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TRANSMISSION DE LA €HALEUR

M. Melloni a trouvé que la proportion de lumière réfléchie restait sensiblement Ja même tant que l’angle d’incidence, compté de la normale, ne dépassait pas 25 ou 30°.

1260. Dans ces limites la chaleur réfléchie forme à très peu près un quatre-centième de la chaleur incidente sur UE rer. la première surface de toutes les substances que la A Heu t leur peut traverser; quant aux autres la proportion est a is plus forte; pour le cuivre nee par exemple, elle s'élève à plus de 0,44; et elle est à très peu ‘près de même pour tous les métaux bien polis. Les résultats que nous venons d'indiquer se vérifient non-seulement pour: la chaleur de l'eau bouillante, mais pour celle provenant de toute autre source , de sorte que le pouvoir réfléchissant ne présente pasles variations que nous allons trouver dans les pouvoirs transmissif et absorbant.

1261. Les substances transparentes se (lééant en géné- Transmission ral traverser instantanément par la chaleur comme par Pr IN ge la lumière. Cela est évident pour la chaleur du soleil, qui passe comme on ‘saittrès bien à travers les vitres et qu’on peut concentrer comme la lumière avec les lentilles ou verres brûlants. Mais cela est encore facile à vérifier pour la chaleur artificielle, même quand elle est complétement obscure. Qu’on mette sur une même ligne une lampe ou un vase rempli de mercure bouillant , un écran opaque, une lame de verre et un thermo-multiplicateur. On verra ce dernier instrument marcher à l’instant même où on enlèvera l'écran. L'effet sera si prompt qu’on ne pourra pas l’attribuer à l’échauffement de la lame de verre ; d’ailleurs en la couvrant d’une couche d’encre de Chine tout est arrêté, et cependant un pareilenduit, si la lame s'échauffait, ne. ferait qu’augmenter son rayonnement vers le thermomètre.

M. Melloni s’est ainsi assurè que la chaleur rayonnante traversait instantanément des morceaux de cristal de roche de 5 à 6 pouce$ d'épaisseur.

1262. L'appareil de M. Melloni pour les expériences pour om sur la transmission de la chaleur rayonnante se compose riences. 1° du thermo-multiplicateur P ;.2° d’un support S sur le. Fig: 342,

quel on pose la substance que la chaleur doit traverser:

" Biathermaneite.

F Séparation

de la chaleur

30 d’une source de chaleur variable; ici c’est une lampe L à alcool et à spirale de platine T'; 4° d’un écran E’ percé d’un trou O ; cet écran ne laisse passer qu’un faisceau déterminé de rayons. L'écran E' s’enlève au moment où l'on fait l’expérience. Quant à l'écran E on l’emploie pour que tout soit pareil vis-à-vis les deux faces du thermo-multiplicateur; et même M. Melloni enferme maintenant l’instrument dans une enceinte en fer-blanc , parfaitement close, afin que la température soit plus uniforme. Il ya seulement une ouverture qu’on gradue à volonté par des diaphragmes. L'écran E devient alors inutile. La coulisse RR’ perinet d'établir les écrans et les supports aux distances convenables. | 1263. On appelle diathermanes les substances qui transmettent la chaleur rayonnante , de même qu’on appelle diaphanes celles qui transmettent la lumière. Il est à remarquer que les substances les plus diaphanes ne sont pas toujours les plus diathermanes ; l’eau la plus limpide laisse passer moins de chaleur que l’huile ; un morceau d’alun aussi transparent que du cristal est moins diathermane qu’une lame de tourmaline, malgré sa leinte verte foncée. Il existe-du cristal de roche qui a naturellement une teinte brune et qu’on appelle enfumé pour cette raison. M. Melloni a reconnu qu’un morceau de ce cristal ayant 100 millimètres d'épaisseur transmettait encore plus de la moitié de la chaleur d’une lampe d’Argant, tandis qu’une lame d’alun d’une transparence parfaite d’un millimètre d’épaisseur seulement , n’en laissait passer que les dix-sept centièmes. Enfin il est des substances entièrement opaques qui sont cependant diathermanes; tel est le verre noir; à égalité d’épaisseur il laisse mème passer plus de chaleur que l’alun le plus limpide. Parmi les corps solides on ne peut citer que le sel gemme qui approche de la diathermanéité parfaite; l’alun , l’eau et les substances opaques en général sont au contraire, très peu diathermanes.

1264, Avec des substances transparentes aureleihes ; M. Melloni est parvenu à priver complétement la lumière

DIATHERMANEITÉ, DIATHERMANSIE. 181

du soleil de sa’chaleur. Cette lumière, il est vrai, était un et de la lumitpeu affaiblie par l’imperfection de la transparence, mais A

en la concentrant par des lentilles, on pouyait l’obtenir

aussi vive qu’on le voulait sans qu’il se manifestât: de

chaleur appréciable. Des expériences sur la lumière arti-

ficielle ont donné le même résultat. Ainsi lors même que

les rayons de chaleur et de lumière se trouvent réunis, on

ne doit pas les confondre, La nature d’ailleurs nous les

présente souvent séparés. La lumière de la lune est sans

chaleur sensible ; concentrée par les plus fortes lentilles,

elle ne fait pas monter le thermomètre d’un centième de

degré. D’un autre côté les corps donnent de la chaleur sans

lumière tant que leurtempérature ne dépasse pas 4 ou 500°.

Nous reviendrons en optique sur cette distinction des rayons

de chaleur et des rayons de lumière, et nous verrons encore

d’autres moyens de les séparer. y

1265. Les rayons de chaleur peuvent différer non-seule- Hétérogénéiment par l'intensité, mais par beaucoup d’autres qualités, dr à ee ainsi que nous le ferons voir en optique. Ici nous signalerons seulement la diathermansie, qualité en vertu de laquelle certains rayons passent plus facilement que d’autres à travers un milieu donné. Qu’on expose successivement une même lame de verre à des rayons d’égale intensité provenant de sources différentes, on aura des faisceaux trans-

‘mis d'intensité très diverse. L'inégale diathermansie doit être admise aussi dans les rayons provenant d’une même source; Car puisque le verre laisse passer certains rayons plutôt que d’autres, il est naturel d'attribuer au moins en partie l’affaiblissement de chaque faisceau dans l’expérience précédente, à ce qu’il est composé de rayons doués d’une diathermansie inégale. Cette manière de voir se trouve d’ailleurs afene par tous les faits connus.

1266. Nous avous pris le verre pour exemple, maïs on Ponvoir diatrouverait de même que les autres substances diathermanes AE NS laissent passer certains rayons de préférence. En général les rayons qui passent plus facilement que d’autres à travers une substance, passent aussi plus facilement à travers une autre; mais il y a des exceptions, de sorte qu’il faut ad-

mettre dans chaque milieu diathermane un pouvoir diathermique propre. On peut juger du pouvoir diathermique ou transmissif des différentes substances en les exposant successivement au rayonnement d’une même source et en mesurant la chaleur transmise. Mais comme celle-ci dépend non-seulement du pouvoir diathermique des milieux, mais aussi de la diathermansie des rayons, on doit s’attendre à trouver des proportions différentes et même un ordre différent si on opère avec différentes sources ou sur de la chaleur ayant déjà’ traversé certains milieux; on trouverait par exemple que le verre et le cristal de roche, en lames de 7 à 8 millimètres, transmettent sans perte la chaleur qui a traversé une couche d’eau de 1 à 2 millimètres, ou une lame d’alun de même épaisseur, tandis qu’il y a une perte énorme dans la plupart des autres cas. |

74 cts 1267. Pour donner une idée du pouvoir diathermique des

diathermique divers milieux et de la diathermansie des rayons provenant

su ne de différentes sources, nous rapporterons lesrésultats d’une belle’ série d’expériencesfaitespar M.Melloni. Les sources de chaleur sur lesquelles il a opéré étaient : 1‘ une lampe de Locatelli, c’est une petite lampe sans verre, à simple courant d’air; 2° une spirale de fil de platine maintenue à l’état d’incandescence au-dessus d’une lampe à esprit-de-vin ; 3° une lampe à alcool couverte par une lame de cuivre noirci qui prenait une température fixe de 390°, comme 6n s’en est assuré par la méthode des mélanges (1143); 4° un vase en cuivre mince noirci à l'extérieur et rempli d’eau maintenue en ébullition. Des écrans convenablement disposés permettaient d'opérer sur un faisceau de rayons bien déterminé. Les quatre sources étaient d’ailleurs placées successivement à des distances convenables pour produire toutes le même effet sur le thermo-multiplicateur avant l’interposition de la substance à essayer.

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