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ELEME.NTS DE PSYCHOLOGIE EXPERIME-YTALE.
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les récents travaux de P. Marie il semble qu’il y ait une révision totale à faire des travaux sur la localisation antérieurs à ces dernières années : la méthode anatomo-clinique avait conduit à localiser dans certaines régions de l’écorce les images relatives à certaines fonctions, mais un examen attentif a montré que plus probablement les troubles de ces fonctions, constatés durant la vie du sujet, étaient dus, non à un déficit dans les images appropriées, mais à une faiblesse générale dans l’usage de toutes les images. Presque tous les travaux relatifs à cette question ont porté sur les représentations servant à l’usage du langage.
Centres du langage. Broca en 1861 constata à l’autopsie d’un malade nommé Leborgne, ayant perdu l’usage du langage articulé, une lésion ayant son centre au pied de la 3® circonvolution frontale A la suite des expériences de Wemicke et Kussmaul (1876), Charcot distingua quatre sortes d’aphasie : 1® La surdité verbale ou perte du sens des mots entendus, malgré la conservation de l’ouïe et de l’intelligence, avec lésion de la première temporale ; 2° La cécité verbale ou perte de l’intelligence du sens des mots écrits, avec lésion de la 2® circonvolution pariétale ; 3® L’aphasie motrice ou perte de l’articulation, avec lésion du pied de la 3® frontale ; 4® L’agraphie ou perte de la capacité d’écrire, bien que la main ne soit pas paralysée, avec lésion de la 2® circonvolution frontale Pierre Mario a soumis à un examen méthodique tous les aphasiques de Bicêtre depuis 1896 ; il a pu faire une cinquantaine d’autopsies. Voici les principaux résultats de ses travaux, confirmés d’ailleurs par plusieurs observations du Dr A. Marie ^ : a) Il faut distinguer dans les troubles du langage l’aphasie
1. Pierre Marie, Différents articles : R. de ph., mars 1907 ; Semaine médicale, 23 mai 1906, 17 oct. 1906. Cf. Peillaube, Les Images, 179-189 ; Dagnan-Bouveret, Aphasie motrice sous-corticale, J. ps. n. et p. 1911, 9-34 ; Révision de la question de l’aphasie, J. ps. n. et p. 1907, 558-560 ; Dugas, Une théorie nouvelle de l’aphasie, J. ps. n. et p. 1908, 385-397. (Des schémas et reproduct. de cerveaux se trouvent dans les art. c. de P. Marie et Dagnan-Bouveret.)
2. Dagnan-Bouveret, Aphasie et Localisations cérébrales, R. M. et M. 1908, 468.
3. Cf. V. g. Mathias Duval, R. sc. 1877, t. 2, 769-779, et Cours de Physiologie 1887, 105-198.
4. Sur quelques localisations cérébrales de l’aphasie, J. ps. n. et p. 1907, 103-113.
IMAGES
véritable et l’anarthrie ; l’anarthrie est un trouble moteur qui laisse intact le régime des représentations et porte uniquement sur la parole extérieure, tandis que l’aphasie véritable est un trouble général dans l’usage des images. Les vrais aphasiques présentent un déficit considérable non seulement pour ce qui se rapporte aux mots, mais pour tout ce qui a été appris par un procédé intellectuel^- c’est ainsi qu’un cuisinier atteint de cotte infirmité n’était plus capable de faire une omelette. L’aphasie semble liée à des lésions de la zone de Wemicke (gyrus suprtimargina], pli courbe, K® temporale), l’anarthrie à des lésions de la zone lenticulaire striée constituée par la substance blanche située, entre les circonvolutions de l’insula et le noyau lenticulaire ainsi que par les couches externes de ces ganglions . 6) Il n’y a pas plusieurs espèces d’aphasies, mais cette infirmité apparaît avec tous ses sjmiptômes dès qu’il y a une lésion même limitée de la zone de Wernicke ^ et n’est qu’un cas particulier do l’apraxie ; i’anarthrie s’associant avec l’aphasie de Wernicke donne le sjmdrome de Broca. Remarquons d’ailleurs que la signification des troubles groupés sous le nom d’apraxie n’est pas encore pleinement élucidée. S’il faut distinguer, avec H. Liepraann, une apraxie idéatrice et une apraxie strictement motrice, l’interprétation de certains symptômes devient extrêmement délicate, c) Il semble donc qu’on puisse conclure à la non-existence de centres spéciaux pour les images du langage.