MAXIM V
MIMMA
De la naissance au 15' jour . .
De 15 jours à 'l mois
A 3 mois
millimètres.
millimètres.
niillimèlies.
Dp 6 mois à 1 an
De 1 an à 2 ans
De 2 ans à 3 ans
De 3 à 4 —
De 4 — à 5 —
De 5 — à 6 —
De 6 — à 7 —
De 7 — à 8 —
De 8 — à 9 —
De 9 — à lu —
De 10 — à 1 1 —
De 11 — à 12 —
De 12 — à 13 —
De 13 — à 14 —
De 14 — à 17 —
De 22 — à 24 —
MoDiFiG.\TioNs DU CRANE DANS l'enfange. — Nou Seulement le crâne augmente beaucoup dans les premières années de la vie, mais encore il se modifie dans sa structure, qui est incomplètement osseuse au moment de la naissance. Ce fait est clairement prouvé par les chiffres de ses différents diamètres, ainsi que par ceux de la capacité crânienne, qui n'est que de 400 centimètres cubes (en moyenne) chez le nouveau-né, et peut atteindre 1.000 centimètres cubes à la fin de la première année d'existence.
AccROissE.MENT DES PARTIES DU CRANE. — L'accroissemcnt, d'après Liharzik, paraît se faire constamment par une augmentation de 2,0 par mois, pris comme unité de temps. Ainsi, à la naissance le crâne mesure 35 centimètres; le premier mois, 37,5; le troisième mois, 40; le sixième mois, 42,5; le dixième mois, 4 ;
l'KSKES ET MENSURATIONS 14i)
([iiinziènic mois, 47, !j et le vingt cl unième mois, oO. Dans
Fig. 2-2.
Enfants juiiicauv (lolicocépliales (13 ans).
Taille
Périmètre llioraciquc .
Cnine, diarn. aiil. post — bi- parié lai . .
Circonfércuce crânienne liulice céplialique . . .
tu cent. Taille \Z6 cent.
02 Périmètre llioraciquc . . . lilî
20 Crâne, diam. ant. post . . 18
14 — bi-pariétal 14
■■).» Circonférence crânienne. . M
Tfl Indice céplialique 77,14
ÉLhMENTS DE SÊMtlOLOGli; l.NF.\.NTILF. .
140 KLÉMEXTS UE SKMKIOLOGIE INFANTILE
les deux premières années, le crâne esl beaucou[) plus large que la poitrine ; à la troisième année il est de la même largeur et cette proportion diminue ensuite. C'est la partie occipitale qui a l'acroissementle plus rapide et ensuite la partie pariétale: l'accroissement de la partie frontale est très lent (Ballantyxe). La suture frontale se solidifie dans le cours de la première semaine, et la fontanelle antérieure doit s'obturer dans le cours de la première année.
Indice céi'haliijle. — Ouand on examine le crâne, on ne doit pas oublier que les mesures offrent une plus grande importance s'il y a déviation de la forme. 11 faut également tenir compte de la règle anthropométrique générale : que le diamètre antéropostérieur au diamètre bi-pariétal comme 100 : x; x représente l'indice céphalique, qui est au-dessous de 78 chez le dolicocéphale, et varie de 78 à 80, chez le brachycéphale.
Fontanelles. — Les fontanelles, qui se rencontrent normalement dans le fœtus, sont les suiA'antes :
l'^ La fontanelle antérieure, grande fontanelle, bregma ou fontanelle bregmatique, résultant de la réunion des sutures sagittale et fronto-pariétale. Elle est quadrangulaire, chacun de ses angles se continuant par une suture, et présente quatre bords. Les angles latéraux sont formés par l'écartement de la moitié du frontal et du pariétal correspondants, l'angle antérieur esl formé par la séparation des deux moitiés du frontal, el langle postérieur par celle des pariétaux.
2y La petite fontanelle, fontanelle occipitale ou postéi'ieure. Elle est triangulaire et chacun de ses angles correspond à une suture, formée par les deux pariétaux et l'occipital, qui peut, d'ailleurs, être aussi divisé par la continuation de la suture sagittale (Velpeau).
3" Les fontanelles latérales, ptérique, astérique, orbitaire. ont peu d'importance en pédiatrie, mais non en obstétrique. Il en est de même des fontanelles anormales, médio-frontale. glabellairc, obélique, cérébelleuse.
On doit, cependant, tenir compte de tous ces points, où lossi-
PESEES ET MENsURAÏIÛXS
lication osseuse peut élie retardée dans les premiers temps, par suite d"une cause morbide.
Sempiologie des fontanelles. — Les fontanelles, destinées à favoriser le passage du crâne dans l'accouchement, en facilitant le chevauchement de loccipital, constituent un mécanisme d'adaptation au développement du cerveau.
F.Pi
Fig. 2o.
Foolanelleo, d'après Cn.vui'E\TiEii.
La frontale n'augmente pas depuis la naissance jusqu'à l'âge de dix mois, comme le pensait Elsasser; elle diminue progressivement après la naissance, de façon à s'obturer complètement du treizième au quinzième mois, ou un peu plus tard. Lossilication peut, cependant, s'effectuer le septième, le neuvième ou le dixième mois (Kassowitz).
Il peut exister l'ossification précoce de la fontanelle, avec synostose anticipée des sutures crâniennes, dans la microcéphalie; la fontanelle augmente, allonge ses diamètres et persiste dans l'ossification retardée par toute cause débilitante (cachexie, rachitisme, tuberculose, mj-xœdeme), ou dés que le contenu du rràne est augmenté, comme dans l'hydrocéphalie, dans la méningite séreuse, dans les épanchements intraventriculaires, elle se déprime, après s'être tendue, dans le coUapsus : elle se
iléprime extraordinaircmenl lors de la soustraction de liquides organiques, quand le cerveau est exsangue, dans les entérites graves, le choléra.
La fontanelle est tendue et déprcssible dans les alTeclions l'ébriles aiguës; elle lait une saillie dépressible, dés qu'il y a congestion, diins la coqueluche, dans l'embarras pulmonaire ou cardiaque.
Elle est très saillante cl n'est plus dépressible dans les cas où la pression intracranienne est exagérée.
La fontanelle postérieure, déjà recouverte par la pointe de l'écaillé occipitale au moment de la naissance, peut accidentellement persister dans les cas de retard de l'ossification.
Forme du cuaxe dans le kachiïisme. — La configui'ation du crâne soulTre des effets du rachitisme, et l'on a alfirmé qu'il augmente toujours dans cette maladie. La vérité est, pourtant, ce que dit Bonnieav : « Pendant la première période du rachitisme, et à mesure que les lésions s'allirment, la proportion qui existe normalement entre le développement du corps et celui de la tête est de plus en plus troublée. Considérée d'une façon absolue la léte des rachitiqucs est un peu plus petite que celle des enfants sains; considérée dans ses rapports elle est, au contraire, beaucoup plus grande. »
La tête rachitique est connue plus ordinairement sous le nom de tête carrée. Quelquefois les proéminences sont partielles : quand le frontal est bombé, elles produisent les fronts olympiens; quand, à côté du Irontal, les pariétaux sont saillants et que la grande suture est déprimée, on a le crâne natiforme de Parroï. Uiitmd l'occipital est atteint, la lésion à une autre origine.
Dans ce cas, la région devient alopécique et l'on rencontre aux environs de la suture lambdoïde des zones arrondies et ramollies, qui peuvent envahir, non seulement cet os, mais encore les pariétaux. La protubérance externe est seule respectée, et il n'est pas rare de voir apparaître des phénomènes convulsifs, la laryngite spasmodique, le tétanos. Tel est le craniotabes de Elsassek.
Le maxillaire inférieur peut perdre ses coui'bes et devenir
PESEES ET MENSURATIONS
iingulcux, polygonal, nuisant ainsi à linscrtion dentaire, par sin'te de la direction vicieuse des alvéoles. En même temps, le maxillaire supérieur exagère sa courbure, qui devient pyri-
Fig. 24.
Grùnc rachitiquc. Enfant àgô de 8 mois.
l'orme; il s'ensuit une déviation des deux arcardes dentaires, une plus grande profondeur de la voùLe palatine, une diminution dans la capacité des fosses nasales et le rapprochement des amygdales.
De ces particularités anatomiques, signalées par Fonsagrives, découlent naturellement l'imperfection des lignes physiono-
1 oO É L É M K X T > DE S É M É 1 0 L 0 G I E INFANTILE
miques, la voix nasonée, la tendance aux maladies naso-pliar.vngiennes, et leurs conséquences.
Dans le crâne rachiti(]uo, les fontanelles se développent tardivement. Contrairement à ce qui se remarque chez les enfants sains, les fontantlles postérieures et latérales restent ouvertes chez lenfant rachitique et quelquefois pendant longtemps. Lu fontanelle antérieure, losangique, de 3 centimètres dans son |dus grand diamètre, perd cette forme, s'allonge, dilate les sutures, arrondit leurs hords et finit par s'ossifier à l'âge de trois ou quatre ans. Les dépots osseux qui se forment en divei's points donnent naissance à des déformations et même à l'asymétrie crânienne.
Forme dl" cr.\ne et hydrocéphalie. — Dans lliydrocéphalie. il existe aussi une tendance à la brachvcéphalie (Hegxault). et souvent à une augmentation réelle et totale du crâne. La main, qui examine un crâne hjdrocéphalique, rencontre une uniformité ipii ne s'observe pas chez le rachitique, où existent les irrégularités mentionnées plus haut. « Extérieurement ce qui frappe surtout dans les hydrocéphalies développées â la naissance nu peu après, c'est la tendance à la globulisation du crâne. Les bosses frontales et pariétales sont moins nettes, moins détachées de la voûte. La région frontale élargie, surplombe la face, verticale, ou même quelquefois oblique en bas ou en arrière. Les pariétaux sont fortement portés en dehors et en arrière. L'occipital tend à devenir horizontal. Les fo.sses temporales sont effacées. Le conduit auditif est rejeté sur la face inférieure du crâne et regarde directement en bas » (d'AsTROs).
AcROMÉGALiE. — Par les caractères propres de l'affection ou reconnaît facilement lorigine de l'augmentation du crâne dans lacromégalie.
Hypertrophie ci^réhrale. — Dans lliypertrophie cérébrale le crâne participe des lésions du rachitisme, qui l'accompagne presque toujours, et l'augmentation lente et graduelle (au lieu d'être rapide comme dans l'hydrocéphalie), n'affecte pas une
PESKES ET MENSUU-VTIONS Ibl
forme globuleuse, mais est parliellc. lanlùt «lu cùtc du frontal, tantôt du côté de l'occipital.
MicRocÉPHALiE. — La microcéphalic peut se confondre avec des cas assez rares d'hydrocéphalie, sans macrocéphalie. Le diagnostic est difficile, à moins que l'ossification des fontanelles n'ait pas encore lieu, car, dans ce dernier cas, si l'hydrocéphalie existe, il survient à vm moment donné les symptômes classiques de l'affection. Mais dans le cas où cette maladie apparaît lorsque l'ossification est déjà complète, à part les signes de présomption en faveur de l'hydrocéphalie, et qui sont des symptômes de compression, on peut seulement avoir recours — comme l'enseigne d'AsTRos dans son excellent ouvrage, — à la ponction lombaire: la pression à loO millimètres et au-dessus appartient à un état pathologique.
Tète de gkandes dimensions. — L'attention du médecin doit être appelée chaque fois qu'un enfant présente une tète de grandes dimensions. S'il s'agit d'un rachitique, l'examen du squelette (épaississement des épiphyses, incurvation des diaphyses, lésions du tronc), renseignera et l'on trouvera, à moins de complication, l'intelligence intacte. Dans l'hydrocéphalie le d'Ane a des caractèx'es particuliers, les cheveux disséminés sur le cuir chevelu, qui se distend; il y a développement des veines tégumentaires, il y a des lésions de l'intelligence, de la motilité, de la sensibilité.
Dans l'hypertrophie cérébrale, maladie rare, en outre des caractères déjà indiqués, la grande fontanelle, qui n'est pas aussi dilatée que dans l'hydrocéphalie, est très pulsatile, ce qui n'a pas lieu dans l'hydrocéphalie, où la pulsation n'existe pas ou est très faible ; il n'y a pas d'arrêt, mais plutôt avance du développement intellectuel, et les phénomènes de compression cérébrale ne sont pas apparents, si les fontanelles ne se trouvaient pas ossifiées au début de la maladie.
L'étude particulière des asymétries et des déformations crâniennes, comme un symptôme de dégénérescence, appartient à la névropathologie et n'est pas du domaine .spécial de la pédiatrie
eli:ments de semeiolo(,i i: imantile
Rapport du chaxe a la kack. — Le rapport <lii crùne ù la face est égal à 8 : 1 chez le nouveau-né; à G : 1 à làge de deux ans et à deux ans et demi ; 1 : 1 chez l'adulte.
Thorax
Hauteik du thorax. — La position du thorax chez lenfanl est plus élevée que chez l'adulte. IIexke l'avait déjà démontré cl Bali.antvxe a confirmé ses recherches. Ce dernier auteur a
Fig. 25.
Tliorax d'adult»
li'ouvé le hord supérieur du manuhrium sternal au niveau du corps de la première vertèbre dorsale, chez l'enfant, tandis que chez l'adulte elle se l'encontre à la hauteur du bord inférieur de la deuxième vertèbre dorsale. Chez les mort-nés, dit le professeur d'Edimbourg, le tendon central du diaphragme est situé entre la huitième et la neuvième vertèbres dorsales, tandis que chez l'adulte il se trouve près d'une vertèbre plus en bas. La descenlr du thorax est due aux modifications successives de la colonne. Chez le nouveau-né, le thorax a la forme d'un cône à large
PESEES ET MENSURATIONS
base, constituant avec l'abdomen un ovale; une ligne de division, qui disparaît complètement à làge de six ans, passe par les insertions diaphragmatiques et est tangente à l'appendice xj[>hoïde.
LoNGUELK. — A la naissance le tronc mesure 270 millimètres de longueur ; au bout de la première année, il peut atteindre
FiR. 26.
Thorax de nouvcau-né.
jusqu'à 40 centimètres. II est moins développé chez les filles (Fashender).
La circonférence de la moitié droite est, d'après Ziemmsen, plus grande que celle de la moitié gauche jusqu'à l'âge de deux ans. Steffen affirme qu'il y a uniformité jusqu'à un an, et que le cùlé droit prévaut ensuite. Chez 37 enfants de trois à quinze ans ([u'ils ont mesurés, Rilliet et Barthez n'ont trouvé que trois fois le côté droit plus grand, de i centimètre.
i:>i ÉLÉMENTS DE SÉMÉlOLOtilE INFANTILE
I'i:rimktre thoraciole. — La circonCéreiice thoracique sousinamcllaire est de 31 centimètres chez le nouveau-né; elle augmente ensuite de 3 cent. 9/34 par chaque période de Liharzik, <le 0 à 21 mois; de 1 cent. o/34 pendant chacune des périodes comprises entre le vingt et unième et le cent cinquante-troisième mois, et de ii cent. 13; 34 dans chaque période de la troisième époque. En résumé, la circonférence thoracique s'élève, au terme de la première époque, à M cent. 20/34; au terme de la deuxième époque, à 67 cent. 7/34, et au terme de la troisième époque, à 99 1 /2 centimètre^. Lors de la puberté, l'augmentation devient remarquable.
Section thuraciijue. — La section thoracique chez le nouveauné est presque quadrangulaii"e : ses diamèti'es antéro-postérieur et transverse sont approximativement égaux.
Avec le cours de làge, le diamètre transverse prédomine progressivement; à dix ans, il atteint 13 cent. 1, tandis que le dia- )nètre antéro-postérieur atteint seulement, à cette phase de la vie, 7 cent. 2, d'après les mesures suivantes, prises par IIueler.
niAMÈTRE THOKAX
ANTÉUO-POSTÉRIELR l>f NOUVEAL-NÉ A 10 ANS
cenliniètrcs. centimètres.
En haut 4,7 11,9
Au luilicu .Ï.6 12,2
En bas ti.O 14,3
niAMÈTIlE TRANSVERSE
En liaul 0.3 18,4
Au milieu tj.8 19.1
En bas 8.3 19,0
Déformations TUoRAcigUEs. — Parmi les déformations Ihoraciques, celles qui ont le plus d'importance en pédiatrie sont causées par le rachitisme. Par suite du ramollissement du squelette, les clavicules exagèrent leiu's courbures; les cotes, comprimées parla traction élastique des poumons et du diaphragme, cèdent et perdent leur configuration primitive, principalement à partir de la quatrième, car les trois premières côtes sont maintenues
PESÉES ET MENSURATIONS V6'6
par les pectoraux et lomoplate. D'autres fois elles diminuent de convexité, s'aplatissent, arrivent même à devenir concaves et projettent en avant le sternum, en même temps que se produit une certaine voussure de la colonne : il en résulte la poitrine de poulet, en carène. Souvent les fausses côtes s'étalent sur l'abilomen ; et l'on rencontre le chapelet rachitique, douloureux à la pression et composé de nodosités et de saillies, à côté du sternum, sur la limite des cartilages costaux et des côtes. Les épaules sont repoussées en arrière et la section thoracique offre laspect d'un 00.
Cette augmcnlation du diamètre antéro-postérieur, sans les nodosités de la maladie anglaise, nest pas particulière au rachitisme. C'est, assez fréquemment, le résultat d'une ancienne hypertrophie des amygdales, comme l'a déjà fait observer Dupuy-