Grundriss der Ps
2. Le Bon, Psychologie des foules, 6« éd., Aie. 1902, 142-143.
nymes, groupées par une cause accidentelle et imprévue (la foule des rues par exemple), ou au contraire formées d’individus se groupant pour un but défini et connu d’eux (assemblée électorale, réunion de grévistes, assemblée parlementaire, jury, etc.).
La difficulté de résoudre ces problèmes est évidente et on peut appliquer à toute psychologie collective ce que dit Malapert de la Psychologie des peuples : « La 'psychologie des peuples aurait à étudier la nature meme du caractère national, de ses éléments constitutifs, de leurs rapports, de leurs causes ; elle aurait à déterminer encore sous quelles conditions et selon quelles lois vit, se développe, agit le caractère national à étudier, comme dit Wundt, « les phénomènes psychologiques qui sont à la hase du développement général des sociétés humaines et de Vapparition de produits collectifs d'une valeur générale », abstraction faite des différences locales elle aurait à décrire les divers caractères nationaux réellement existants et à rechercher jusqu'où vont leurs différences. Tandis que dans la première partie elle poserait des lois générales valables pour tous les peuples, dans la seconde elle chercherait à caractériser les peuples individuels comme formes réalisées de ces lois. Or, ni sur Vun, ni sur Vautre de ces points, nos connaissances ne sont assez précises pour que Von puisse considérer la psychologie des peuples comme scie7itifiquement constituée, ni meme peut-être comme étant en possession d'une idée parfaitement nette de son objet, de ses limites, de sa méthode »
Une des raisons, la principale sans doute, de cet état rudimentaire de la Psychologie collective est l’extraordinaire complexité des facteurs intervenant dans la mentalité d’une collectivité, mais il est cependant possible de procéder comme en Psychologie analytique et de distinguer différents aspects sous lesquels peut s’aborder l’étude d’une collectivité et différents facteurs déterminés ; on peut voir deux essais de ce genre dans l’ouvrage de Sighele « la Foule
1. Caractère, 83-84. Cf. Notion de « Vôlkerpsychologie » par G. Lambrecht, Ann, de l’Inst. siip. de phil., 1913, t. 2, 67-164.
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criminelle ^ » et dans celui de Le Bon « la Psychologie des foules ». n faudrait pour que ces essais isolés aboutissent à un résultat appréciable qu’ils fussent entrepris avec des méthodes plus précises et surtout plus unifiées. Si on se reporte à ce qui a été dit au n® 95, il est facile de constater, en parcourant les travaux de Psychologie collective, que les méthodes presqu’exclusivement employées sont celles de l’observation journalière et de la déduction, et de plus qu’il n’y a aucune entente dans la détermination de l’objet de la Psychologie collective pas plus que dans le choix des circonstances d’étude du fait collectif.
Nous nous contenterons donc de donner dans l’Index une bibliographie abondante pouvant aider ceux qui voudraient se rendre compte de l’état des études collectives, la question n’étant pas assez avancée pour être introduite dans un manuel élémentaire.
1. La foule criminelle, tr. fr. 2® éd. Aie. 1901 ; éd. italienne, l’In* teUigenza délia folia, 1911.