevé ainsi que le système éclairant a , ]ui se remplace par une simple lame de verre servant de support. C'est sur cette lame de verre que l'on dispose les objets. Sib sont très -petits, si l'on veut, par* exemple, observer des fragments d'apophyllite d'un millimètre, on peut remplacer l'objectif £/ par un autre d'un foyer plus court, et donnant, par exemple, avec l'oculaire c , un grossissement de 50 ou 60 fois.
Troisième série, — L'appareil se dispose de la manière suîtinte : le support du système éclairant a est enlevé; les paral- Uipipèdes de Fresnel sont montés dans un anneau de métal , et s'adaptent sur le support ik (Fig. 16 et 17); leur monture est irfle qu'ik peuvent se séparer, et que l'on peut faire l'expérience nec un seul ou avec le système des deux. Nous décrirons dans le dmpitre suivant les phénomènes qui s'observent alors ; mais ici ils peuvent s'étudier plus complètement, parce qu'on peut ai- Mieiit , au-dessus des parallélipipèdes , disposer des lames de crâtal de lOche ou autres , pour observer les couleurs produites pn* la lumière plusieurs fois réfléchie dans les parallélipipèdes , eidaoB des plans plus ou moins inclinés sur le plan de polarisation .
206. Expérlemees de ■• de Senamioiit sar la polarisation ApMB«tl4«e den salbstanees MréflrlBgentes et Isomorphes. — M mk^reeoope que nous venons de décrire a rendu de gi^ands
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services à la science , entre les mains de M. de SenarmoQt, qui s*en est habilement servi dans ses recherches d*optiqiie minénlogique (^/m. de Chim, et de Phys.^ t. XXXIII, ann. 1851, t. XXXIY, ann. 1852). Je ne pourrais pas, sans sortir du cadre ({ue je me suis tracé, faire connaître ici les questions fondamentales que traite M. de Senarmont et les discussions à la fois claires et profondes par lesquelles il apprécie , à leur juste valeur, les caractères qui résultent de la forme cristallographiqQe et ceux qui résijltent des propriétés optiques. Cependant, pour on donner une idée , je m'empresse de citer le passage suifant, cpii termine son premier mémoire, et qui semble indiquer à IV vance les phénomènes contenus dans son second mémoire sur les nombreuses variétés de mica.
« Trois ordres de faits résultent des expériences précédenu», et en présentent en quelque sorte le résumé.
« On voit d'abord dans des groupes nombreux de snbstam» géométriquement et chimiquement isomorphes une similitude de propriétés optiques, tout à fait comparable à la similitude de leurs formes cristallines; Tisomoq^hisme lui-même tolère da» les éléments géométriques des écarts à peu près du même ordrCi et la concordance est telle qu'on devait Tattendi'e d'une difirence spécifique de nature avec une identité de structure prcsque complète.
« Tels sont, par exemple, les hiarséniates et biphosphates de potasse et d'ammoniaque \ les chlorures doubles de cuivre et de potassium , de cuivre et d'ammonium ; les sulfates de zinc et de magnésie, le chromate de magnésie; les sulfates de baryte, dt strontiane, de plomb; puis le phosphate et Tarséniate neutre de soude; et le groupe nombreux des sels doubles formés par 1"nion des sulfates de potasse ou d'ammoniaque avec presque toitf les oxydes de la famille magnt'sicnne.
«< La presque identité de propriétés optiques est surtout R" marquable dans ces derniers sels réductibles au prisme obliqiM' .symétrique. Non-seulement, en effet, les valeurs des trois âaJticités principales conservent à peu près le même rapport, voa» les axes d'élasticité homologues ont presque la même direcuoa dans le cristal , et cependant cette direction n'est pas ici uof ronséquence forcée de la symétrie géométrique.
« Les exceptions ne tardent pas ensuite à se manifester, ^ Ton airive aux tartrales gauches et droits (voy. les expérieiKt^