‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 126 sur 358 · A. Fixation et conservation · texte numérisé non relu

A. Fixation et conservation

1® Position du problème, a) La psychologie expérimentale de l’image ne doit jamais perdre de vue ce principe que Bühler pose après Messer : « Ce sont les objets percés qui constituent les éléments, les unités des expériences noé-

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tiques » Dans toutes les questions relatives à l’image trois éléments peuvent intervenir . la modification physiologique du cerveau, l’objet représenté, l’acte par lequel on connaît l’objet. L’état actuel de l’étude des localisations cérébrales ne permet pas d’atteindre le premier élément (30, B) ; d’ailleurs, quand bien même on pourrait préciser la partie du système nerveux affectée par chaque représentation, le principe énoncé par les psychologues de Wurtzbourg n’en resterait pas moins certain : conservation, reconnaissance, localisation dans le passé, ne se définissent et ne s’apprécient qu’en comparant les objets présentés par l’image et par l’expérience primitive Quant à l’acte par lequel l’objet est connu, il ne saurait être en question dans les problèmes de conservation, reconnaissance, organisation, etc.: indépendamment de tout système métaphysique, l’acte actuel est au point de vue psychologique entièrement distinct de l’acte primitif, puisqu’il est nouveau et présent. Le problème de la conservation peut donc s’énoncer ainsi : « L’objet présenté par la sensation peut-il être représenté par l’image? » Puisqu’il est d’ailleurs évident que la réponse est affirmative au moins pour un grand nombre de cas, il y a lieu de se demandei quelle est la raison suffisante de ce pouvoir de représentation, h) L’expérimentation et l’observation relatives à la conservation des images présentent des difficultés évidentes. On ne peut atteindre par l’expérience un pouvoir, une virtualité de représentation, et par conséquent la solution du problème no peut être conclusion immédiate d’expérience. De j)lus la sensation peut avoir été enregistrée, conservée, même reproduite, et ne pas être rapportée au moi par la conscience réfléchie (30, 2°, A) ; dans ce cas tout se passera pour l’observateur comme s’il

1. Bühler, Psychologie de la pensée, Arch. de ps., t. 6, 386 ; Messer, Experimentel-psychologische üntersuchungen über das Denken, Arch. f. ges. Ps., t. 8, 51

2. Jonssain, Le cours de nos idées, R. ph. 1910, t. 2, 165. Cf. Offner, Das Gedâchtnis, 1909 (Ann. ps. 1910, 426).

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n’y avait pas conservation : « Il ne suffit pas pour que nous ayons ccmscience d^un souvenir, dit très exactement Janet, que telle ou telle image soit reproduite par le jeu automatique de V association des idées ; il faut encore que la perception personnelle saisisse cette image... Cette opération est si simple, si facile chez nous, que nous ne soupçonnons même pas son existence. Mais elle peut être altérée ou supprimée, tandis que les autres phénomènes du souvenir, conservation et reproduction des images, subsistent intégralement, et son absence suffira pour produire chez les malades un trouble de la mémoire qui sera pour nous une véritable amnésie » Enfin il faut tenir compte de l’extraordinaire complexité du phénomène psychique (23) : de ce que le complexe donnant la connaissance d’un objet ne se représente pas, on ne saurait conclure que les éléments simples de ce complexe ne se reproduisent pas. En résumé, autre chose est enregistrer, autre chose est reproduire, autre chose est se rendre compte de la reproduction, autre chose encore est discerner les éléments reproduits, et cependant c’est seulement lorsque ce discernement existera que l’exj^érience psychologique atteindra la conservation. On voit avec quelle prudence la Psychologie rationnelle devra se servir des données expérimentales relatives à ce problème.

2° Faits expérimentaux. Les cas où les objets présentés une première fois par la sensation semblent ne plus être représentés par une image ont été classés sous les noms de « dysmnésie » et « amnésie ».

a) Il y a dysmnésie ^ lorsque, congénitalement ou accidentellement, les souvenirs ne peuvent être fixés. Comme on l’a remarqué plus haut, l’idiot du premier degré ou complet ressemble dans l’exercice de sa vie psychique à un animal dépourvu de la faculté des images ^ (30, 2°, A). De même

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