‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 202 sur 358 · Tassy, 1. s. c · texte numérisé non relu

Tassy, 1. s. c

MOUVEMENTS

semble donc pas que la seule explication de la nostalgie soit, comme le soutient M. Ribot, la mémoire affective ^ ; les caractères, qui, d’après ce psychologue, conviennent aux sujets affectés de cette maladie, mettent en évidence l’absence ou la pauvreté des éléments inhibiteurs capables de neutraliser l’influence motrice des images du pays natal : « La fréquence de la nostalgie est en raison inverse de la multiplicité et de la fréquence des relations sociales. Le sauvage, le montagnard^ le paysan passent leur vie dans un milieu très restreint qui est le foyer unique de leurs émotions. Plus le cercle de leurs idées est restreint, moins ils sont plastiqu es et plus il est difficile pour eux, si la nécessité les éloigne du pays natal, de s'adapter, de modifier, de changer le cours de leurs idées. La faiblesse de leur intelligence assure le m Jntien de leur disposition mélancolique par V impossibilité d® franchir leur étroite limite. Enfin il faut admettre, en outre d^ ces deux causes, une faiblesse de la volonté, une absence d^e réaction énergique. Sur les caractères bien trempés, la nostalgie n'a pas de prise » Ribot fait également remarquer que tous les auteurs s’accordent à reconnaître l’existence de cette maladie chez les bêtes et y voient une des causes principales qui s’opposent à leur acclimatation®. Toutes ces circonstances de la nostalgie mettent en lumière l’universalité et la nature de la motricité des images.

L’imitation, l’entraînement grégaire, la contagion mentale ont aussi leur raison d’être dans le pouvoir moteur des images ; ces faits se rattachent à la Psychologie collective (ch. XIII).

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