‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 277 sur 297 · CHAP. T. — DISCUSSION DE FORKULES · texte numérisé non relu

CHAP. T. — DISCUSSION DE FORKULES

extrémités d'une même ligne y passant pac le point où Taxe mapétique traverse Tequateur, ne se reproduit en aucune façon ; Ni contraire , on voit , sur la circonférence de Téquateur, une lissjmétrie irappante : au lieu de deux points où la déclinaison 3St nulle, on en: trouve trois, plus ou moins séparés les uns des nitres, et , au lieu d'avoir des maa:imum de déclinaison égaux et ipposés, il arrive que Fun de ces maximum surpasse l'autre de ^usieurs degrés. Il en résulte donc évidemment l'impossâbilité disolue de- reproduire les phénomènes magnétiques , en suppo- Mnt que , pour tous les points de la terre , les centres d^action MMent les mêmes. X^insiste sur cette conséquence , qui est trèsaiiiq>ortante , en faisant remarquer que ce défhut de symétrie dans les déclinaisons ne paraît pas poirvoir s'expliquer par des actions locales particulières, qui ne s'étendraient qu'à une petite distance ie Véquateur, caries déclinaisons des divers paraUàles, soit dkns rhéimsphère boréal , soit dans l'hémièphère austral , s'écarltent aussi beaucoup Ae la formulé qui devrait les exprimer, et il ne parailr pas possible de donner à p une valeur convenable pomles rtprëseuter par cette formule avec une approximation suffisante.

H résulte de ce qui précède :

1* Qu'il est très-important de multiiplier les observations d'ihdensité vers les pôles magnétiques , afin de reconnaître le véritable rapport qui existe entre cette intensité et celle de l'équateur DUignétique ;

2® Qu'il peut rester quelque doute sur l'étendue en latitude , dans laquelle il est permis d 'admettre rigoui}eusement que la tangente de l'inclinaison est double de la tangente de la latitude magnétique, et par conséquent sur la véritable position de plusieurs points de l'équateur magnétique qui ont été' déterminés par cette formule , en y appliquant des observations d'inclinaison faites à des latitudes de 15,25 ou Zif\

3" Qu'en admettant ITiypothèse de deux pôles magnétiques égaux et contraires, placés, d'ailleurs, d'une manière quelconque dans le sein dé la terre , il n'y a aucune possibilité de représenter avec une approximation suffisante l'ensemble des déclinaisons qu'on a observées , ni même les déclinaisons qui appartiennent à l'équateur terrestre ou à un parallèle quelconque , et que cette impossibilité ne résulte pas des incertitudes qui peuvent exister sur le véritable tracé de l'équateur magnétique.

*5I4< Le phénomène des iiurores boréales parait être W pliis magnifique, le plus imposant, le plu5 resplendissant Je oeui qm pu Lisent s'offrir à nos regaids, et en méiue temps le plus cûcû* plique, le pluâ inextricable, le plus insaisissable de tous ceui gui s offit^nt à nos recbercbes. ÂTant que les premières notiof^ igm lu scdenca fussent éeloses, on admirait les aurores bott^îiles c3oain on adinirait le lever et le coucher du soleil, le spectacle du aà et le mouvement des astres. Depuis qu'il est permis de les it* garder avec des yeux moifis etounësj on les admii*e, on lc« <A^ serve, on les mesure, et Ton n'a rien appris eucx>i^ sur IqhJ origine, sur leurs causes, sur leurs lois, sur les conditionspb** siqucs et materieltt s de leurs apparitions » ni mémo sur le t^ qu'elles oo^upent, car reste des doutes sur la question et voir si elles sont renfermées dans le sein de ratniosph*"Tej ô elles se manifestent au delà de ses limites. Ce serait le dé de la science, si k science pouvait se désespérer ^ mak jours elle apprend k mieuit rÊconnaître qu'il y a entre les nomèues naturels des liens de subordination nécessaire; tenter des explications prématurées, c*est fausser la tnéthotk; qu*il faut savoir ignorer, ou plutôt savoir attendre, c'esi*à-dirf chercher des phénomènes plutôt que des explicatiaii». Peut*àff un simple fait, jusqu'à ce juur inaperru, suflira-t-il pour lever If voile qui nous cache depuis si longtemps tous les mystères <t l'aurore boréale.

Il suffit d'indiquer combien le phénomène est grand, er«»bieu est grande notre ignorance, pour faire comprendre ^^ faudrait des volumes entiers si Ton voulait rendre compte i" i toutes les idées, de tous les systèmes, de tous les efTorts do- i prit ou dUmagination dont il a été l'objet. Nous ne pouw»^ t pas entreprendre ici une telle tâche , et nous nous bonieroos I à rapporter la description d'une aurore boréale, telle (jud» L a été faite sur les lieux par M. Lottin , Heutenant de vaisseau, L. lun des laborieux et zélés observateurs de l'expédition db* lande.

L'observatoire météorologique où M. Lottin a passé 8 nw** (de septembre 1838 à avril 1839), était étabU à Bossekop, 9tt la côte de West-Finmark, par 70** de latitude boréale; peiwlani <t*s 20G joui-s on a observé 143 aurores boréales, parmi kt

CHAP. V. — AURORES BORËALfiS. 820

uelles il s^en est trouvé 64 pendant la nuit de 70 Jours (jui règne ans ces parages, depuis le 17 novembre jusqu'au 25 janier.

Voici maintenant comment M. Lottin décrit le phénomène a figure 12 (Pl. 40), copiée sur ses dessins, pourra faciliter intelligence de la descriptiop) :

« Le soir, entre 4 et 8 heures, la brume légère qui règne resque habituellement au nord dans la direction du Fiord, à la Auteur de 4 à 6^, se colore à sa partie supérieure, ou plu- >t se frange des lueurs de Taurore, qui existe derrière. Cette [>rdure devient plus régulière et forme un arc vague, d'une >uleur jaune pâle, dont les bords sont diffus et dont les extréités s'appuient sur les terres.

< Cet arc monte plus ou moins lentement, son sommet res- Qt dans le méridien magnétique ou à très-peu près ; ce qu'il est pas facile de déterminer avec exactitude, à cause de son louvement ascensionnel et de sa forme déprimée.

« Bientôt des stries noirâtres séparent régulièrement la maère lumineuse de Tare ; les rayons sont formés ; ils s'allongent , ' raccourcissent lentement ou instantanément; ils dardent^ igmentant et diminuant subitement d'édat. La partie inféniï^ , les pieds des rayons , offrent toujours la lumière la plus ve , et forment un arc plus ou moins régulier : la longueur de s rayons est souvent très-variée, mais tous convergent vers un ème point du ciel, indiqué par la direction de la pointe sud i l'aiguille d'inclinaison ; parfois ils se prolongent jusqu'à leur Hnt de réunion, formant ainsi le fragment d'une immense coude lumineuse.

« L'arc continue de monter vers le zénith; il éprouve un umvement ondulatoire dans sa lueur, c'est-à-dire que , d'un ied à l'autre, l'éclat de chaque rayon augmente successivement 'intensité; cette espèce de courant lumineux se montre plueurs fois de suite, et bien plus fréquemment de Touest à l'est lie dans le sens opposé. Quelquefois, mais rarement, un mouîment rétrograde a heu immédiatement après le premier, et isisitôt que cette lueur a parcouru successivement tous les rayons 5 l'ouest à Test , elle se dirige dans le sens inverse , revenant nsi à son point de départ, sans que Ton puisse dire si ce sont B rayons qui éprouvent alors un mouvement de translation à ?u près horizontal, ou si cette lueur plus vive se transporte

830 UYR£ Vill. — MtlTÊOAOLOGIE.

iFun rayoa a Tautre de proche en proche , sans que œux-ii éprouvent de déplacement.

a L'arc offre aussi un mouvement alternatif dans le sens han" zontal, figurant les ondulations ou les plis d'un ruban <hi du drapeau sigité par le vent, conmie on le vcRt dans la %uie li Parfois un de ses pieds , et même tous deux , abandonnent ï\m> rizon ; alors les plis deviennent plus nombreux., mieux {irononcés; l'arc n'est plus qu'une longue bande de rayons qui se Gonlounef se sépare en plusieurs parties, formant des courbes gradeiBcs qui se referment presque sur elles-mêmes, et offirent, n'impoite dans quelle partie de la voûte céleste , ce qne Ton a probtblement nommé rju^u'id des couronnes ^boréales. Alors Téckld» rayons varie subitement d'intensité, d^asse celui des étoilaJr première grandeur; ces rayons dardent avec rapidité, lescouife se forment et se déroulent comme les plis et replis d^un sapât,* puis les rayons se colorent; la base est rouge, le milieu yKÊi^^ reste conserve sa teinte lumineuse jaune clair-. Ces oauleuis ^ toujours, sans exception, conservé ces positions respectives; As sont d'une admirable transparence : le rouge approche de h teinte sang clair, le vert de celle d'une émeraude pâle. Lêàti diminue, les couleurs disparaissent, tout s'éteint subitenaatoi s'affaiblit peu à peu. Des fragments d'arc reparaissent : Vsurc st reforme lui-même, continue son mouvement asoeosioiuiei et approche du zénith : les rayons , par Teffet de la perspecû>»e , deviennent de plus en plus courts; on peut juger de l'épuisieur de Tare, qui offre parfois, alors, -une large zone de rayons parité lèles; puis le sommet de l'arc atteint le zénith magnétique. pH&^ désigné par la pointe sud de Taignille d'inclinaison. Aio^*.•> rayons sont vus par leurs pieds : s'ils se colorent en ce momt'ut, ils montrent une large hande rouge à travers laquelle ou distingue les nuances vertes qui leur sont supérieures ; et , s'ils subiir sent ce mouvement de translation horizontale dont nous a>oib parlé plus haut, les pieds forment une longue zone sinueux' et ondulante, taudis que, dans tous ces changements continutk, les rayons n'éprouvent jamais d'oscillation dans le sens de leur axe , et conservent toujours leur parallélisme.

•^ Pendant l'intervalle de temps qui vient d'être décrit, tk nouveaux arcs se sont présentés à l'horizon, commençant d'une manière diffuse, ou avec les rayons tout formés et très-vifs, ll^ se succèdent en passant à peu près par les mêmes phases, et h

CIUP. V. ^AURORES MIHlàliBS. 831

nnent àdistaaee les unstdes autres ; on en a Gomptéainai neuf, appuyés sur les tenes^, et rappelant, parleur <&- I, ces toiles cintrées qui vont d-une coulijse à l'autre 'et : le ciel de nos scènes théâtrales. Payfioœles intervallcB ent ; plusieurs de ces arcs se serrent Tun contre l'autre : le large zone de rayons parallèles qui traversent le* ciel et ^paraître vers le sud, s'afliiiblîssant rapidement après leur au^Eénith. Mais parfois aussi, lorsque cette zone occupe du ciel, s'étendant de Test à Fouest, la massedeS'rayons : déjà dépassé le zénith magnétique parait tout à coup u sud, et forme avec ceux du nord la^vérîtàble couronne , dont tous les rayons convergent vers^le zénith. Ainsi , pparence de couronne ne vient , sans ^ute , que d'un effet de perspective,' et l'observateur placé dans cet inune> certaine distance au nord ou au sud, ^n'apercevrait arc.

me totale du rayon étant «moins épaisse dans le sens 'sud que dans le. sens est et ouest, puisqu'elle s^'appuie : sur les terres, ila* couronne a une forme elliptique. Mais L pas toujours lieu*, on Ta vue < circulaire, les rayons iné- 3 s' étendant pas à plus de 8^. à 12^ du zénith, tandisique s fois ils vont jusqu'à l'horizon.

Ton pense qu'alors tous ces rayons dardent avec vivairiant continuellement et subitement dans leur longueur . leur éclat, que de belles teintes rouges et vertes les co- 3ar intervalles, que les mouvements ondulatoires ont lieu, courants lumineux se succèdent, et enfin que la voûte tout entière oflre une immense et magnifique coupole in te, dominant un sol couvert de neige qui, lui-même, cadre éblouissant à une mer calme et noire comme un •phalte, on n'aura encore qu'une -idée très^ûnparfÎBdte de able spectade qui s'offre à Tobservateuret qu'il faut reà décrire.

couronne ne diu*e que quelques minutes; 'elle se forme ;fois instantanément, sans aucun arc. préalable. Il y en a tit plus de deux dans la 'même nuit, et bien des aurores it montré aucune trace.

couronne s'affaiblit , tout le phénomène est au sud du

formant des arcs plus pâles et qui disparaissent géné-

it avant d'avoir atteint l'horizon sud. Le plus ordinaii^-

^5?^^^ hlVhg VUL — MÉTÉOROLOGIE.

îtientj tout ceci a lien dans la première moitit* de la nuit, aptn quoi l'aurore paraît avoir perdu Je §011 îiitefiîiîië; des faiM%a«i de rayons, de^ bandes, des frag^ments d'arcs paraisM^nt et S^ paraissent par intervalles ; pub les rayons deviennent de plus 01 plus diffus , te sont des lueurs vagues et faibles qui fioisseni pv occuper tout le ciel groupées eomme de petits eumulus ^ et Am^ "tiees sous le nom de plaques atirorales. Leur kimtère haà éprouve souvent des chang^ements tres-vifs daniv son intenitil*'. semblables à des mouveraeiits de dilatation et de cotitracticiitH qui *e propagent du centre à la circonférence , et rt^ripnscjw ment, rappelant ceux de ces animaux marins itomnit^ mééum. Lu lueur erépusctilaire arrive peu à peu, et le phénomerie faiblissant graduellement cesse d'être visible, .

" IVauttes fois, les rayons paraissent encore avec le cmmif^ eeuienl du joiu*, nifme lorsqu'on peut lire sans difficullé le iriftf d'un imprimé; puis ils disparaissent tout à coup ; ou bwT\, * mesure que le crépuscule augmente j ils devienueiit yf^^. prennent une cotdeur blancbâtre , et finissent par se confomirt avec les cinho-stratus , de telle sorte qu*il devii^iu imposNlile 4r les distingiier de cette espèce de nuage* ^

Telle est rappai-euec de Taurore boréale quand elle se mootxt dans sa plus gmndc magnificence : mais, soit que IVtat do dd ou les cireoiistuut^ps almospliériqucs ne soient pas toujours 1^ ^ vorables, soit que les conditions elles-mêmes qui déterminent If phénomène ne soient pas toujours satisfaites en même temp . ï^ arrive très-rarement que Ton puisse observer une aurore horrilt complète, même dans les régions septentrionales. Tantôt b couronne ne se forme que d'une manière vague et incertaine, tantôt Tare est incomplet ou multiple dans quelques poinb; tantôt enfin Ton aperçoit des nuages qui interceptent la lumière, qui se colorent sur leurs bords ou dans leur épaisseur, et qui altèrent, par mille accidents plus ou moins remaixjuables. la forme régulière de l'aurore boréale. Alors on distingue encort vers le nord une lumière extraordinaire, mais le phénomène t>î confus et mal défini. On conçoit qu'il puisse offrir mille apparences plus ou moins étonnantes.

Nous n'avons parlé que de Taurore boréale de riiémispli» rtboréal; mais Ton a observé un phénomène tout à fait semblaMt dans riiémisphère austral, et il n'y a aucun doute que ver? \f pôle sud de la terre il ne se produise aussi des aurores Ih>-

CHÂP. V. — AURORES BORÉALES. 833

«lies, ou, si Ton veut, des aurores australes. Cependant les iroi*es du pôle austral ont été seulement aperçues par les nagateurs; elles n'ont pas été observées, mesurées et décrites »mme les aurores boréales, et c'est par induction que Ton admet l'elles doivent avoir les mêmes rapports avec le magnétisme rresti*e.

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