CH. I. — OB.IKT DE LA SCIENCE
imposa le nom qu'elle perte aujourd'hui dans tonte l'Europe.
C'est une étrange confusion que de dater l'origine des sciences de l'époque <i laquelle un nom leur fut donné, t. 'économie politique n'est ainsi appelée que depuis Quesnay et ses disciples. ICst-ce à dire qu'elle n'existe que depuis GO à 80 ans, et qu'une foule de philusnplirsoi d'hnmmcs d' Ktat de la Grèce et de Rome n'étaient pas des économistes éminents? La Technologie existait avant le Déluge"; et le nom spécial qu'elle a reçu, de nos jours, ne nous autorise point a nous en approprier l'invention, J.a Cénlogie était jadis une cosmogonie mvthique, enveloppée de symboles et de ténèbres. Vendant le xwir siècle, les savants, qui la cultivaient, effraies du sort de (lalilcc, lui donnèrent le titre circonspect de 't héorie de la terre. Celui qu'elle porte aujourd'hui annonce hardiment qu'elle prétend, comme Prométhée, dérober le secret de l'origine des choses. Quoi qu'il en soit, son objet n'a point changé, et
11 en est ainsi de la Statistique; elle apparaît dès les premiers âges du monde, et prend place dans le plus ancien de tous les livres: le l'entateuque, sous l'appellation expressive à'Arilhmi, — Les nombres. — Pendant trois à quatre mille ans , on exécute dans les différentes ré^ion^ du globe ses utiles opérations, sans chercher ïi leur donner un nom col-
lectif, qui en indique le but commun. Enfin, en Angleterre, en 1 (;(!(), on reproduit sans en savoir, ou du moins sans en reconnaître, l'antériorité mémorable, la dénomination que lui avaient, imposée lesHébreu\, ou plutôt celle qu'ils avaient empruntée aux lvfïvpliriis ainsi que leurs autres connaissances. Dès lors, l'Europe adopta, pour l'exprimer, le nom d'Arithmétique politique, et commença a la cultiver. Mais, il faut l'avouer, ce n'était encore qu'une science de professeur, mal recommandée au pouvoir. Le savant Bushing, emporté par son zèle pour la Statistique, avant demandé a l'rédéric 11 quelques chiffres pour ses travaux, le roi lui répondit qu'il ne l'empochait pas de publier ceux qu'il s'était procurés, mais qu'il ne lui en donnerait point. II fallut, pour faire pénétrer la science dans les régions du Pouvoir, et pour la populariser, l'influence de laTranee, qui, entraînée uts les éludes économiques par sa révolution, imprima un mouvement
tiques appliquées. Ce fut elle qui tira de l'oubli ce nom de Statistique, vieux seulement d'un siècle et déjà ignoré '. On venait de reconstruire la société sur d'autres bases, avec d'autres matériaux, il fallait bien soumettre au calcul les effets de cette audacieuse expérience, ainsi que les forces nouvelles qu'on en avait obtenues. La Statistique rendit cet
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