‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologieChapitre 30 sur 217 · CHAPITRK I. DE LA PRODUCTION DIT SON · texte numérisé non relu

CHAPITRK I. DE LA PRODUCTION DIT SON

semblables, et semblablement disposées, qui courront après les premières, et ainsi de suite. Alors une oreille qui serait placée quelque part dans le tuyau n'entendrait plus un son passager comme le bruit d'une explosion, mais un son continu plus ou moins grave, plus ou moins fort et d'un timbre plus ou moins agréable.

32b, De la gravité et de Vacuitédes sons. — La différence qui existe entre les sons graves et les sons aigus est si frappante pour nos organes, qu'elle doit certainement correspondre à quelque modification physique bien caractérisée dans l'air qui porte ces sons. Nous démontrerons plus tard, par des observations directes, que le son le plus grave du jeu d'orgue a une longueur d'onde de Sa pieds, et que le son musical le plus aigu n'a qu'une longueur de i8 lignes environ; encore ces deux limites ne comprennent pas tous les sons et toutes les nuances que l'oreille humaine puisse distinguer; nous verrons aussi que deux ondes de même longueur donnent toujours ï unisson parfait, quelle que soit d'ailleurs l'intensité ou le timbre des sons qu'elles portent. Le rapport de gravité et d'acuité de deux sons est ce qu'on appelle le ton. 326. 1^ intensité du son ne peut pas dépendre de la longueur des ondes, elle dépend seulement des compressions plus ou moins fortes et des vitesses plus ou moins grandes que l'air a reçues du corps sonore et qui se transmettent de couche en couche jusqu'à notre organe. Une corde de basse peut ôtre à l'unisson avec le bruit déchirant du clairon , c'est-à-dire que les ondes sont de même longueur ; mais l'air ébranlé dans le clairon accomplit des vibrations dont l'amplitude est beaucoup plus grande; c'est là ce qui fait son intensité assourdissante.

327 « Le timbre des sons est bien plus difficile à caractériser que le ton et l'intensité ; les physiciens ne sont pas complètement d'accord sur ce point ; mais il parait bien probable que le timbre dépend de l'ordre dans lequel se succèdent les vitesses et les changements de densité dans les II. 5

66 LIV. V. ACOU3TIQUK.

diftyrètilèS ttanches d'air qtii soht comprises entrU les deili eittrëitiitéâ de Tonde, et qiill dépend aus^i de ce que les portions Condensées et raréfiées de l'onde péaVent être dissymétriques dans une foule de circônstatibés {^g> 33 ).

328. Tous les sons , quel qne soit leur ton , li^»r tinkintm, leur intensité^ se propagent dans l'air ai>ee la fné'mè vitesie. Lorsque plusieurs observateurs écoutent un coiicert à diverses distances, ils entendent toiis la ihème mesure et la même harmonie. Ainsi, en se propageant dû loifti, tous les sons se succèdent dans le tnême ordre et aux mêitie^ falte^ valles ; ce qui suppose nécessairement qu'ils marchëHt aM la même vitesse; cAtj éi les sons graves , par etèihple> ptt^ liaient l'avance sur les sons aigtis, la mèstlre serait bièttiôt rompue, et ce qui serait une harmonie à io j^s serait i xoo pas une insupportable cacophonie.

329. La vitesse du son dans l'air est de 34o tnèiresper seconde j ai&. On a fait de nombt^uses expétijéhces ëil dtf* férents lieux de la terre, pour déterminer avec ëkactttndfc la vitesse du son. Nous nous bornerons à eiposér seules ment celles qui ont été faites près de Paris, en iSda, par le Bureau des Longitudes.

Les deux stations que Ton avait choisies étaient Villejuif et Montihéry. AVillejuif, le capitaine Boscary fit dis|>oser, sur uri point élevé, une pièce de six avec des gargonsses dé deux et de trois livres de poudre. Les observateurs placés autour de la pièce étaient MM. de Proiiy, Arago et Mathieu. A Montihéry, le capitaine Pernetty fit disposer une pièce de même calibre, avec des gargousses de même poids; les observateurs étaient MM. de Humboldt, Gay-Lussac et Bouvard. Les expériences furent faites deiitiit et commencèrent à II h. du soir le 21 et le 22 juin 1812. De Villejuif, l'on apercevait le feu de l'explosion dé Montihéry, et vice 2ferSà ; le ciel était serein et l'air à peu près calme.

Les chronomètres étant bien réglés, il avait été convenu que chaque station tirerait 12 coups «1 10' les uns des autres, et que la station de Montihéry commencerait 5' avant

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