CHAPITRE IV
pas encore très-nombreux, et il est nécessaire pour les étendre de multiplier les observations hygrométriques dans les difTérents observatoires oit Ton s'occupe de météolorogie.
îi 111. — Coiidetualion de la vapeur deau* — Météores
aqueux.
Lorsque l'air contient plus d'eau qu'il n'en faut pour saturer un espace donné , l'eau se précipite, et , suivant la température et la mamère dont cette précipitation s'opère , il en résulte divers hydro-météores dont nous allons parler.
Rasée ^ serein ^ gelée blanche ^ gl^^*
Quand Tair (|iii est à la surface de la terre n'est pas tout à fait à saturation, si, par une cause (ju('lroru|ue, les corps viennent à se refroidir, alors, dans la cout lnî gazeuse en contact avec eux, la saturation a lieu et la vapeur se précipite. Telle est la cause de la rosée et de la gelée blanche.
Rosrc. — La rosée est due au rayonnement noctui ne. Le docteur Wels est le premier qui ait montré, par des expériences concluantes, (juelles étaient les causes de sa production. Lorsque le soleil est caché sous l'horizon, tous les corps qui se trouvent à la surface de la terre, la terre elle-même ainsi que Fair, ne reçoivent plus de rayons solaires ; ils rayonnent alors à leur tour vers les espaces c(>lestes et se refroidissent. Par conséquent, après le coucher du soleil, presque tous les corps qui ne sont pas abrités deviennent })1iis froids que l'air; quelques» uns ont 1*^, 9 3^, et même, dans quelques cas, jusc(u'à la^ au-dessous de la température ambiante* L'abaissement de température dépend du pouvoir rayonnant' et de la conductibilité des corps pour la chaleur; lorsqu'il se manifeste, les couches d'air (jui environnent ces corps participent au refroidissement « et la vapeur d'éauy ayant une tension plus forte que celle qui est nécessaire pour saturer Fespaceàcette temp^tiM,septé6ipiteSoiis
1>B L'àTVOSPHfeEE.
la forme tic gouttelettes, il se produit un effet du même genre lorsque l'on transporte un verre contenant de Peau froide dans l'intérieur d'un appartement humide à une température plus élevée : les parois de ce verre ne tardent pas à se recouvrir d'humidité. Du reste , on sait que les nuits à fortes rosées sont très-froides ; seulement il faut remarquer que le froid est cause de la formation de la rosée, et n'en est pas une conséquence.
D'après ce principe , la rosée est donc toujours plus forte dans les localités où les objets sont le plus exposés au rayonnement atmosphérique; en effet, si l'on intercepte ta vue de la voûte céleste à un corps pendant la nuit, il ne se déposera que peu ou point de rosée. Si donc on place, comme Ta fait le docteur Wels, deux flocons de laine, l'un à Tair libre, par une nuit calme et sereine, l'autre sous une planche qui lui fasse écran par rapport au ciel , le premier flocon augmentera de poids, en raison de la précipitation de la rosée, tandis que le second n'aura que peu ou point augmenté.
C'est par la même raison que la rosée est plus abondante en rase campagne que dans les villes ; et si le ciel est couvert de nuages, le dépôt de rosée pourra alors n'être point sensible, attendu que ces nuages faisant office d'écrans , s'opposent ai«si au rayonnement , et par suite à l'abaissement de température. Concluons de là que tout ce ([ui favorise le rayoaaemeat favorise ëgaloment la formation de la rosée.
L'inégalité de pouvoir rayonnant et de pouvoir conducteur, avons-nous dit, produit, pendant la nuit, des abaissements de température différents dans tous les corps situés à la surfacii de la terre. Quand l'air est trèshumide , le point de rosée est voisin de la température ambiante, et tous les corps se couvrent de rosée; mais si l'air est plus sec, il n'y a que ceux qui rayonnent le plus dont la surÊice se recouvre d'eau. Toutes choses égales d'aiili^rs, certains corps se recouvrent donc plutôt de; j^Biéé que d'autres; ainsi les plantes se g^pllpv^ plus la tem, le sable plus qu'un sol
CHAPITEB IV.
battu, le verre plus que les métaux, c*est-à-dire , les corps mauvais conducteurs et qui ont le plus grand pouvoir rayonnant se couvrent de rosée plus abondamment que les autres, attendu qu'une fois refroidis, ils conservent plus longtemps leur abaissement de température. La différence entre la température de Hierbe et celle de l'air est souvent de 4'' à 8^
La rosée se dépose non-seulement le matin et le soiri mais encore pendant toute la nuity<piand Tair est calme et le ciel serein. Les corps commencent h se refroidir avant le coucher du soleil 9 mais on n'aperçoit pas de dépôt de rosée avant que cet astre quitte Thorizon; toutes choses égales d'ailleurs, il se forme moins de rosée pendant la première moitié de la nuit que pendant la seconde; le matin, les gouttelettes de la nuit conti* nuent encore à grossir quelque temps.
Sur les côtes, oh Tair est très-humide, on observe de fortes rosées; dans Fintérieurdes grands continents, en Afrique et en Asie, elles sont presque nulles. D'après les mêmes moti&, on conçoit que, plus les jours précédents auront été chauds, plus il y atun eu de vapeur dans l'air, et par conséquent plus abondant sera le dépôt de rosée. Cest pour cela que la rosée est plus abondante en été que dans les autres saisons , et qu elle est nulle en hiver.
Le vent a aussi une influence sur le dépôt de ros<îe. S'il est faible, en renouvelant l'air il peut l'augmenter; s'il est fort, babituellement, il le diminue. D'après ce que nous avons vu, p. 117, comme la température de l'air pendant la nuit peut aller en augmentant jusqu'à une certaine hauteur, par suite du refroidissement qui se commuiii(|ue aux couches d'air inférieures, il en résulte qu'un vent léger peut aussi mélanger les couches d'air, et faire disparaître la rosée en amenant des masses gazeuses plus chaudes. Mais, en général, les conditions nécessaires à la formation de la rosée sont un air calme et un ciel serein.
Dans une saison froide, <|uaud il souffle un vent
3j/^ DE L ATMOSPHÈRE.
chaud, quel<{iiefoi8 les murs des maisons el les objets refroidis se recouvrent d'humidité; ce dépôt est tout à fait analogue à celui de la rosée.
On a évalué quelle était dans nos climats la quantité de rosée qui pouvait se déposer ainsi sur le sol ; M. Flaugergues a trouvé qu'en moyenne, en un jour de rosée, il ne se déposait pas nne couche (feau de plus de -^b millimètre d'épaisseur. En un an il observa laS rosées dont la somme totale avait donné un dépôt d'eau de G^^j^^o. (Gasparin, Mc/('()ro/oi^ir (i^ricoiryi. lî, p. i 19.) A Florence, on a trouve, depuis ranncc 1800 jusqu'à 1 801, et de 180S à i8()(), en moyenne, 87 rosées par an, donnant plus de 6 millimètres d'eau; cela équivalait après de 7^:7 de millimètre j)ar rosée. Dans les pays oïl Pair est très-liumide, il n'est pas douteux que le dépôt ne soit plus considérable.
Caire hldnchc ou i^ii /T. — I.a gelée Llanclie ou le givre se forme dans des circonstances tout à fait analogues à celles (jui donnent naissance à la rosée, avec cette difTérence, toutefois, qu'il se produit de la neige ou de l'eau congelée, au lieu d'eau liquide. La gelée blanche ue se forme qu'en automne, en hiver et au printemps, car il faut que la terre soit suffisamment refroidie, 011 du moins les corps qui se trouvent à sa surface, pour que l'eau puisse se congeler.
Les gelées d'automne et de printemps, qui nuisent tant aux plantes potagères et aux arbres fruitiers, sont dues non-seulement à la pràHpitation de gelée blanche, mais encore à la congélation de l'eau des plantes elles-mêmes, laquelle, en augmentant le volume ae cette eau, détruit les tissus. On évite ces effets en les abritant du rayonnement céleste. Lorsque les corps se refroidissent ainsi, l'air plus dense , par suite de sou refroidissement au contact de ces corps, descend vers la terre et produit des courants qui .sont cause que la température ne s'abaisse pas autant que ^ela aurait lieu sans ce motif.
Nous citerons, comme ime application du rayonnement atmosphérique, les glacières du Bengale, sous les