‹ Éléments de physique terrestre et de météorologieChapitre 90 sur 202 · CHAPITRE IV. JO · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. JO

séquences générales déduites des observations, puis de parler des hypolliéscs que l'on a proposées pour expliquer leur formation. *

On peut classer les vents en (juatrc catégories, suivant les effets auxquels ils donneat naissance:

1" Vents alizés ou généraux.

a" Vents périodiques, moussous, brises de mer et de terre, etc.

3° Vents variables de nos contrées.

4** Vents accidentels.

Nous allons passer successivement en revue ces quatre classes de vents.

1° Vents alizés. — On désigne sous ce nom les vents qui soufflent dans les régions équatoriales, au large des côteSy dans des directions à peu près constantes pendant le cours do rannée, de chaque côté de 1 équateur, jusque vers 3o^de latitudeà peu près; leur direction est du N.-£. au S.-O. dans riiémispiière nord, et du S.-E. au N.-O. dans rhëuiisphère sud; c'est-à-dire que leur tendance générale «st de Test à Fouest en sens inverse du mouve^ ment de rotation de la terre, ou suivant le mouvement apparent du soleil. 11 ne fiiut pas croire que les alizés soufflent dans la même direction, sur toute l'étendue des mers, entre ces parages; ils sont influencés par les continents, et peuvent souffler en sens inverse de la dt<» rectîon indiquée pins haut; ils ne se régularisent qu'à une certaine distance des côtea.

ÂLiz^ DU GRAND OcÉAîr. — Dans le grand Océan , lalizc N.-E. souffle assez régulièrement à quelque distance des terres , entre l'équateur et le cercle tropical nord. Sa Innitc septciUi ionale s'avance vers le pôle nord, pendant Pété de notre liéinisphère , et s'en éloigne pendant l'iiiver. On peut admettre qu'il règne en moyenne de 2" vers de latitude nord. L'alizé S.-E. de rhémisphère sud souffle aussi régulièrement dans le grand Océan, mais ses limites ne sont pas aussi bien marquées; elles ne s'écartent pcut-tHre pas beaucoup des limites précédentes. La bande équatoriaie qui

3lO DE l/4TM0ftPH^E.

sépare les deux alizés de de latitude nord à i^ sud est la ragion des calmes, oîi Tair n'est troublé que par des coups de veut nommés tomcidos par les ËSr pagnols. Du reste, les orages et les {3luies presque journalières s*opposent à Texistence de déplacements d'air réguliei's.

Alizbs db L*ociAN Atlaivtiqub. — Dans l'océan Atlantique, les régions où se trouvent les vents réguliers sont un peu cK' placées; dans lliémisphère nord, Talizé N.-£. ne s'étend que depuis 8" jus(|u'à So^^à peu près. La région des calm^ s étend de 8^ nord à de latitude nord ; cette étendue varie aussi avec la saison ; mais de 3** latitude nord à 3o** sud , l'alizé S.-E. prédomine. M. de Humboldt attribue l'extension de Talizc sud-est au delà de Téquateur dans Thémisplicre nord a la configuration du bassin de l'ooean AtIanti(juo. Du irsle, la ditei licni générale de la ( (')te du S.-E. au N.-(). lavorise singulièrcnient Textension du vent S. -Pl. I/alizé du !N.-K. s'avance davantage vers le nord, dans To^'an Atlanti(|Ue,ea été (ju'en hiver; il se fait alors seutir jusque vei's les côtes du Portugal.

Les régions dans lestjuelles les deux \(miIs se reniplacenl successivement sont si'paiées par une handt; où des vents variables se succèdent avec des cahnes ou dos coups de vent. 11 faut remarquer que dans les courants d'air, comme dans les courants d eau , .lorsqu'il existe simultanément deux courants en sens inverso, a une certaine distance, au milieu de ces courants, le fluide est tantôt calme, tantôt agité, tantôt il tourbillonne; c'est l'image des veifU variables et des coups de vent,

a** Vejîts périodiques, moussons, brisfs de mer.— Nous venons .^e'.^r que, dans le grand Océan et dans l'océan Atlantâ<^e, les alizés s'étendent à peu près jus« que vers les tropiques ; mais, dans la mer des Indes, la présence .â^l^^tiiHtes y ^ l'établissement de vents

jT^i^ia^^^ alizés. Tandis que dans l'hémisphère sud^ ji Sii^P^*'^^ dbtance des terres, l'alizé S.-E. règne i|M^^ <ionïtamment, dans l'hémisphère norddePocéan.

CHiPITHE IV.

3ll

Indien, il règne un vent S. -O., dirigé vers la péninsule de l'Fndostan, le nord de l'Inde et (a Chine, depuis avril jusqu'en octobre; et depuis octobre jus(|uVn avril uu vent contraire a lieu-, et règne du N.-K. au S.-O. : ces vents sont les moussons de l'océan Indien. Ainsi , pendant l'été de notre béinisplière, lorscjue le soleil a ses déclinaisons boréales, c'est la mousson S.-O. qui règne seule, tandis (juedans notre hiver, lorscpie le soleil a ses déclinaisons australes, c'est la mousson N.-E. qui prend naissance. Ces vents p('*nèlrent dans l'intérieur des continents, où ils sont influencés par la foi'nie des terres. Les chaînes de montagnes tendent en gén<'*ral à faire glisser les niasses gazeuses parallèlenient à leur direction.

On trouve dans bien des parages des vents périodicpies qui alternent avec les saisons, et qui sont influencés par la conformation des côtes; ainsi, par exemple, au Brésil, il } a une mousson du printemps N.-f^. et une mousson S.-O. d'automne. On peut voir, dans l'Atlas physique de M. HerghausSjla direction de ces vents périodiques dans difTérents lieux du globe; mais nulle partilsnese manifestent d'unemanièreaussi régulièrecpnr dans l'océan Indien. Nous n'avons fait qu'indicpier leur direction générale, qui est toujours vers les continents au printemps et dans l'été, et en sens inverse dans l'Iiiver; mais ces vents se modifient singulièrement suivant les parages où ils soufflent, et surtout dans le grand archipel qui est à l'orient de la mer des Indes.

On retrouve aussi dans la Méditerranée des vents périodiques qui ont reçu le nom de vents étésiens,el qui sont les moussons de cette mer intérieure. Ces vents soufflent du nord; ils sont h leur maximum en été, et se font sentir sur toute cette mer ; ils se manifestent par le retard qu'éprouvent les navires qui reviennent d'Afrique en France. L'hiver, ou lorsque le soleil a ses déclinaisons australes, il règne en Egypte un vent du midi, mais plus fort que le vent du nord en été.

On voit donc qu'en général ces moussons, ces vents,

3l2 DE l'atmosphère.

qui changent avec les saisons » sont dirigés- vers les continents dans l'été, et en sens inverse dans lliiver, c'est-à-dire vers les prties qui s'échauffent le plus lors de l'action des rayons solaires.

Les vents qui alternent avec les saisons ne sont pas les seuls vents périodiques que Ton observe ; il existe des venls connus sous le nom de brises de mer et brises de terre, qui se nnuiifestent dans l'intervalle de u4 heures, et dont la p('M iodieitc est réglée par le mouvement diurne. Si 1 air esteahne le long d'une cote, vers les 8 ou f) hcurws du matin, il s'élève un vent qui vient du côté de la mer, dont la direction est perpendiculaire à la cote, et qui est appelé vent de mer; il augmente jirs(jue vers i ou 3 heures à l'instant rie la température maxinuun, puis diminue, pour cesser vers 5 heures ; alors il y a inlei ruption jusqu'au coucher du soleil, oii le vent de terre conunence à se faire sentir dans une direction tout à fait opposée jusqu'au jour; le lendemain les mêmes effets se reproduisent. Si Tair n'est pas calme et qu'il règne un vent ayant une certaine direction , alors les effets se composent et donnent lieu à tmc résultante.

Les brises de mer et de terre ne se font sentir qu'à peu de distance des côtes; car plus loin régnent les moussons; c'est à l'aide de la brise du matin ou du vent de mer que Ton entre dans les ports ^ et l'on en sort à l'aide de celle du soir ou du vent de terre.

Ces vents périodiques diurnes ont une origine analogue à celle des moussons; ils sont dirigés , comme on le voit, du côté des régions les plus échauffées, c'est-àdire vers les terres pendant le jour, et en sens inverse pendant la nuit. Ils soufflent régulièrement dans les tropi(|ues; mais, dans nos contrées , ils doivent suivre le <!Ours des saisons, car la longueur des jours et des nuits règle leur durée. On en remarque encore quelques traces sur hîs côtes du Groenland.

On ohserve aussi des déplacemenls d'air périodiques diurnes dans les pays de montagnes; ils consistent en une brise glissant le long de la montagne pendant U

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naiti et en une brise ascendante dans le jour. Ces déplacements sont extrêmement variés en raison même de la con6guration et de rorîentation des montagnes.

M. Fournet (Annales de phjs.'et de chirn.^ i8/|o, t. LXXIV, p. 337), qui a fait une étude approfondie de ces hrisrs de montagnes, leur donne le nom di' Hux. et reflux. atmosphcri(Hics. Voici les principales conclusions auxquelles l'ont conduit ses observations. ' * *

Les aspéi ités du sol déterminent journellement un flux et un reflux atmosphériques, donnant naissance à des brises ou des vents ascendants et descendants, connus de temps inuuémorial dans certaines localités sous le nom

f/i(fhvin(l , pont{(t,s\ vcsinr y solorc, Vftiulcronj reôn.Sy vent du Mont-IilanCy aloup de vc/if. Ces courants d'air se développent au plus haut degré dans les concavités des vallées, mais sans leur être exclusivement propres, car ils se manifestent le long de toutes les rampes, et le courant des vallées n*est que la résultante des cascades latérales et partielles. Ce flux atmosplicrique est rapide dans les gorges étrp^es et aboutissant par un court trajet à de hantes sommités.. Il est plus tardif dans les bassins généraux, où le vent ascendant ne' s'établit qua 10 heures du matin , et le vent descend Haut n'est régularisé que vers 9 heures du soir. L'heure de rétablissement de ces courants d'air varie avec les saisons , et aussi avec quelques ciroonstaoces accidentelles météorologiques. ' <

La configuration des parties supérieures des vallée exerce encore une grande influence sur les vents suivant les heures et les saisons : aussi ils sont tantôt plus prononcés le jour (|ae la nuit (vent de Maurienne), tantôt datatiûge la nuit qoe le jour (pontias, aloup de vent de Chessy). Quelquefois c'est l'hiver avec ses neiges qui est le plus favorable aux vents nocturnes (vent de Maurienne, pontias); d'autres fois c'est l'été pour les vents du jour (vent de Maurienne). Quelquefois les alternatives de chaud et de fioid sont si brusques, que, par exemple, dans la vallée de Jeux, on éprouve des varia-

3 1 4 t*ATtf OSPniBE.

tionsqul ont étc jusqu'à 20" en quelques heures; ainsi Too a vu des faucheurs couper la ghice le matin avec leur faux, tantlis que, quehjues heures après, \v thei inojnètre inarquait 38" au soleil; il est iuipossihlc que ces vaiialions ne produisent pas de grands déplacements d'air.

Eu comparant les phénomènes des vents periodicpies . dos mpntagnes à celui des hrises de uier et de terre, qui se Droduisent përiodiquenieut le long des côtes, ou voit quà la même époque où les vents diurnes de mer poussent les vaisseaux dans les ports » Tair s'élève aussi vers les montagnes, et que l'inverse a lieu pendant la nuit. Ces vents tendent à transporter les corps suscei)* tible de flotter dans Tair; c'est ainsi que, suivant les circonstances, les fumées et surtout les vapeurs vont se condenser durant le jour autour des hautes cimes (vallées d'Aoste, de la Maurienne, de TOssela, d' Auras- . cayCol du Géant y Valais, etc...), ou bien sont ramenés pendant la nuit vers les concavités (Marti^ny, Chessy, €ol du Géant, etc.); d'où il suit que Tair se dessèche pendant la nuit , et devient plus humide du- ' rant le jour sur les hauteurs, tandis que Tiiivèrse a lieu dans les concavités (Genève , Col du Géant , etc.).

Les veuts généraux supérieurs peuvent , dans certaines circonstances, altérer les vents périodiques des montagnes, les compliquer ou hien les anéantir. Il suit de là (jue les pronostics de heau temps, déduits de la régularité de l'allure des hrises, sont souvent conl redits pai Texpériencc; cependant, d'après M. Fournet, le renversement des courants d'air est suivi d'une pluie.

Les vents verticaux périodiques teruh-nt à altérer les mesui es des hauteurs par le haromètre, et montrent que ce n'est que sur des moyennes que Ton peut baser ces déterminations.

3" Vehts variables. — Nous avons vu que sous les tropiques il existe des vents qui ont une tendance générale de lest à Touest à une certaine distance des cotes, et que près de celles-ci, suivant les saisons, s'établissent des moussons qui, en se propageant dans

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